Mgr Ravel : Le pays d'où je viens - Carrefours.alsace

Mgr Ravel : Le pays d’où je viens

Published by Marie Pennequin on

Comme chaque mois, retrouvez les paroles de Mgr Ravel, archevêque de Strasbourg. 

L’on m’a fait écouter une fort jolie chanson, d’un auteur alsacien, Fred Bellan, composée avec charme et humour. Tout y est pour goûter les saveurs du parler et les odeurs du terroir.

 « Le pays d’où je viens est coincé entre Vosges et Rhin. Je vous dis ça comme ça des fois que ça s’entendrait pas ! On y fait de la bière, de la choucroute et du munster. C’est un joli pays où les cigognes font leur nid. »

On trouvera sur Internet le reste de la chanson sans la confondre avec celle de Gilbert Bécaud qui porte le même titre.

Mais à cette Alsace sentant bon le munster et le vin, se superpose l’Alsace porteuse de la bonne odeur de Dieu : à chaque village, aux détours d’un chemin, sur les pentes savoureuses, on découvre le parfum du Christ, pour la première ou la millième fois. À la joliesse des paysages, personne ne peut manquer d’ajouter la hardiesse de sa foi.

Luc Ravel, Archevêque de Strasbourg Prendre la route du divin

En circulant dans cette Alsace où s’accomplissent leurs rêves d’enfant, l’habitant du pays ou le passager de l’été prendra le temps de goûter les racines spirituelles s’il se décide à prendre la route du divin. Ici, un retable à admirer, là le chant des orgues à dévorer. Ici et là, la sainteté convie le touriste à prendre le cœur du pèlerin et les mains du mendiant. Ici et là, les haut-lieux du Mystère ne valent pas seulement pour ceux qui les découvrent dans leur beauté matinale quand l’aube venue de l’Est les chatouille agréablement. Ils ont encore et encore du poids pour ceux qui pensent les connaître : cet été, pour tous, notre Mont Sainte-Odile, notre Thierenbach, notre Marienthal, seront nouveaux, même pour les vieux alsaciens qui s’y rendent pour y prier depuis 50 ans.

Notre confinement nous a parlé du temps : il nous aura dit, dans la sérénité ou la douleur, que la vie ne s’attarde pas avec les gens pressés mais qu’elle aime la compagnie des gens calmes et silencieux.

Je crois à cette magie des monts spirituels, silencieuses et indéboulonnables montagnes de la Rencontre.

Nous repartirons avec ce refrain d’un chant encore à composer :

« Le pays d’où je viens est coincé entre vous et Dieu,

Je vous dis ça comme ça des fois que ça se goûterait pas ! »

 + Luc Ravel, archevêque de Strasbourg


2 Comments

buttin · jeudi 23 juillet 2020 at 17 h 29 min

J’aime beaucoup le jeu de mots:…le pays du divin! Merci Père Ravel pour votre billet. Madeleine

GUISSARD Geneviève · samedi 25 juillet 2020 at 9 h 20 min

Jésus affectionne la parabole pour enseigner aux gens simples de son temps, vous choisissez la poésie pour parler au cœur des Alsaciens, j’aime l’une et l’autre car toutes deux nous obligent à poser un autre regard sur notre environnement et à travers lui, écouter la voix de Dieu qui nous enseigne.
« L’univers se déploie en Dieu, qui le remplit tout entier. Il y a donc une mystique dans une feuille, dans un chemin, dans la rosée, dans le visage du pauvre. L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose » (Laudato si – Pape François).
La route du vin devient sous votre plume, celle du divin, et oserais-je, sous la mienne, la « petite voie » de chacun.
Merci pour votre message, Monseigneur Ravel.
Geneviève

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