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AccueilDossiersNovembre 2017Quand la mort est mon quotidien

Quand la mort est mon quotidien

Ils sont diacre, laïc ou directrice de pompes funèbres. Carrefours.alsace est parti à la rencontre de ceux qui côtoient la mort au quotidien.

La mort est mon quotidien

Meredith Tritschler est co-gérante des Pompes Funèbres Tritschler à Wasselonne. Elle accueille régulièrement des familles endeuillées avec comme objectif de les soulager de toutes les préoccupations organisationnelles du moment.

« Bien sûr, les Pompes Funèbres organisent les funérailles lors d’un décès. Mais elles assurent aussi toutes les démarches administratives afin de permettre aux familles de rendre un dernier hommage au défunt. »

Meredith doit également contacter la paroisse lorsque la famille désire une cérémonie religieuse :

« Nous ne rencontrons aucun problème pour travailler avec les prêtres. Si une date est déjà fixée entre la paroisse et la famille, bien entendu, nous nous plions à cette contrainte. »

Les Pompes Funèbres assurent néanmoins des cérémonies civiles, davantage centrées sur la vie du défunt.

« Avec les familles, nous choisissons le texte, la musique et la photo. Mais le prêtre ou le diacre peut également se déplacer avant la cérémonie pour une bénédiction. »


Selon Meredith, si aujourd’hui, de plus en plus de gens organisent leurs propres obsèques, la mort reste paradoxalement encore taboue. Elle laisse parfois des familles bien démunies.

« Finalement, le plus important est d’être à l’écoute de ce que les gens désirent. C’est à nous d’arriver à faire en sorte que tout se passe au mieux. »

Malgré tout, l’attention accordée face à la détresse de certaines situations rend parfois le quotidien de ce métier peu commun légèrement compliqué. Une problématique que Meredith connait bien puisqu’elle a grandi dans cette entreprise familiale qu’elle partage désormais avec sa mère.

« Je suis confrontée à la mort depuis toujours. J’ai grandi avec et mes enfants aussi. Ils ont l’habitude de voir des cercueils chaque jour ! Je sais donc qu’il est très important de prendre du recul pour ne pas se laisser absorber par la tristesse des gens que nous recevons. »

Bénédicte Bossard

 

Diacre et directeur aux Pompes Funèbres

D’abord conseiller, j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir directeur administratif d’une entreprise de Pompes Funèbres dans laquelle j’ai travaillé pendant 36 ans. Particularité de notre entreprise, la même personne accompagnait le défunt et la famille du début à la fin. On collaborait aussi toujours avec les paroisses. J’entendais souvent les familles me dire « c’est bien, l’Église est là mais après, il ne se passe plus rien ». Cela m’a interpellé car vous savez, l’après funérailles est parfois plus important pour certaines familles que la liturgie. Un appel s’est fait en moi. C’était une nuit de Pâques, il y a eu ce déclic « tu devrais t’engager davantage ».

Mon souhait de devenir diacre, je l’ai laissé mûrir un certain temps. Peu de temps avant mon ordination, j’ai répondu oui à l’appel de Mgr Brand de mettre en place une équipe funérailles. On a été les premiers à constituer des équipes funérailles. Les familles acceptent très bien les équipes de laïcs mais il ne faut pas les mettre en place du jour au lendemain dans une communauté de paroisses. Quand les familles sont bien préparées, elles sont toujours heureuses de cet accompagnement par les laïcs, je n’ai jamais eu de mauvais retour.

J’ai toujours fait une distinction entre ma mission de diacre et ma profession ! Plusieurs problèmes se posent par rapport à l’évolution récente. Tout d’abord, beaucoup de rites ont disparu parce qu’il faut que cela se passe vite et bien. Concernant la crémation, je trouve important que les cendres retournent dans une tombe ou soient dispersées dans un cimetière. C’est important d’expliquer cela aux familles. Je trouve que ce processus est violent, il agresse le corps. Certaines familles ont du mal à gérer le fait que le corps du défunt passe d’un cercueil à taille humaine à une urne.

Propos de Edmond Schnell recueillis par Hervé Jégou et Isabelle Dumont

 

Travailler ensemble

 Le fonctionnement des Pompes Funèbres leur laissant le sentiment d’un business bien rodé qui pourrait quelque fois oublier les convictions religieuses, la zone pastorale de Mulhouse a décidé de prendre cette initiative :

« Nous avons rencontré toutes les entreprises de Pompes Funèbres avec lesquelles nous travaillons sur la zone. Nous avons noté l’humanité avec laquelle elles gèrent les différentes demandes et elles ont été à notre écoute. Nous leur avons redit que les églises doivent rester le lieu privilégié des funérailles. Néanmoins, nous nous sommes engagés à assurer une présence au funérarium ou dans leurs ‘chapelles privées’ car nous pensons qu’il est important que l’Église puisse accompagner les personnes qui le désirent (…) ».

Dominique Fuchs, animatrice de la zone pastorale de Mulhouse

 

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