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lundi 23 juillet 2018
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Offrande à la messe : une quête qui tourne au scandale !

Si l’offrande a toujours fait partie de la vie de l’Église, elle a connu des modalités assez différentes selon les lieux et les époques.

Il semble ainsi que la quête avec panier au cours de la célébration de la messe n’était pas pratiquée à Valff au milieu du XIXe siècle, dans la mesure où, comme en beaucoup d’églises à cette époque, les sièges étaient loués annuellement aux familles. À son arrivée, le curé Jean- Philippe Rieffel aurait donc introduit la quête en cours d’office, qu’il faisait récolter par le Suisse. On imagine que cette nouveauté n’a pas suscité un accord unanime et que diverses résistances se sont manifestées. Pour cette raison, le curé a cru bon de proclamer en chaire que « ceux des paroissiens qui font l’offrande font plus de progrès que ceux qui s’en abstiennent », ce qui n’a bien sûr pas plu aux personnes relevant de la deuxième catégorie.

 

Un paroissien particulièrement résistant

Une résistance particulière est apparue chez un paroissien du nom de Xavier Andres, frère du maire de l’époque. Voici la manière dont celui-ci raconte les faits – intervenus en 1869 – dans une lettre qu’il écrit à Mgr Raess le 16 juillet 1871 : « Un dimanche, le Suisse, selon toute probabilité obéissant aux instructions de Monsieur le Curé, monta à la tribune avec un enfant de choeur pour faire la quête. L’enfant était porteur d’un panier destiné à recueillir les offrandes et le Suisse, en plein office, commandait d’un ton très impérieux et à très haute voix que le premier prenne le panier, que chacun le prenne les uns après les autres, que la peine n’était pas si grande, et au fur et à mesure que la quête se faisait, il accompagnait son commandement d’observations répétées sans cesse de sorte qu’il en est né un désordre que l’on n’avait encore jamais vu jusque-là dans notre église. Pendant la durée du Canon, le Suisse se trouvait devant moi qui étais à genoux et me préparais à l’Élévation qui allait avoir lieu, et il me dérangea tellement dans ma dévotion que je crus de mon devoir de lui imposer silence, ce que je fis par ce seul mot Still ! Là-dessus, le Suisse se laissa aller à me dire des sottises et des injures que je n’aurais jamais attendues d’aucun homme de la commune vis-à-vis de moi, et pour ne pas laisser ces injures impunies, je lui dis par deux fois : Du bist ein dummer Knab. »

 

Devant le juge de paix

L’affaire n’en est pas restée là, puisque le curé a cité le paroissien à comparaître devant le juge de paix et que ce dernier lui a infligé une amende d’un franc, plus les frais. Certes, la condamnation est modeste, mais Monsieur Andres en est profondément affligé, d’autant qu’il accuse le Suisse d’avoir menti en prétendant qu’il a cherché à le chasser de la tribune : « Cette condamnation fait une brèche trop grande dans ma renommée vis-à-vis de la commune. » Lui qui se veut bon catholique ne peut admettre d’être accusé d’avoir causé du scandale dans l’église. Le paroissien s’adresse donc au baron de Bulach, qui accepte d’écrire une demande de remise au ministère de la Justice à Paris, car l’Alsace est française au moment des faits. Il faut croire que la démarche n’a pas abouti, d’autant que la guerre de 1870 a changé la donne, ce qui explique une nouvelle démarche de protestation, cette fois auprès de l’évêque. Ce dernier ne semble guère pressé d’intervenir, puisque pas moins de quatre lettres lui sont adressées durant l’année 1871, la dernière menaçant d’une plainte en diffamation à la justice civile. Quelle que soit la manière dont l’affaire a abouti, une chose est sûre : aujourd’hui, à Valff, les bancs sont gratuits et la quête du dimanche s’y déroule de manière paisible chaque dimanche.

 

Bernard XIBAUT

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