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Homélie du 9 février 2020

Jésus nous donne deux images : vous qui tenez bon dans la fidélité à l’Évangile, dans la fidélité à Jésus, à sa croix et à sa résurrection, vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde. (Mt 5, 13-14)

Le sel de la terre. Ne pensez pas ici à du sel fin dans une jolie salière Ikea ! Dans le contexte du temps de Jésus, il s’agit de gros sel brut dont le premier usage était de conserver les aliments. Le sel c’est d’abord ce qui évite que les aliments se corrompent, se gâtent ; c’est aussi ce qui donne de la saveur, du goût. C’est discret, cela n’a rien de séduisant, mais c’est tellement précieux. Le sel est ainsi devenu le symbole de la vraie sagesse, celle qui évite la corruption du péché et donne saveur à la vie.

« Vous êtes le sel de la terre… » Si vous vivez de Jésus, si votre cœur, votre vie, sont imprégnés du mystère de la Croix, de la joie sans fin de la Résurrection, alors vous préservez la société de la corruption et vous apportez ce qui donne à la vie sa vraie saveur !

La vraie saveur de la vie, ce n’est pas la jouissance parce que la jouissance échoue dans la mort. La vraie saveur de la vie, c’est de faire de notre vie un don en embarquant dans le don de soi de Jésus. Et cela mène à la vie éternelle, à la joie éternelle déjà goûtée ici-bas.

Si nous, chrétiens, nous laissons de côté l’Évangile, si nous délaissons la Croix et la résurrection, qui donnera au monde sa saveur ? Qui d’autre que nous donnera au monde la sagesse de la Croix ? Qui d’autre donnera au monde l’espérance de la résurrection comme don gratuit qui nous vient de la tendresse du Père, de l’offrande de Jésus et du travail caché de l’Esprit Saint ? Qui donnera à notre « nature humaine affadie  » cette sagesse, ce sel qui ouvre jusque dans la souffrance et la mort le chemin des Béatitudes et de la joie ? Qui ?

Les « valeurs » les plus nobles ne suffisent pas pour donner sens à cette vie ! Le Seigneur nous dit aujourd’hui : ne perdez pas votre saveur ! À quoi sert la foi si nous n’offrons pas au monde la saveur de la vie qui est le mystère de Jésus ?

Notre monde manque de sel ! Et si la peur de témoigner nous saisit, écoutez saint Jean Chrysostome : « Vous n’avez pas à craindre la malédiction ; c’est l’apparence de l’hypocrisie que vous avez à craindre ; car la dissimulation nous affadit et nous jette sous les pieds des hommes ».

Jésus ne s’en tient pas à l’image du sel : il ajoute la lumière. Regardons tout de suite le jeu de ces deux images : le sel ne se voit guère. Quand il sert à donner de la saveur, il ne se voit même pas du tout. La lumière, elle, se voit ; elle brille, elle éclaire.

Être le sel de la terre, c’est un service très humble où l’on s’oublie, où l’on se perd. Être lumière du monde, c’est être vu, comme une ville sur une montagne se voit bien le soir.

Mais comment deviendrons-nous visibles dans la société ? Jésus nous répond : par des « œuvres belles », des comportements, des choix de vie qui seront tellement beaux que les gens glorifieront Dieu.

Cela veut dire que notre comportement obéira et même dépassera les « valeurs » les plus nobles de notre société. Si notre vie obéit aux valeurs de notre société, les gens nous glorifieront. Si elle va au-delà des valeurs dans un plus grand amour, alors les gens glorifieront Dieu et nous serons lumière du monde !

Alors, faut-il être sel de la terre en confessant humblement le mystère de la croix et de la Résurrection, ou faut-il être lumière du monde par le témoignage d’un amour qui se donne, qui se livre. Il faut être sel et lumière bien sûr ! Si tu es sel, si tu es imprégné de la sagesse de la Croix de Jésus et de l’espérance de Sa résurrection, alors, nécessairement, ta manière d’aimer en sera transformée et tu seras lumière.

Voilà ce que le Seigneur attend de nous, au milieu d’une société qui est pleine de richesses d’humanité, mais s’enfarge dans des choix de ténèbres. Notre mission première n’est pas de dire non à ceci et à cela, mais de témoigner d’un autre rapport à la vie, d’une véritable écologie humaine. Notre mission, c’est un émerveillement face à toute vie ; c’est le service de la vie de l’enfant à peine conçu, au mourant appelé à naître à la vie éternelle…

Il y a dans toute vie un mystère de Dieu. Il y a dans ta vie un mystère de Dieu. Ta vie, ma vie, est un mystère de Dieu. Nous sommes chacun un reflet unique du visage de Dieu. Voilà ce que nous venons retrouver en chaque Eucharistie !

Abbé Philippe Link

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dernier commentaire

  • Merci beaucoup monsieur l’abbé, votre homélie est tellement riche en conseil, j’opte pour être le sel et la lumière ☺️

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