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dimanche 24 juin 2018
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Mgr Ravel : Aimer le monde sans perdre le goût de Dieu

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Luc Ravel.

 

La présence au monde est le problème numéro un pour un chrétien.

Bien entendu, son énergie passe d’abord à rester relié à Dieu. Que serait un chrétien délié de Dieu, séparé de sa source ? Un arbre planté loin de l’eau et qui sèche au soleil. Mais demeurer dans son Amour ne dépend que de nous : car, malgré l’impression d’éloignement certains jours, Dieu vient à nous en permanence. Il est d’une fidélité déroutante : nos errances ne lui sont jamais un obstacle. Il fait même davantage encore : Il s’adapte à tous. Aux pauvres et aux riches, même si le riche lui résiste plus. Bref, nous sommes avec Dieu presque malgré nous : un coin du cœur soulevé par une souffrance, une ombre de repentir, une bouffée de bonté et nous voilà raccrochés à son Cœur.

 

Le vrai défi

Il n’est donc pas dans notre lien à Dieu mais dans notre présence à la Cité. Là, tout est beaucoup plus compliqué. Et les siècles ne nous inspirent pas vraiment, tant on voit les chrétiens osciller entre deux postures caricaturales. L’une tend à la secte : présent à la Cité à distance, si j’ose dire, coupé d’un monde qu’il maudit, le disciple sectaire s’estime trop pur pour se salir les mains et tordre son âme en entrant en contact avec le monde. L’autre vise la dissolution : pensant bien faire, ce disciple s’inscrit dans la Cité sans s’appuyer sur sa différence chrétienne. Du coup, il est assimilé par le monde, invisible ou dissout, il n’assure plus sa mission de transformation. Dans les deux cas, à force de mépris ou de naïveté, de jugement en trahison, le chrétien s’épuise et renonce.

Ces deux postures ont trouvé leurs réalisations historiques mais elles sont surtout des tendances ou des tentations dans notre vie. Et nous devons y être attentifs : par exemple, nos cases préfabriquées de « traditionalistes » ou de « progressistes » n’échappent pas à ce piège de la séparation ou de la dissolution.

 

Reste donc le difficile équilibre du chrétien fidèle à l’Évangile

Aimer le monde sans perdre le goût de Dieu. Aimer Dieu sans oublier l’odeur du monde. Comment ne pas négliger ce Christ si doux ? Comment rester à l’écoute de ses appels si discrets ? Mais aussi, comment ne pas entendre les cris du monde et ses souffrances ? Ses joies et ses espoirs ? Comment ne pas être insensible à ses angoisses ?

Non, le cœur du chrétien n’est pas divisé entre deux amours qui s’excluraient l’un l’autre. Avant tout, il est présent dans la Cité en laissant ces deux amours se rencontrer en son cœur. En lui, se mélangent deux couleurs, comme le bleu et le jaune font le vert. En lui, se composent deux éléments, comme l’hydrogène et l’oxygène font l’eau.

Produit chimique instable ? Certes, et certains jours, nous portons un mélange détonnant, une dynamite qui peut exploser. Mais c’est la raison pour laquelle nous ne sommes pas seuls. Ou nous ne devrions pas l’être.

 

+ Luc Ravel, archevêque de Strasbourg

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