Mgr Ravel : Parce que Dieu est libre

Published by Marie Pennequin on

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Ravel.

… et qu’il n’a pas renoncé à prendre l’initiative, à sa façon et à son heure (« Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas venue » lance-t-il lorsque sa mère l’interpelle à Cana…) malgré nos attentes et nos
impatiences ;  
Parce qu’il n’use pas de sa liberté pour nous punir mais pour nous faire grandir ; 

Parce que sa liberté est le fondement même de la nôtre : « soyons libres comme le Seigneur est libre », pourrions-nous écrire en imitant les propos de Jésus, en relisant la façon qu’il a eue d’être libre tout au long de sa vie jusque dans sa mort : « Ma vie nul ne la prend mais c’est moi qui la donne » (Jn 10, 18) ;

 Parce que sans lui nous ne pouvons rien faire malgré nos bonnes intentions ;

Mgr Luc Ravel / Archevêque de Strasbourg

Voici venir le temps de la grâce

Pour toutes ces raisons, nous avons besoin d’un grand jubilé de Sainte Odile qui soit avant tout (et peut-être seulement) un temps de grâce ! Évacuons l’idée d’un temps de préparatifs humains et de collecte de projets en vue de construire l’avenir avant ou à côté de Dieu. Tout est fait pour que ce soit surtout (et peut-être uniquement) un temps laissé à Dieu pour qu’il reprenne la main.

Maintenant Dieu va bénir ainsi qu’il le promet lui-même : « Réfléchissez-y attentivement ! Y avait-il encore de la semence dans les greniers ? Même la vigne, le figuier, le grenadier et l’olivier n’ont rien rapporté, mais dès aujourd’hui, je bénirai. » (Aggée 2, 18-19) 

Bien entendu, le Jubilé se présente comme un anniversaire imposé par la chronologie, l’arrivée des 1300 ans de la mort d’Odile. Mais en réalité, Dieu maîtrise de bout en bout car c’est lui le Seigneur du temps. Il l’a fait, il le fait sans cesse de sorte que nos anniversaires soient des retours aux sources. Nos fêtes religieuses sont tout entières construites sur ce principe. Ce n’est pas Dieu qui est un obligé du temps mais le temps qui est dans la main de Dieu. 

C’est lui qui appelle : reviens ! 
C’est lui qui comble : je donnerai mon Esprit !
C’est lui qui réjouit : partage ma joie, celle dont jubilent déjà les anges et les saints.

Pour le dire en un mot : c’est le temps de la grâce où tout recommence mais par son don à lui. La nouvelle évangélisation en Alsace comme ailleurs ne sera pas un projet de l’archevêque qui planifierait une reconquête des territoires perdus de l’Église. Tous nos programmes pastoraux de ces prochaines années seront à la main de Dieu : nous ne les inventerons pas, nous les recevrons de lui. Et nous accepterons sa « méthode », celle déjà employée avec Abraham : appeler sans explications mais non sans promesses. Ainsi l’énergie revient mais dans la foi.

+ Luc Ravel, archevêque de Strasbourg


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