LIRE LES LECTURES DU JOUR

Tout au long du récit il est question de lumière ou de ténèbres, de voir ou d’être aveugle, d’entrer dans la lumière ou de plonger dans la nuit, de croire ou de rester dans le péché.

L’aveugle-né était passif, sans rien demander. Le voilà guéri et mis en marche. Après sa guérison, Jésus disparaît : l’ancien aveugle reste seul.

Face aux questions qui lui sont posées, il doit d’abord reconnaître que c’est bien lui qui a été guéri, et celui qui a fait cela, c’est « l’homme qu’on appelle Jésus ».

Devant les Pharisiens qui l’interrogent, il doit raconter à nouveau sa guérison, mais les questions répétées le poussent plus loin : il finit par dire de celui qui lui a ouvert les yeux : « C’est un prophète ».

Après avoir convoqué ses parents, les Pharisiens poursuive leur interrogatoire. On veut lui faire dire que celui qui l’a guéri est un homme pécheur puisqu’il n’a pas respecté le sabbat.

Poussé encore dans ses retranchements, il affirme que Jésus vient de Dieu, et il remet en cause les Pharisiens : « Voilà bien qui est étonnant, que vous ne sachiez pas d’où il est, alors qu’il m’a ouvert les yeux ! Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire ! »

Maintenant qu’il prend clairement position pour Jésus, le voilà accusé d’être « tout entier plongé dans le péché depuis sa naissance ». Et il est jeté dehors !

Alors seulement Jésus revient vers lui. Désormais, le cœur de l’homme qui avait été aveugle est prêt : il confesse sa foi : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterne devant Jésus.

Quel chemin parcouru ! À y regarder de près, il s’agit du chemin de fortification de la foi, depuis le moment où le croyant reçoit la grâce de Dieu jusqu’à celui où il peut s’engager pour le Christ devant le monde, devant les contradictions.

À la fin de ce récit, nous découvrons alors que tout homme est un aveugle-né. Non pas de ses yeux de chair, mais un aveugle spirituel.

Notre cœur est obscurci, et notre vie peut être suractive dans bien des domaines, nous n’en restons pas moins complètement amorphes du point de vue de l’essentiel, de la vraie vie.

Nous sommes comme l’homme au début du récit : passif et ne demandant rien à Jésus.

C’est lui, le Christ, qui vient à notre rencontre. Il est la lumière du monde, et il vient à nous comme un rayon de lumière qui pénétrerait dans une maison obscure.

Il vient mettre la chaleur de sa présence, il met sa clarté là nous n’y voyions pas. La suite dépend de nous : nous laisserons-nous déplacer comme l’aveugle-né, pour prendre position peu à peu pour Jésus, pour oser reconnaître qu’il guérit notre cœur ténébreux et qu’il nous donne la vraie joie ?

Ou au contraire, resterons-nous sur nos gardes pour ne pas nous engager ?

Ou encore deviendrons-nous carrément hostiles, ennemis du Christ ?

Ce récit de l’évangile met donc devant nous comme un miroir, afin de susciter notre foi en Jésus.

Nous ne pourrons pas rester neutres. Jésus lui-même dit : « C’est pour une remise en question que je suis venu dans le monde, pour que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles ».

Celui qui veut voir par lui-même, et qui ne veut pas avoir besoin de Jésus celui-là s’aveugle, il se plonge plus profondément dans le mensonge.

Celui qui reconnaît que, par lui-même, il ne peut pas voir Dieu, il ne peut pas voir le fond des choses et la vérité de la vie, celui-là peut accueillir Jésus et devenir voyant. « Autrefois, vous n’étiez que ténèbres.

Maintenant, dans le Seigneur, vous êtes devenus lumière. Vivez comme des fils de lumière » (Ep 5,8).

Abbé Philippe Link


0 Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.