Contact





OuiNon

m
Connectez avec:
samedi 18 août 2018
Se connecter    /S'inscrire    /
  • Pas de produits dans le panier
AccueilDossiersFévrier 2018L’aumônerie de rue pour les sans-abris, qu’est-ce que c’est ?

L’aumônerie de rue pour les sans-abris, qu’est-ce que c’est ?

Temps de prière animé par le père Gérard Clodong

 

L’aumônerie de rue fait partie des différents services diocésains. Elle œuvre aux côtés des personnes sans-abri ou vivant dans la précarité. Elle leur propose présence et soutien.

 

Œcuménique, l’aumônerie de rue est une association des Églises catholique et protestante. Elle comporte une petite dizaine de membres. Parmi eux, il y a le père Gérard Clodong, une de ses chevilles ouvrières depuis 11 ans. Bien que retraité, toutes les semaines, il arpente les rues de Strasbourg pour rencontrer les personnes des rues et leur demander si elles ont besoin d’aide ou d’adresses. Et de préciser : « Quand on les rencontre, c’est important d’être à deux, idéalement un homme et une femme. On leur annonce qu’on est de l’aumônerie de rue. C’est important de leur donner l’occasion de s’exprimer. On part à leur rencontre l’après-midi car le matin et le soir, les gens sont plus difficiles à rencontrer. Le soir, il y a souvent des problèmes d’alcool. On fait un chemin avec eux. C’est une joie pour moi de voir les liens d’amitié qui se créent entre ces personnes. » Être à la rue, cela n’a rien à voir avec un choix philosophique, c’est une vraie galère : « Les gens des rues y sont acculés à la suite de drames humains, dont des problèmes de santé. Vivre et survivre dans la rue, c’est une situation violente et inhumaine. La rue rend malade physiquement et psychologiquement. » Il évoque aussi l’importance d’agir vite : « Je remarque qu’en Allemagne, il y a moins de personnes à la rue car les communes, les associations et les paroisses interviennent dès qu’une personne tombe dans la rue. En France, la prise en charge est souvent mauvaise et l’accueil n’est pas suffisant. Plus vite on intervient avec eux, plus vite on arrive à les en sortir. Plus ils restent à la rue, plus leur état de santé s’altère. » Pour Gérard Clodong, pas besoin d’être un spécialiste pour parler avec les gens des rues : « Personne ne leur adresse la parole, c’est important de leur parler. L’échange avec ces personnes est souvent pour moi l’occasion de changer mon regard et mes préjugés. »

Isabelle Dumont

 

Charte du bénévole

Cette charte précise les missions de l’aumônerie de rue. Son rôle est d’aller à la rencontre des personnes que l’on voit dans la rue. Si ces personnes l’acceptent, une relation d’écoute se crée. Si elles le demandent, un accompagnement peut être mené. L’accompagnement consiste en un cheminement fraternel, une relation humaine qui perdure mais aussi le fait de se rendre disponible, parfois à d’autres moments que les tournées pour accompagner des démarches précises. L’autre but des tournées est de retisser du lien autour de ces personnes car les rencontres permettent une médiation entre les personnes rencontrées et la société et vice-versa. Toute personne majeure peut participer aux tournées comme bénévole.

Pour toute info : Cathy Weiss au 06 71 20 78 00

 

S’asseoir avec eux

L’aumônerie œcuménique de rue est missionnée pour être une présence d’Église dans les rues depuis 2011. Elle n’est ni distributive, ni service social dans sa manière d’être, mais juste une démarche de proximité humble, simple et solide. Nos rencontres avec ces habitants hors de nos frontières de fréquentations, nous disent par une réelle proximité, des histoires complexes, des grandes pauvretés, des pathologies diverses, des abandons, des frustrations, des violences et des fonctionnements qui nous échappent. Chaque visite commence par un bonjour, donner la main, regarder la personne, parler au chien… Cet arrêt bienveillant et attentif permet à la rencontre de se faire… ou pas !

 

C’est aussi savoir se baisser, se mettre à leur niveau… Une attitude qui pour moi est importante, c’est que nous allons vers… donc avoir un comportement « d’invité », venir vers eux avec un grand respect et être heureuse de les rencontrer… Bien des personnes regardent de l’autre côté de la rue pour échapper à la vision de cet homme, de cette femme qui mendient. Être bénévole, c’est l’apprentissage de l’humilité, du silence, d’histoires, de blessures, de confidences… On apprend à regarder, écouter celui ou celle qui est au sol comme une personne et lui redonner une dimension sociale. Il existe et il est important pour quelqu’un. Je relève aussi la solidarité entre eux. Quand un autre, en faisant la manche, n’a pas eu grand-chose. Je me rappelle l’expression de Markus : « Moi, je n’ai presque rien, mais quand je donne à l’autre qui a encore moins, je deviens riche de cela. »

 

Croiser le regard d’une autre personne et y voir les espoirs et les angoisses d’un frère, d’une sœur, c’est découvrir le sens de la solidarité. Ma mission ne repose pas sur mes forces mais sur ma faiblesse et ma fragilité… Ce n’est pas notre succès… On propose et on s’efface. Dieu se manifeste par notre seule présence.

Sœur Marthe, bénévole de l’aumônerie de rue

 

Tout homme est une histoire sacrée

« Les pauvres nous font comprendre que nos différences théologiques et institutionnelles ne sont pas essentielles », souligne le pasteur Bernard Zimpfer, engagé dans l’aumônerie de rue depuis dix ans. Les gens de la rue lui donnent une sacrée leçon d’Évangile : « Ce sont les bergers, à savoir les laissés-pour-compte, et les mages, des étrangers, qui découvrent les premiers la naissance de Jésus. » Parmi les SDF rencontrés, le pasteur admet que certains sont en révolte vis-à-vis de Dieu, de son silence mais aussi des serviteurs de la religion. Pour Bernard Zimpfer, il ne faut rien attendre a priori d’une rencontre car c’est toujours l’inattendu qui arrive. Ces rencontres sont placées sous le signe de la gratuité et de la grâce. Parmi toutes les personnes abordées, le pasteur évoque cette rencontre qui l’a profondément marqué : « ‘Aaahh voilà l’abbé’ claironnait cet homme en me voyant. Plus tard, j’ai appris qu’il était schizophrène. Alors qu’il était en fin de vie, je l’ai visité à l’hôpital. En lui rappelant le nom des éducateurs, j’ai vu des larmes couler de ses yeux. Je suis sorti de là très ému. » Être présent pendant leur vie mais aussi quand ils meurent est très important pour lui.

Isabelle Dumont

 

?Retrouvez les témoignages des participants de l’aumônerie de rue sur RFC Alsace.

Animal

Les gens des rues sont souvent accompagnés d’un animal. La plupart du temps, il s’agit d’un chien. Ce compagnon de vie est bien sûr une source de réconfort face à la solitude mais il protège surtout son maître contre l’insécurité de la rue. Une autre présence fidèle, bien que moins commune, est celle du chat qui offre affection et chaleur lors des moments les plus difficiles.

 

Solidarité

Contrairement aux idées reçues, la solidarité est bien présente dans la rue. Face à la violence et aux vols du quotidien, les sans-abris s’organisent en se regroupant pour la nuit ou en aidant les « nouveaux arrivants » par exemple. Une réalité à double tranchant.

 

Se nourrir et se loger

De nombreuses associations viennent en aide aux gens des rues, leur distribuant vêtements et nourriture. Dans la plupart des grandes villes françaises, les personnes qui vivent dans la précarité savent donc où se rendre pour bénéficier d’une aide alimentaire. En revanche, les structures d’accueil pour la nuit sont insuffisantes et peu sûres. La question de l’hébergement représente donc une autre préoccupation, tout aussi importante.

 

Mendicité

Si une petite proportion des gens des rues a un contrat de travail, les autres doivent aussi « travailler » pour récolter les euros nécessaires pour vivre. Les lieux privilégiés sont les boulangeries et les distributeurs de billets. Des endroits qu’il faut souvent défendre contre une concurrence « féroce », souvent source de violence. La mendicité reste toutefois un sujet délicat à aborder car elle fait partie intégrante de l’intimité des gens des rues. La question de l’argent gagné dans la journée est donc rarement abordée lors des maraudes.

 

Hygiène

Quelques structures mettent des douches à disposition des gens des rues. Se laver reste toutefois un réflexe difficile à conserver lorsque l’on vit dehors, déconnecté des rapports sociaux habituels. Souvent rejetés des toilettes publiques, il faut faire ses besoins dehors, parfois aux yeux de tous.

 

Spiritualité

Vivre dehors n’empêche pas de croire. L’aumônerie de rue croise de nombreuses personnes qui ont la foi. Sans être forcément pratiquantes, elles rapportent rarement le sentiment que Dieu les a abandonnées.

Un dépliant est édité chaque année par le conseil départemental.

Il est disponible à l’adresse suivante codelico@basrhin.fr ou par téléphone au 03 69 20 75 93.

(Visited 82 times, 1 visits today)

Etiquettes

Aucun commentaire

Laisser un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.