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Les cigognes de la collégiale Saint-Martin de Colmar

À Colmar, Lucien Fohrer veille sur les cigognes comme personne. Grâce à ses bons soins, des cigognes y nichent chaque année. Vive le printemps !

 

En 2003, un couple de cigognes, gardé en enclos dans les jardins de la préfecture de Colmar a été lâché. Il faut savoir que cet oiseau perd son instinct migratoire dès lors qu’il est enfermé pendant au moins 2 ans. Ces cigognes devaient donc logiquement s’installer sur le toit du bâtiment administratif car un nid avait été installé à cette occasion.

 

Cinq cigogneaux voient le jour

Mais à la même période, j’ai été l’instigateur pour demander à faire regarnir le nid déjà existant sur la collégiale Saint-Martin. À ce moment-là, j’occupais le poste de trésorier au sein du conseil de fabrique de la paroisse. Nos hôtes, bien vite décidèrent de s’installer sur cet édifice religieux et commencèrent à faire le nécessaire pour créer une famille. Très attentif à leurs ébats et comme il se doit, je les ai baptisés Martin et Martine. Régulièrement, je gravissais les 244 marches donnant accès à la tour, observatoire privilégié pour avoir vue sur le nid. Ma grande satisfaction était de constater que Martine commençait à pondre, et au bout de 10 jours, 5 oeufs garnissaient le nid ; nos deux cigognes se relayaient, soit pour couver, soit pour amener du matériel pour garnir le nid. Sachant qu’il faut environ 32 jours jusqu’à l’éclosion, j’attendais impatiemment ce moment et dès l’échéance prévue, voilà une petite tête grise qui s’agitait dans le nid douillet. Quelques jours plus tard, la nichée était au complet. Martin et Martine s’en donnaient à cœur joie pour les nourrir.

 

Un spectacle magnifique

Rares étaient les journées où je ne montais pas sur la tour. Les cigogneaux grandissaient, mais la loi de la nature a fait que le petit dernier de la fratrie a manqué de nourriture et a été abandonné pour faire vivre les quatre restants. Très vite, avec des parents exemplaires, ils prirent des forces et grandirent jusqu’au jour où, vers la fin du mois d’août, les jeunes abandonnèrent le nid pour se joindre à d’autres qui se rassemblèrent dans la vallée de Munster pour se préparer à migrer vers les pays chauds. La destination principale était l’Afrique du Nord, mais actuellement une grande majorité s’arrête déjà en Espagne et au Portugal, trouvant leur nourriture sur de nombreuses décharges à ciel ouvert.

Les parents quant à eux restèrent autour de Colmar, chacun de son côté, ce qui me permettait par temps froid et gel, de leur apporter de la nourriture qu’ils acceptaient volontiers. Je me suis rendu compte qu’elles se retrouvaient régulièrement dans le même champ pour attendre la nourriture, attentives à tel point qu’elles s’approchaient déjà en voyant ma voiture arriver. Ce scénario s’est répété tous les ans.

 

Un film sur Martin et Martine

En 2011, ma famille m’offrait un caméscope, ce qui me donnait l’heureuse idée de réaliser un DVD sur la saga de Martin et Martine, les cigognes de notre collégiale. Le produit de la vente de ce film très prisé est reversé à la Manne, centre d’entraide alimentaire et de soutien par le travail, association dont je suis le trésorier.

Cette même année, voyant les jeunes cigogneaux en train de commencer à voler et à atterrir souvent sur le toit de la tour de la collégiale en contrebas, j’ai attiré leur attention en leur lançant des morceaux de viande récupérés chez les bouchers. Au bout de quelques jours, elles m’attendaient sur la margelle de la tour d’où je les filmais. J’ai amélioré leur menu en leur pêchant des poissons dans la Lauch derrière le marché couvert et très vite elles sont venues manger dans ma main. Les parents quant à eux allaient souvent chercher la nourriture appropriée chez une famille dans le quartier maraîcher de la ville.

En cette même année 2011, la dernière cigogne de la nichée, que j’ai également nourrie a été baguée et c’est avec une grande surprise que j’ai pu la revoir venir profiter de ma nourriture pendant la distribution aux jeunes de l’année suivante.

 

Des vacances bien méritées

2013 a été une mauvaise année pour Martin et Martine. Sur le nombre exceptionnel de 7 œufs, 5 petits sont nés, mais les intempéries du printemps, pluie, froid et d’autres phénomènes météorologiques ont eu raison d’eux, et tous sont morts. Seuls 2 jeunes cigogneaux éclos sur le bâtiment des catherinettes sont arrivés jusqu’à leur envol.

Il convient de noter que grâce à l’action de l’Aprecial (Association pour la réintroduction de la cigogne en Alsace-Lorraine), le nombre de couples-nicheurs en 1972 n’était plus que de 9 alors que l’année dernière, on comptait plus de 800 couples. Tout laisse donc à penser que n’ayant pas de petits à élever, Martin et Martine, eux aussi, ont pris, pour la première fois depuis 2003, des vacances bien méritées et ont rejoint les pays chauds.

 

L’arrivée d’un nouveau couple

Mais en l’année 2016, changement de propriétaire du nid de la collégiale ; un nouveau couple, sans bague, a pris possession des lieux. De Martin et Martine, plus signe de vie. Il faut dire qu’ils avaient bien fait leur travail, et peut-être est-ce maintenant un jeune né sur la tour ? Après une ponte et quelques jours de couvaison, les cigognes ont interrompu leur tâche, faute d’incubation des œufs sans doute. Par contre, il y a eu des jeunes, sur les nids des Catherinettes et de la caserne du 152e Régiment d’Infanterie, ainsi que sur le nid de Cora. Il faut bien qu’ils apprennent… Ne dit-on pas que les cigognes apportent les bébés !

Alors mon plus grand souhait pour cette année 2018 serait d’avoir l’immense plaisir de revoir nos cigognes occuper les toits de nos belles maisons et édifices alsaciens, et qui sait, peut-être Martin et Martine reviendront occuper leur nid sur la collégiale et leurs petits coloniser les nids de la cité de Rapp. Alors croisons les doigts et vive le printemps ! Il ne faut pas oublier que les fidèles lecteurs de nos quotidiens régionaux attendent eux aussi mes rubriques régulières pour être tenus au courant des épisodes de l’histoire de notre bel oiseau.

 

Lucien FOHRER

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