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Homélie du 27 janvier 2020

Ce passage de l’Évangile se situe au début de la vie publique du Christ. Le bruit de ses miracles attire les foules de Galilée et d’ailleurs. Mais les pharisiens commencent à se sentir gênés par ce rabbi qui mange avec les pécheurs et guérit les malades le jour du sabbat. Ils entreprennent alors de le discréditer en répandant une rumeur inquiétante : ce Jésus serait possédé par un démon.

 

En contemplant cette scène, je suis impressionné par la réaction de Jésus face à cette grossière calomnie. En premier lieu, je le vois agir avec transparence. Le Seigneur ne joue pas dans l’ombre, il ne chuchote pas derrière les portes, mais il parle au grand jour, face à face avec ses adversaires. Il n’hésite pas à nommer Satan, que les pharisiens ne mentionnaient que sous les noms indirects de « Béelzéboul » et de « chef des démons ». D’autre part, je sens que Jésus éprouve un ardent désir de sauver ces pauvres hommes qui l’insultent. Il aurait pu les ridiculiser, les ignorer ou les fuir, mais il les appelle à lui parce qu’il veut les libérer de leur aveuglement. Il veut leur montrer que ce Béelzéboul dont ils parlent à la légère est beaucoup plus puissant que ce qu’ils n’imaginent. Il faut apprendre à lui résister. C’est justement ce que le Christ a appris pendant ses quarante jours au désert, et c’est ce qu’il veut m’apprendre maintenant.

 

Comment tenir tête à Satan ? Jésus le compare à un homme fort qu’il faut ligoter pour pouvoir ensuite piller ses biens. Je suis bien trop faible pour pouvoir imiter les archanges Raphaël (cf. Tb 8, 3) et Michel (cf. Ap 20,2), qui ont le pouvoir d’enchaîner le démon. Mais ma faiblesse n’est pas un problème car le Seigneur Jésus, après sa mort sur la croix, est descendu aux Enfers où « fut emprisonné celui qui tenait captif le premier homme », comme le chante l’Église lors de l’office des lectures du Samedi Saint. Satan est déjà vaincu, « C’en est fini de lui » !

 

Mais attention, le démon n’est pas pour autant complètement inoffensif ! Saint Augustin l’explique ainsi : « Le Christ est donc venu, et il a attaché le diable. Mais, dira-t-on, s’il est attaché, comment se fait-il qu’il remporte encore tant de victoires ? C’est vrai, […] mais il ne triomphe que des tièdes et des négligents. Car il est attaché, vraiment, comme un chien dans sa niche : et il ne peut mordre personne, à part celui qui s’approche de lui avec une témérité mortelle » (Sermon 37 sur David et Goliath).

 

Finalement, je dois prendre garde à ne pas tomber dans la grande illusion que le diable me tend : suspecter l’amour de Dieu que le Christ me révèle. Ce rejet de mon unique sauveur, cette négation de la lumière qui inonde mon visage, c’est ce que Jésus appelle le blasphème contre l’Esprit-Saint.

 

Seigneur, tu m’as libéré des griffes de Satan ! Cet homme fort me retenait prisonnier dans sa maison, et tu es venu l’enchaîner pour pouvoir me délivrer. Merci, Seigneur ! Ne permets pas que je tombe dans l’ingratitude ! Ne permets pas que je prenne ton amour pour de la haine ! Ne permets pas que j’ignore ton Esprit-Saint ! Ne permets pas que je sois séparé de toi !

Abbé Philippe Link

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  • « Ne permets pas que j’ignore ton Esprit-Saint ! »

    A méditer…

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