Homélie du 24 mai 2020 - Carrefours.alsace - Homélies du jour

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 Lorsque Jésus dit : « Père, glorifie ton Fils », il parle bien de sa mort, mais d’une mort pour la vie. En Jésus, la mort n’est pas mortelle, elle est un mourir vers le Père, où Jésus est et reste Fils, où le Père l’engendre dans une éternelle plénitude. Jésus meurt en Fils et ainsi glorifie le Père.

La vertu filiale par excellence, c’est l’obéissance et Jésus, non sans combat (cf. He 5,8), s’est soumis à la croix, devenant obéissant jusqu’à la mort (Ph 2,8). En acceptant la mort, Jésus consent à n’exister que par le Père. Il pose l’acte absolu d’amour que jamais personne n’avait pu poser.

Mourir filialise Jésus. « En tes mains, je remets mon esprit ». Jésus meurt filialement. « Cette mort est immense, à la mesure de sa filiation ». Glorifiant le Père dans sa mort, il est ainsi glorifié comme Fils par sa résurrection. Le Père a entendu sa prière. La Résurrection du Fils en est la réponse. Elle est le déploiement de la gloire de sa divine filiation.

Jésus retrouve cette gloire qu’il avait auprès du Père avant que fut le monde (Jn 17,5). La mort de Jésus sans la Résurrection serait insensée. Saint Paul le dit bien : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vide est notre foi » (1 Co 15,17). Mort et Résurrection du Christ sont inséparables. La mort fait passer Jésus de ce monde au Père (Jn 13,1) et la Résurrection est entrée dans la vie filiale, elle est naissance à ce pour quoi le Fils est engendré depuis toute éternité. Comme tout homme, Jésus devait mourir, mais afin de ressusciter.

Faisons le lien entre la pâque glorifiante du Christ et notre propre chemin de vie. La glorification de Jésus nous concerne car il dit dans sa prière au Père, en parlant de ses Apôtres : « Je trouve ma gloire en eux » (Jn 17,10). Que nous faut-il comprendre ? Comme aux Apôtres, Jésus nous fait découvrir le nom du Père, de notre Père (Jn 17,6). La mission de Jésus est de conduire tout homme au Père. Qui vit lié au Père a la vie éternelle, car relié à la source de sa vie, il ne peut mourir. Jésus a glorifié le Père sur la terre (Jn 17,4), en permettant à tout homme de devenir fils comme Lui, ou plutôt fils en Lui. En celui qui vit en disciple de la Parole de Dieu (Jn 17,6), Jésus trouve sa gloire de Fils, il se reconnaît.

Jésus veut désormais être glorifié en chacun de nous ! Sa mort glorifiante se prolonge dans notre vie. Si notre vieil homme est émondé par la Parole de Dieu, c’est pour filialiser notre être. La Résurrection est déjà à l’œuvre en nous pour que se lève cette « créature nouvelle », cet être filial qui sommeille en nous. L’image divine, nous l’avons. La ressemblance, elle, est à conquérir par le labeur de notre conversion. Notre devenir n’est pas dans une quelconque gloire terrestre et éphémère. Notre devenir est céleste. Être fils dans le Fils, voilà notre gloire. Dès aujourd’hui, que notre être, notre attitude, nos actes, nos paroles soient filiaux et Jésus trouvera sa gloire en nous et il nous attirera dans sa propre gloire.

 Entends notre prière, Seigneur : nous croyons que le Sauveur des hommes est auprès de toi dans la gloire ; fais-nous croire aussi qu’il est encore avec nous jusqu’à la fin des temps, comme il nous l’a promis.

Abbé Philippe Link


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