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dimanche 25 février 2018
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L’Europe, unie ou divisée

Si l’Union Européenne est aujourd’hui critiquée, elle est aussi un véritable rempart contre le nationalisme d’avant-guerre.

 

Pendant 2000 ans, il y a eu diverses tentatives de réunir les peuples européens dans des empires ou d’autres systèmes multilingues et multiculturels : l’Empire romain, le Saint Empire romain, l’Empire des Habsbourg, l’Empire ottoman, l’Empire de Napoléon, le Reich allemand sous Hitler, l’Empire soviétique et maintenant, le Conseil de l’Europe et l’Union Européenne (UE). Certains empires ont duré longtemps. D’autres ont perduré l’espace de quelques décennies.

 

Une union difficile

Pourquoi ces empires n’ont-ils pas réussi à unir toute l’Europe dans une sorte de fédération ? La raison est évidente. Pour la plupart, les peuples n’ont jamais souhaité se rassembler dans un empire. En règle générale, ces empires se sont créés par la force des armes, donc par conquête ou rattachement des territoires à un pays d’origine. Souvent, il n’y avait pas d’égalité entre les peuples de l’empire : un peuple dominait les autres (les Romains à l’époque, les Allemands au Saint Empire et plus tard sous le régime national-socialiste, les Autrichiens sous les Habsbourg, les Turcs dans l’Empire ottoman, les Français sous Napoléon, les Russes dans l’Union soviétique). Au fil du temps, les peuples voulaient se libérer du joug de la nation dominante en créant leur propre état indépendant. C’est de cette façon qu’une multitude d’états nationaux a vu le jour après 1918, 1945 et 1991. De l’autre côté, le nationalisme un excès de patriotisme a causé des guerres aux conséquences catastrophiques : 1870-71, 1914-1918, 1939-1945 et 1991-1995. Parfois, les empires se sont effondrés à cause de la décadence de ses élites (Empire romain) ou des crises économiques (Empire soviétique).

 

La naissance de l’Europe

Après la deuxième Guerre Mondiale, l’idée des États Unis de l’Europe a refait surface. Le Conseil de l’Europe fut créé à Strasbourg en 1949, suivi par la Communauté Économique Européenne en 1957 devenue par la suite l’Union Européenne. Avec ses 47 membres, le Conseil de l’Europe est devenu une organisation paneuropéenne, tandis que l’Union Européenne ne compte que 28 états-membres.

 

La tentation du nationalisme

Vu la crise économique et financière dans certains pays, le terrorisme international et l’afflux des réfugiés, il y a un essor des mouvements populistes de droite dans tous les pays. L’identité nationale semble menacée en face de l’immigration croissante de musulmans. L’Union Européenne est critiquée pour sa bureaucratie, ses directives trop vastes et trop détaillées. Avec le Brexit, les Anglais ont voté pour quitter l’Union Européenne. Un nombre croissant de personnes aimerait se réfugier derrière les murs de l’état-nation et du protectionnisme économique. Des pays de l’Est craignent parfois que la domination de l’UE remplace celle des Russes. Comment faire mieux alors ?

L’Union Européenne, noyau d’unité

L’Europe n’a pas le choix, elle doit s’unir face à la globalisation et aux défis multiples posés par le terrorisme, l’immigration massive, la récession économique, les dettes nationales, le
changement climatique, la raréfaction des ressources énergétiques. Toutefois, aucune nation ne devra réclamer une position dominante : ni l’Allemagne à cause de son pouvoir économique, ni la France à cause de sa grandeur passée. Cela n’empêche pas que tel ou tel pays montre le bon exemple.

 

Le Conseil de l’Europe, surtout avec son Assemblée parlementaire, défend les valeurs européennes : la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit. Or, parmi ses 47 pays membres, il y en a qui ne les respectent toujours pas.

 

Tous profiteront du marché commun, de la mobilité de la main-d’œuvre et des capitaux. Harmoniser la politique économique et fiscale ; se concerter sur la politique extérieure et la défense serait souhaitable. Toutefois, il faudra que l’Union Européenne abandonne la manie de vouloir tout régler en détail. Par exemple, l’équivalence des diplômes est à promouvoir mais les systèmes scolaires devraient relever de la compétence des états-membres. Bien sûr, la dimension européenne de l’enseignement scolaire (l’apprentissage des langues, l’histoire européenne commune, l’accent sur les valeurs européennes, l’enseignement religieux) ainsi que l’amélioration de la mobilité internationale du personnel de l’administration et des entreprises resteront prioritaires.

Le Conseil de l’Europe, surtout avec son Assemblée parlementaire, défend les valeurs européennes : la démocratie, les droits de l’homme et l’état de droit. Or, parmi ses 47 pays membres, il y en a qui ne les respectent toujours pas. On a essayé de les maintenir dans l’organisation afin de pouvoir les aider à mieux respecter ces valeurs.

L’Union Européenne souffre également des intérêts divergents, des égoïsmes nationaux et d’une bureaucratie exagérée. Il conviendra de la maintenir en tant que noyau dur de l’Europe unie. En effet, le Conseil de l’Europe, malgré ses 200 Conventions, n’a pas encore réussi à unir l’ensemble de l’Europe, vu les nombreux conflits dans l’Est (Ukraine, Caucase).

 

La vocation européenne de l’Alsace

Ce n’est pas un hasard si Strasbourg est nommée capitale européenne, à côté de Bruxelles. Par son histoire, l’Alsace a une vocation européenne particulière. Située au centre de l’Europe, l’Alsace a, de tous temps, été un lieu où se sont croisées des populations très diverses Notre région a joué un important rôle intellectuel et spirituel au Moyen Age et à l’époque de la Réforme de Martin Luther. L’Alsace était aussi un centre de l’humanisme rhénan (voir par exemple Béatus Rhenanus).

En plus, l’Alsace combine des éléments de la culture germanique avec la culture française. Elle pourra donc servir de pont entre le monde germanophone et le monde latin. Malheureusement, la majorité de la population ne semble pas intéressée à cultiver cet enracinement à la fois germanique et français.

Quant à la fusion de l’Alsace avec la Lorraine, la Champagne et les Ardennes dans la Région Grand Est, elle ne favorise guère le maintien de cette fonction de pont entre deux cultures. On a l’impression que, de plus en plus, les jeunes s’orientent seulement vers l’Hexagone et non pas vers l’Europe, et qu’ils apprennent plutôt l’anglais ou l’espagnol que l’allemand, ce qui leur ne permet plus de trouver du travail en Allemagne ou en Suisse.

Continuons de défendre l’idée européenne contre un retour au nationalisme d’avant guerre !

 

Michael VORBECK

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