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Homélie du 12 février 2020

Le Seigneur demande à ses auditeurs d’ouvrir leur intelligence et leur cœur : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien. Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ».

En conséquence, la priorité n’est pas aux gestes et aux rites qui sacralisent notre quotidien mais à la lutte contre les souillures intérieures. Le chrétien ne cherche pas à être reconnu comme tel par ses pratiques, mais il doit se révéler en étant le sel de la terre. Il est le grain de sel intimement uni aux aliments pour en relever la saveur.

Consentant aux mouvements de la grâce en lui, il enseigne à vivre en enfant de Dieu en vivant pleinement de l’Esprit filial. Ce qu’il nous faut craindre est le mouvement intérieur qui nous rend complice du Tentateur et nous conduit à la séparation d’avec Dieu, au péché. « Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses (…). Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

Dieu a crée l’homme sans péché. Il l’a placé dans le jardin d’Eden et le dota de liberté. « Vous pouvez manger de tous les arbres du jardin, à l’exception de l’arbre de la connaissance du bien et du Mal, parce que, le jour où vous en mangerez, vous mourrez. » L’idée originelle pour l’homme fut celle-ci : user de sa liberté afin d’arriver au vrai bonheur.

Notre vie ne consiste pas à faire ce qui nous plaît à chaque instant. Notre existence ne se résume pas à passer d’un caprice futile à un autre. Notre vie a un but. Par le baptême, nous avons choisi de devenir les enfants adoptifs de Dieu et de proclamer au monde entier que Jésus Christ est le Fils du Dieu Vivant, le seul Sauveur de l’humanité, et que l’homme atteindra la vie éternelle par Lui seul.

Bien sûr, c’est une tâche difficile dans un monde qui se noie dans le matérialisme et qui perd le sens des valeurs. Néanmoins, c’est dans ce monde que le Seigneur veut que nous soyons des témoins. Nous ne sommes pas baptisés pour fuir le monde, mais plutôt pour le ramener au Christ. Cela implique de nous charger de la croix du Christ, comme Simon de Cyrène. Notre vie sera belle si elle se passe aux côtés du Christ. Alors elle sera imprégnée de son amour.

Le monde nous présente toute sorte de manières de vivre une soi-disant liberté. Le Prince du monde, le Prince du mensonge, veut orienter notre liberté en faisant miroiter un plus grand bien-être. Pourtant, nous savons bien que ce n’est pas par ce chemin que nous arriverons au vrai bonheur. Gardons les idées claires et une volonté ferme pour ne pas succomber à de telles tentations.

Seigneur, je sais que sans Toi je ne suis rien et je ne peux rien faire. Tu m’as donné la liberté comme arme merveilleuse pour atteindre mon bonheur. Apprends-moi à guider ma vie avec les principes que tu m’as enseignés, parce que les actions qui me rendront plus ou moins heureux sont issues de ces principes et des désirs de mon cœur.

Abbé Philippe Link

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