Homélie du 21 mai 2020 - Carrefours.alsace - Homélies du jour

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Si nous restons seulement au seuil de cette fête de l’Ascension, il se pourrait qu’elle nous paraisse fade et désuète. C’est ainsi de tous les mystères divins : ils ne peuvent se goûter que de l’intérieur !



Pour entrer de plain-pied dans la fête, prenons le temps de faire mémoire de la marche que le Seigneur nous a fait faire dans les terres arides de notre condition terrestre.



Pendant quarante jours de carême et de repentir, nous avons fait face à notre péché, nous avons senti le poids de nos fautes ; et cette marche laborieuse n’avait d’autre but que de nous libérer.



La marche du carême sans l’entrée dans la Pâques serait pure folie !
L’ascèse n’a qu’un seul but : la conversion. La Passion est la porte d’entrée dans la vie nouvelle de la Résurrection.



Pourtant, pour les disciples, le matin de Pâques n’est pas un terminus !
Ils ne sont pas encore entrés dans le lieu du repos, le pays ruisselant de lait et de miel promis au peuple hébreux.



Pâques commence par les bouleverser. Ils goûtent déjà la joie, mais ils leur faut encore du chemin pour y entrer pleinement.



Pendant quarante jours, Jésus ressuscité va leur apparaître 
pour leur parler du Royaume de Dieu, pour les préparer à un autre passage.



Nous aussi, nous avons marché avec eux, tout au long de ces quarante jours du temps pascal.


Quarante jours pour être enseignés sur l’Église, à partir de la lecture des Actes des Apôtres. Quarante jours pour être initiés aux «choses d’en haut» ;
car ainsi que nous le dit l’apôtre Paul :
«Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d’en haut : c’est là qu’est désormais le Christ assis à la droite du Père. Tendez vers les réalités d’en haut, et non pas vers celles de la terre» (Col 3,1-2).



Le Fils de Dieu est venu parmi nous non seulement pour que nous vivions de sa vie dans notre vie terrestre, mais pour que nous vivions avec lui dans le Royaume céleste.



Il est allé nous préparer une demeure dans la maison de son Père (cf. Jn 14,2),
et c’est pour que nous y demeurions avec lui, non pour que nous restions orphelins sur la terre.



Au moment où Jésus se sépare de ses disciples, il leur donne ainsi la feuille de route de leur vie terrestre : « Allez, de toutes les nations faites des disciples,…et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés ».

Allez, rassemblez la famille humaine en mon nom, attirez tous les hommes à moi, car la demeure que je vous prépare n’a qu’une seule table, pour que tous les hommes partagent un seul banquet : celui des noces de l’humanité avec son Créateur.



L’appel de Dieu nous introduit dans une espérance inouïe : le partage de sa gloire dans un même amour. Et cette espérance est déjà une réalité : c’est le Christ Jésus, qui nous rassemble en lui auprès du Père.

Abbé Philippe Link


1 Comment

Pierre · jeudi 21 mai 2020 at 14 h 10 min

Une ancienne homélie conserve sa saveur,
et sa fraîcheur, Grâce au « sel de l’ Esprit Saint qui l’a inspiré, pendant de nombreuses années….

Les homélies « précédentes » seraient un titre plus adapté, pour cette rubrique des homélies au quotidien.

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