samedi 20 juillet 2019
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L’association Le Nid au service des victimes de la prostitution

Présent à Strasbourg, le mouvement du Nid agit sur les causes et les conséquences de la prostitution.

 

Le Nid est né à l’initiative d’André-Marie Talvas, un prêtre sensible à la détresse des femmes prostituées. Concrètement, le Nid va à la rencontre des personnes sur les lieux de prostitution et lutte contre le système prostitutionnel par des actions de prévention, de sensibilisation et de plaidoyer.

 

À Strasbourg

La permanence d’accueil a déménagé au 6 de la rue d’Ingwiller. Un déménagement compliqué, comme l’explique Isabelle Collot, permanente : « Quand on parlait des personnes que nous recevons, nous n’avions plus aucun rendez-vous. Heureusement, la ville de Strasbourg nous a aidé à trouver ces locaux. » Le mouvement s’appuie sur les compétences de deux salariées et de 20 bénévoles très actifs.  En 2018 à Strasbourg, 110 personnes de 18 nationalités différentes ont été accueillies pour un temps de convivialité et de soutien dans leurs démarches. Dans la rue, le Nid a aussi rencontré plus de 300 personnes de 24 nationalités différentes dont 85% sont victimes de la traite et des réseaux. Particularité en Alsace, le mouvement est membre du Conseil diocésain de l’apostolat des laïcs. Il est aussi en lien avec d’autres partenaires : « C’est notre force » ajoute Isabelle.

 

Une aide pour dénoncer les réseaux

Parmi les différentes filières de prostitution, la filière nigériane est particulièrement difficile à démanteler. Selon l’Organisation Internationale des Migrations, 40 000 à 45 000 femmes nigérianes ont été victimes de la traite des êtres humains entre 1990 et 2005. Après leur avoir fait miroiter une formation ou un travail de coiffeuse en Europe, on leur demande de rembourser les frais de leur acheminement : 50 000 euros [i]. Sans moyens, ces femmes nigériannes se prostituent pour rembourser. C’est aussi une véritable prison mentale, comme l’explique Isabelle : « Le drame c’est qu’elles sont liées par un rituel vaudou qui les engage à garder le silence sur leur situation. Si elles brisent le serment, on leur dit qu’elles mourront ou qu’il arrivera malheur à leur famille. Voilà pourquoi elles nous fuient quand on essaye de les rencontrer. C’est un gros travail de les aider à dénoncer leurs réseaux. » Une victoire a été obtenue en octobre 2018 : un important réseau de proxénètes nigérians a été démantelé grâce à Beckie qui a eu le courage de porter plainte contre sa proxénète.

 

Des victoires fragiles

Autre victoire : la loi du 13 avril 2016 qui a permis de pénaliser l’achat de services sexuels. Pourtant, cette loi reste fragile. Un collectif d’associations a introduit un recours devant le Conseil d’Etat pour la supprimer, au motif qu’elle serait contraire au principe de liberté inscrit dans la Constitution française. La question a été renvoyée devant le Conseil constitutionnel. Dans l’optique de préserver cet acquis, le Nid a constitué un dossier juridique avec d’autres associations luttant pour l’abolition de la prostitution.

Isabelle Dumont

[i] La prostitution des femmes nigériannes, Prostitution et Société, revue du Nid, janvier-mars 2017.

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