lundi 27 janvier 2020
Se connecter    /S'inscrire    /
AccueilDossiersDossier du moisLe beauté des écritures : prêcher la vérité

Le beauté des écritures : prêcher la vérité

Dans toute liturgie eucharistique, le temps de la prédication fait partie de la proclamation de la Parole de Dieu. Mais savons-nous bien quels en sont ses enjeux ?

« La Parole de Dieu ! C’est un fer rouge, et toi qui l’enseignes, tu voudrais la prendre avec des pincettes ? » Bernanos n’y va pas par quatre chemins dans le Journal d’un Curé de campagne pour parler de ce que l’on pourrait appeler les dangers de la prédication, ou du moins sa gravité. D’ailleurs, le même auteur l’affirme : prêcher, c’est d’abord dire la parole de vérité. Or « la vérité elle délivre d’abord. Elle console après. » Voilà pour ceux qui pensent que l’on peut s’en sortir avec des homélies passe-partout et conformistes.

Au service de la Parole

Le frère Franck Dubois, prédicateur lors du Rosaire à Lourdes

Le prédicateur n’est là ni pour endormir l’attention des fidèles, ni même les rassurer. Mais plutôt pour les réveiller et les tenir en garde. Le prédicateur devrait toujours être hanté par cette question redoutable : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Lc 18,8). Il dépend beaucoup de celui qui prêche de raviver la foi de celui qui l’écoute. Ceux qui prennent la peine de venir à l’Eglise le dimanche – ou en semaine – portent souvent une question fondamentale à laquelle la prédication devrait répondre : « Est-ce vrai ? » Ce que l’on a entendu proclamer dans les lectures de la Bible, est-ce vrai ? Il ne s’agit ni d’excuser la parole de Dieu pour ce qu’elle ne dit pas, ni de lui gommer ses aspérités, et il s’agit encore moins de parler d’autre chose. Le sujet c’est toujours : Dieu qui agit. Dans le texte biblique que l’on vient d’entendre, comme dans nos vies. Attention toutefois, on peut rapidement verser dans la provocation. Réveiller sous peine de choquer n’est pas une bonne chose. Celui qui provoque parle souvent plus de lui que de Dieu, il se met en avant alors que c’est la Parole qu’il doit servir, et non se servir de la Parole.

Se tenir sous la Parole

On peut certes faire rire en prêchant, et pleurer aussi. On peut aussi passer à côté de ce que l’on aurait voulu dire. Quoiqu’il en soit, une prédication n’est jamais une performance, car l’on n’est jamais à la hauteur de ce que l’on prêche. Autant donc prêcher à la hauteur de ceux à qui l’on s’adresse, parce que l’on n’est pas meilleur qu’eux. Ils comprennent peut-être mieux que nous le sens de la Parole, ils sont peut-être bien plus saints que nous. Et pourtant celui qui prêche ne peut pas se dérober, si un tel mandat lui a été confié. Peut-être peut-il se consoler en se disant que tous, prédicateurs et auditeurs, nous nous tenons sous la Parole, priant l’Esprit qu’elle nous révèle ses mystères, remerciant le Père qu’elle nous conduise vers son Royaume.

Fr. Franck Dubois, dominicain

(Visited 30 times, 1 visits today)

Aucun commentaire

Laisser un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Choose Your Style

Easily switch between different site layouts and header styles

SITE LAYOUT

HEADER STYLE

Facebook289
Facebook
Twitter2k
Visit Us
YouTube391
YouTube
Pinterest422
Pinterest
Instagram431