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AccueilDossiersNovembre 2017Comment perçoit-on la mort aujourd’hui ?

Comment perçoit-on la mort aujourd’hui ?

Théologien, Simon Knaebel souligne combien la manière d’appréhender la mort a évolué dans la société.

La mort humaine est hors d’atteinte de toute expérience personnelle car elle signifie la fin de notre conscience. Elle signe notre absence à nous-même et aux autres. Pourtant, au-delà de la loi biologique qui fait que nous devons mourir, le « mourir » est une situation existentielle dont nous pouvons rendre compte. Précédant par sa conscience le fait « naturel » du trépas, le sujet humain entrevoit confusément sa propre mort dans les sentiments de déréliction et d’angoisse. Tout au long de sa vie consciente, l’humain fait également l’expérience du « mourir », constitutive de son existence personnelle.

 

Au cours du XXe siècle, l’expérience de la mort a été beaucoup étudiée

Ce notamment du point de vue historique (Ph. Aries, L’homme devant la mort, 1977). Cet auteur montre qu’on est passé, en près d’un millénaire, d’une conception collective et communautaire de la mort à une prise de conscience individuelle et personnelle dans cette dernière. Au XXe siècle, l’affection pour le mourant amène à le protéger de ses émotions en lui dissimulant la gravité de son état. La communauté traditionnelle et la famille commencent à faire défaut en raison de l’hospitalisation devenue la règle.

 

Cela dit, si la croyance au mal s’est massivement estompée, la mort est toujours bien présente dans son aspect inquiétant.

 

La responsabilité du destin individuel est abandonnée entre les mains des instances médicales. La communauté a démissionné de son rôle traditionnel et la mort est occultée. De plus, le sens religieux du mal, avec ses connotations de péché, d’enfer et de damnation, est aujourd’hui dissocié de la mort, laissant le champ libre à des spéculations comme le transhumanisme comme technique postmoderne de survie.

 

Mais, s’il n’y a plus de mal, que peut encore signifier la mort ?

D’une part, on fait comme si le scandale de la mort n’existait pas. La mort est couverte d’une chape de silence. Cela dit, si la croyance au mal s’est massivement estompée, la mort est toujours bien présente dans son aspect inquiétant. D’autre part, dans l’impossibilité d’évacuer la mort, on vise à l’humaniser dans la revendication du droit à mourir dignement. La mort devient la sortie discrète d’un vivant apaisé comme le revendiquent les plaidoyers pour le suicide et l’euthanasie.

 

Justement, pour le chrétien, le Christ, avant de ressusciter et de siéger à la droite du Père, est « descendu aux enfers ». Il est ainsi la Lumière qui luit dans nos ténèbres.

 

Alors que les Anciens ont su apprivoiser la mort parce qu’ils assumaient le mal comme une dimension irréductible de la condition humaine, l’humanité du XXe et du début du XXIe siècle s’acharne à refouler ou à « humaniser » la mort parce que nous refusons d’assumer la finitude radicale de l’homme. Pourtant, la foi chrétienne, à la suite de Paul (Ép 1, 10), parle de la « récapitulation de toutes choses dans le Christ », donc du ciel, de la terre et des enfers.

Justement, pour le chrétien, le Christ, avant de ressusciter et de siéger à la droite du Père, est « descendu aux enfers ». Il est ainsi la Lumière qui luit dans nos ténèbres. Il n’y a donc pas de ténèbres qu’il n’ait transfigurées de son amour miséricordieux. Le christianisme n’est décidément pas dualiste (existence terrestre/mort). L’ombre est transfigurée dans la lumière. Un salut est à l’œuvre en chacun. La mort est vaincue par le Ressuscité.

 

Simon Knaebel

 

 

 

 

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