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mercredi 12 décembre 2018
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AccueilÀ la uneQui doit s’occuper d’Oberhausbergen ?

Qui doit s’occuper d’Oberhausbergen ?

Quand des catholiques sont quasiment abandonnés. En cause, une population massivement fidèle à la Réforme protestante et un clergé qui n’a pas le temps, en plus de ses ouailles, de se préoccuper de catholiques, rares et discrets. Curieusement, en octobre 1940, tout change.

 

Jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale, les trois communes au pied de la colline de Hausbergen (Nieder/ Mittel et Oberhausbergen) sont restées massivement fidèles à la Réforme protestante à laquelle elles ont adhéré très tôt au XVIe siècle. Au début du XXe siècle, les quelques rares catholiques présents étaient les domestiques des familles protestantes. Selon un rapport rédigé en octobre 1945 par le curé Xavier Gyss de la paroisse Saint-Florent de Cronenbourg, on en comptait une trentaine à Mittel et Niederhausbergen en 1917.

 

Une diaspora discrète

Canoniquement, ces villages relevaient du territoire de la paroisse catholique de Dingsheim, localité catholique la plus proche, mais il était difficile à un curé de village de se préoccuper, en plus de ses ouailles bien rassemblées, d’une diaspora aussi discrète. Vers 1917, il semble que le curé de Dingsheim, l’abbé Joseph Matter, avait demandé à son confrère le curé Fuchs de Cronenbourg, de prendre en charge ces habitants, mais que ce dernier avait catégoriquement refusé. Entre les deux guerres, la situation a cependant bien évolué, explique le curé Gyss : « Beaucoup de petits employés ont construit sur le terrain d’Oberhausbergen pour éviter les impôts de la Ville [de Strasbourg] en profitant de sa proximité. Dès lors, Cronenbourg et Oberhausbergen se touchent et sont reliés par le tramway. » Du point de vue pastoral, rien n’a été initié, de sorte que les catholiques du secteur sont pratiquement abandonnés : le curé de Dingsheim les ignore et celui de Cronenbourg ne veut pas s’en charger. Conséquence : peu de pratique dominicale, l’un ou l’autre habitant vient faire ses Pâques à Cronenbourg et on dénombre de nombreux mariages irréguliers entre catholiques et protestants à défaut de la dispense requise pour « religion mixte ». 

 

Après 400 ans, la messe fait son grand retour !

Curieusement, c’est le régime du Kirchenbeitrag (contribution d’Église) mis en place par l’occupant nazi en lieu et place des rétributions concordataires qui a fait bouger les choses. L’ordonnance du 29 octobre 1940 du Gauleiter Wagner prévoyait en effet un système de recensement par confession religieuse : la paroisse de Cronenbourg devait dénombrer les catholiques d’Ober et de Mittelhausbergen, celle de Souffelweyersheim étant chargée de ceux de Niederhausbergen. Le curé Fuchs explique qu’il ne s’est pas senti de « demander un Beitrag à des catholiques pour lesquels l’Église ne faisait rien du tout ». C’est dans ces circonstances qu’il a cherché un local à Oberhausbergen pour y assurer un office dominical et y faire le catéchisme. L’évêché lui ayant donné l’aide d’un père capucin, le curé a pu envoyer un de ses vicaires dire cette messe et assurer l’instruction des enfants.

C’est ainsi qu’à partir de 1941, la messe a de nouveau été célébrée en un lieu où elle était abolie depuis quatre siècles. Il restait à régler le problème canonique : dans l’Ordo de 1939, les trois villages des Hausbergen étaient indiqués comme annexes de Dingsheim. En 1948, ils en sont détachés pour être annexés à Souffelweyersheim, pour Niederhausbergen, et à Cronenbourg pour les deux autres villages. En 1960, ils passeront sous la dépendance de la nouvelle paroisse Saint-Antoine de Cronenbourg. Et c’est seulement en 1987 que sera érigée une paroisse concordataire à Oberhausbergen, avec les deux annexes de Nieder et de Mittelhausbergen.

 

Bernard XIBAUT

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