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Dolleren veut sa paroisse !

La réorganisation concordataire de 1802 avait établi une hiérarchie très stricte entre les lieux de culte, distinguant entre les « paroisses » proprement dites, dirigées par un curé agréé par le gouvernement, les « succursales », confiées à un desservant, et les simples « annexes ».

 

 Ces dernières bénéficient parfois d’une chapelle dite « de secours », mais il ne s’agit pas d’une église paroissiale, ce qui signifie que la messe n’y est pas célébrée les dimanches et fêtes. Elles ne disposent pas non plus d’un prêtre particulier, mais sont placées sous l’autorité du desservant de la succursale qui vient célébrer de temps en temps la messe dans cette chapelle. Le reste du temps, les habitants doivent faire le déplacement jusqu’à l’église paroissiale, notamment pour les sacrements de baptême, de mariage et pour les funérailles.

Pendant les trois quarts du XIXe siècle, le village de Dolleren, dans la vallée de la Doller, est donc resté annexe de la paroisse voisine de Sewen. Au fur et à mesure que la population grandissait, cette situation devenait cependant plus pénible.

Grâce à une chronique paroissiale très bien tenue et très bien conservée, nous pouvons reconstituer le fil des événements qui ont conduit à l’érection de la paroisse. Elle s’ouvre par un inventaire des pièces relatives à la communauté religieuse qui se trouvent recensées en 1872 : nous y relevons deux lettres adressées en février 1830 à l’évêque d’alors, Mgr Le Pappe de Trevern, l’une pour recevoir l’autorisation de construire une église et l’autre pour obtenir la nomination d’un curé.

En attendant une réponse positive de l’administration diocésaine qui tarde à venir, les habitants de Dolleren restent contribuables pour l’entretien de l’église de Sewen, puisqu’elle est leur paroisse. En 1834, le maire de Dolleren prétexte d’une interruption des coupes de bois pour ne pas participer au financement des travaux.

En 1838 est décidée la construction d’une tribune dans cette même église. Puisque le village de Dolleren ambitionne de devenir paroisse, il refuse de participer au financement de son installation, de même qu’à l’achat d’un orgue. En rétorsion, cet orgue ne jouera pas pour les obsèques des gens de Dolleren…

Les frais de réparation se multiplient pour l’église de Sewen : on en signale en 1850, en 1858… sans parler de travaux sur le presbytère en 1848. Pendant ce temps, le projet de construction d’une église à Dolleren avance lentement : on prévoit une coupe de bois extraordinaire à cet usage en 1850 ; mieux, on achète en 1867 quatre parcelles qui pourront servir d’emplacement pour l’église et le cimetière (puisque ce dernier est lié à l’existence de l’église) ; on prépare des plans de construction en 1870 ; on projette l’achat d’une maison qui servirait de cure en 1872.

Cette même année, on redemande à l’évêque l’érection d’une paroisse. Entre-temps, comme la plus grande partie de l’Alsace, le village est passé sous administration allemande et il faut composer avec un Kreis-Direktor.

Du côté de l’évêché, la première solution proposée est celle d’envoyer un vicaire résidant, autrement dit un prêtre qui, sans avoir la pleine responsabilité curiale, assure le service dans la chapelle en habitant sur place. Le prêtre envoyé est un certain Georges Chrysostome Fix, qui se présente une première fois à Dolleren le 22 août 1872 et revient s’y installer une semaine plus tard.

C’est sous son vicariat que la nouvelle église sera construite en 1877/1878 et que le village sera érigé en paroisse en 1879. L’abbé Fix en sera le premier curé, jusqu’à sa mort survenue en 1897. Tout porte à croire qu’il est l’auteur de la fameuse chronique, qui commence en 1872, avec son arrivée, et s’achève en 1893, sans doute en raison de l’âge avancé du curé.

 

Bernard XIBAUT

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