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lundi 18 février 2019
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Des laïcs aux côtés des familles en deuil : témoignages


Dans les communautés de paroisses de Sélestat et au Val d’Argent, des laïcs accompagnent les funérailles. Suite à l’appel de Monseigneur Grallet naissait il y a deux ans et demi l’équipe funérailles de Sélestat. Une initiative du père Christian Kamenisch pour permettre à des laïcs de conduire et d’animer des obsèques. Une expérience dont s’inspirent aujourd’hui d’autres équipes de la région.

 

En cet après-midi, Marie-Claude Perrein conduit une célébration de funérailles dans l’église Sainte-Foy. Elle est accompagnée d’une deuxième laïque qui assure le chant. « Nous fonctionnons toujours en duo mais nous ne faisons pas la même chose », explique-t-elle. « Il y a le laïc qui accueille et échange avec les familles, porte la cérémonie et se rend au cimetière. Et celui qui l’assiste, généralement chargé du chant. Une grande aide ! » Les deux femmes sont facilement reconnaissables avec leur écharpe blanche qui leur a été remise en début de mission. Au total, six laïcs constituent cette équipe funérailles.

 

Une qualité de présence

Au même moment, le père Kamenisch officie justement une autre cérémonie dans l’autre église de Sélestat. Car la mise en place d’une équipe funérailles ne signifie pas que le curé n’en célèbre plus. De même qu’être autonome ne veut pas dire qu’il délègue entièrement ce service pastoral. « Nous avons besoin des conseils du curé, de sa présence. Il nous aide pour les commentaires d’Évangile et nous fournit des modèles de célébrations », insiste Marie-Claude. Issues d’une profonde collaboration, les équipes funérailles ne peuvent donc fonctionner qu’avec un soutien mutuel et de la complémentarité entre prêtre et laïcs. « Nous ne prenons pas sa place et nous ne reproduisons pas ses gestes ! D’ailleurs, nous veillons bien à ne jamais nous placer derrière l’autel », précise Marie-Claude.

 

Ne pas se dérober

Sans de substituer aux curés, l’objectif est plutôt d’alléger leur emploi du temps et d’assurer un service lors de leurs congés. Pour que les cérémonies sans eucharistie puissent se faire sans la présence du prêtre, le père Kamenisch a ainsi souhaité que les autres paroisses puissent entendre le témoignage de ces laïcs. C’est dans ce contexte qu’est née l’équipe funérailles du Val d’Argent sur le secteur de Sainte-Marie-aux-Mines. Tout comme à Sélestat, il était nécessaire de se réorganiser. Pour Jean Manin, laïc, « c’était un véritable problème car les prêtres sont très occupés. Nous n’avions pas le choix ! ».

 

L’équipe funérailles du Val d’Argent avec le père André Willemin à gauche et Jean Manin à droite.

L’équipe est désormais active toute l’année. En plus du lundi, jour de congé du père Willemin, elle assure les obsèques du mercredi afin de permettre au curé d’être disponible pour les préparations avec les enfants. Une mission prenante, qui demande une réelle implication. « Il faut être disponible et mobile », explique Jean. « C’est une priorité à laquelle on ne peut se dérober. C’est à la fois éprouvant et enrichissant car on s’implique dans l’histoire de l’autre, on l’accompagne dans son dernier voyage. »

 

À l’écoute des familles

Pour ces deux laïcs, le contact avec les familles se passe généralement très bien. Les réserves sont surtout pour les proches qui se sont entre-temps éloignés de l’Église. « On leur explique que les funérailles ne sont pas un sacrement et que ce que nous faisons reste un enterrement à part entière », explique Marie-Claude. « Ce qui joue, c’est l’attitude que l’on adopte. Quand les familles sentent que ce n’est pas quelque chose de fabriqué, la réserve tombe. » Pour Jean, il est plus facile de s’identifier à un laïc, « face auquel on assume plus facilement sa méconnaissance de la religion ». Un succès qui aujourd’hui, génère un nouveau défi pour Christian Kamenisch. Celle d’assurer le renouvellement des équipes déjà en place.

Témoignages

« Lors des obsèques, beaucoup de choses sont à gérer. C’est encore plus le cas quand on est fille unique comme moi. Il y a quatre ans, j’ai perdu ma mère. Comme elle était pratiquante, c’était naturel de faire appel au curé de la paroisse pour ses funérailles. Mais en février dernier, lorsque mon père est décédé, le contexte était différent car il n’était pas pratiquant. Je souhaitais lui rendre hommage mais avec la bonne formule. Ma tante et l’entreprise de Pompes Funèbres m’ont parlé de la possibilité d’avoir une cérémonie d’hommage conduite par une équipe de laïcs. Je me suis dit que ce type de cérémonie correspondrait mieux à la personnalité de mon père. Je me suis mise en lien avec Marie Claude Perrein. Nous avons préparé ensemble la cérémonie. J’ai apprécié ses qualités d’écoute et les échanges se sont déroulés dans un climat de confiance. Je lui en suis très reconnaissance. Elle a trouvé les mots justes pour rendre hommage à mon père. Personnellement, j’ai trouvé qu’une cérémonie sans prêtre était plus légère et que cela correspondait mieux à mes attentes, à ce que mon père aurait lui-même souhaité. Vu que je ne suis plus pratiquante, je me suis plus sentie à l’aise en discutant avec Marie-Claude plutôt qu’avec un prêtre. Je suis sortie de cette cérémonie apaisée, heureuse d’avoir pu dire adieu à mon père de cette manière. »

 

Propos de Marie-Jo Neubrand de Kientzville recueillis par Isabelle Dumont

Membre de l’équipe funérailles de sa communauté de paroisses, Martin Leininger est un laïc bénévole qui accompagne des familles en deuil depuis une dizaine d’années. Il intervient au centre funéraire de Mulhouse.

« Le centre funéraire ou les salles de prière compliquent le travail pastoral. La problématique de ces endroits est que les familles ne passent plus par les murs de l’église, même si elles en ont peut-être envie. Ma conviction est donc qu’il faut y aller. C’est l’occasion de rencontrer des gens qui n’ont plus de pratique religieuse. Je me mets à l’écoute de leurs questionnements. Ils me disent souvent : ‘ On n’est pas à la hauteur pour choisir un texte biblique, je vous fais confiance’. Je leur réponds alors : ‘ On va lire ensemble ces textes et vous me direz quel mot vous a interpellé’. »

Pour tenir dans la durée de cette mission où l’on est toujours confronté à la douleur des autres, « il faut avoir fait un cheminement personnel sur sa mort, sa finitude. C’est aussi grâce à la prière, à la communauté. Enfin, il faut pouvoir déposer ses valises. De par ma foi, je suis convaincu qu’Un Autre prend le relais de tout cela. Dans ma prière, je Lui demande de faire son chemin dans le cœur de chacun. »

 

Propos de Martin Leininger recueillis par Véronique Itty

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