mardi 16 juillet 2019
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La famille en crise

Éclairages du psychanalyste Jacques Arènes, de l’éducateur Jean-Marie Petitclerc et du philosophe Martin Steffens.

 

Jacques Arène, vous êtes psychanalyste, que peut-on dire de l’évolution de la famille ?

La famille est passée du foyer au réseau ; avant il y avait le foyer inamovible, maintenant on voit bien que de plus en plus les familles se séparent, se recomposent. Les familles sont des trajectoires plus accidentées qu’avant.

Comment l’individu l’homme et la femme se retrouvent dans ce nouveau contexte ?

La famille traditionnelle n’a pas disparu, la valeur du couple et la fidélité dans le couple sont toujours d’actualité. Cependant, on est dans un monde où la valeur individu rentre en tension avec la famille.

Êtes-vous optimiste pour la famille ?

On est dans une société où l’on n’a jamais été aussi libre de mener sa vie mais il existe de nombreuses dérives individualistes. Il est important de percevoir combien ses dérives sont des lieux de souffrance pour des personnes seules alors qu’auparavant elles les auraient affronté en solidarité avec d’autres.

 

Jean-Marie Petitclerc, vous êtes éducateur de jeunes, tout le monde s’accorde à dire qu’il est important que la famille se développe et pourtant la société est en crise de famille ?

Jamais la famille n’a été aussi fragilisée dans la diversité de sa composition et jamais la famille n’a été aussi ancrée dans la tête de nos adolescents. Pour eux le modèle est celui d’un couple uni pour la vie avec des enfants, c’est aussi la cellule de base de l’Église La relation parentale est à durée indéterminée Elle a même vocation d’éternité. On ne parle jamais de ses ex-enfants.

Qui me permet en tant que jeune de me construire demain face au défi numérique ?

Les jeunes sont dans une culture d’expérimentation. Ils ont besoin de gens qui ont une cohérence entre le dire et le faire. Le modèle évangélique est celui de la graine que l’on plante et qui éclot à sa nouveauté d’arbre. Il s’agit de transmettre non pas pour que le jeune copie mais pour que le jeune invente ; dans ses périodes de mutation culturelle, il est important de transmettre une parole pour que le jeune puisse mener ses propres expérimentations et trouver ses propres représentations.

Propos recueillis par Marc Larchet

 

Extrait d’une interview de Martin Steffens dans Témoins en juillet 2012, après la sortie de son livre le petit traité de la joie[1] sur l’amour parental.

Il est deux façons d’aimer : possessive, et tout amour, celui pour un enfant, ou celui de l’amoureux, commence ainsi. Mais l’amour ne s’accomplit pleinement que dans la dépossession, dans l’acceptation que cet enfant qui est mien puisse plus tard faire sa vie sans moi. Le rôle des parents est paradoxal : ils œuvrent, non pour gagner, mais pour perdre, pour que leur enfant accède à la liberté et à l’autonomie. Ils font tout pour qu’il puisse, au final, se passer d’eux, et cela sans la certitude d’une gratitude en retour. L’amour de dépossession est un chèque en blanc.

[1] Vivre, croire et aimer, son nouveau livre vient de paraître paru il y a une semaine chez Marabout

 

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