jeudi 12 décembre 2019
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Homélie du 4 décembre 2019

La liturgie de ce jour est traversée par un grand souffle d’espérance. Dieu vient lui-même au devant de nous pour nous consoler,  pour « essuyer les larmes sur tous les visages » (1ère lect.), pour nous guérir de nos maladies, de nos infirmités, de nos impuissances, et pour nous rassasier de paix, de joie, de bonheur, dans une convivialité paisible sous son regard.

Qu’il est doux de laisser ces paroles descendre en nous, nous pénétrer jusqu’au plus intime de nous-même, là où nous gardons comme une blessure la nostalgie d’un monde qui soit beau.

Nous le pressentons bien : il y a infiniment plus dans ces quelques versets que l’expression du désir de l’homme – nous ne l’aurions pas exprimé en ces termes ! C’est Dieu qui prend l’initiative et qui s’engage envers nous ; et à travers ses paroles et son agir en son Verbe incarné, nous pouvons percevoir quelque chose de l’infinie compassion de notre Père pour ses enfants égarés. Que le temps a dû paraître long à l’Eternel dans l’attente de l’incarnation.

Quelle douloureuse impatience devait étreindre son Cœur en nous voyant, errants comme un troupeau voué à la mort. Que son désir de venir « arracher le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples et le linceul qui couvrait toutes les nations » (Ibid.) devait le faire souffrir.

Mais « lorsque les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils ; il est né d’une femme pour faire de nous des fils » (Ga 4, 4-5). Le Seigneur exulte : le temps est enfin venu. Tremblant d’émotion il s’approche de nous et avec une infinie délicatesse, il se penche sur chacune de nos blessures. Jésus est tellement saisi par le triste état de notre humanité, qu’il en suspend sa prédication : son cœur est bouleversé de compassion pour ces « boiteux, aveugles, estropiés, muets et autres infirmes » qu’on lui présente.

Il se baisse, se met à leur hauteur, s’assied pour converser avec eux. Il prend du temps pour chacun : pensez donc, cela faisait si longtemps qu’il attendait ce moment ! Son amour se répand sur eux, les enveloppe, les pénètre jusqu’à la racine de leur être, les recrée, les guérit.

Comment ne pas nous écrier, avec l’intuition juste des petits qui n’étant pas rassasiés des biens de la terre, peuvent encore reconnaître le don du ciel : « Voici notre Dieu ; en lui nous espérions, et il nous a sauvés ; c’est lui le Seigneur, en lui nous espérions ; exultons, réjouissons-nous : il nous a sauvés ! » (1ère lect.).

Jésus sait bien cependant que la guérison accordée au corps n’est qu’un sursis : la souffrance reprendra inexorablement ses droits sur cette terre mortellement blessée par le péché. « J’ai pitié de cette foule : je ne veux pas les renvoyer à jeun ; ils pourraient défaillir en route ».

Notre-Seigneur se fait du souci pour nous : comment ce troupeau de brebis égarées, rassemblé quelques instants autour de son Seigneur, pourrait-il poursuivre sa route en l’absence de son Berger céleste ? Qui le protégerait contre les loups ? Qui le conduirait sur « les prés d’herbe fraîche et vers les eaux tranquilles » (Ps 22) ? Aussi, pour qu’aucun de ceux que le Père lui a confié ne se perde, « Ce jour-là, le Seigneur, Dieu de l’univers » (1ère lect.), « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1).

« Il prépara lui-même sur sa montagne », le festin des noces qu’il voulait sceller avec « tous les peuples ». « Il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le donna à ses disciples, en disant : “ Prenez, mangez : ceci est mon corps ”. Puis, prenant une coupe et rendant grâce, il la leur donna en disant : “ Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés ” » (Mt 26, 26-28).

Désormais nous n’avons plus à craindre aucun mal : car dans ce Pain vivant, Jésus est avec nous. Sa Parole est la houlette qui nous guide et nous rassure ; devant nos ennemis il prépare pour nous la table eucharistique et nous rassasie du viatique qui nous permet de traverser la mort ; il répand sur nos têtes le parfum de l’Esprit Saint.

Seigneur au milieu des ténèbres de ce monde, donne-moi de discerner les signes de ta présence. Donne-moi de te reconnaître dans le Pain partagé, qui nous incorpore dès à présent en toi et nous permet de déjà “habiter ta maison pour la durée de nos jours”.

Qu’au cœur des détresses de ce temps qui passe je puisse accueillir la grâce et le bonheur qui en toi m’accompagnent tous les jours de ma vie.

Et que fort de ta présence, je puisse devenir à mon tour témoin d’espérance au milieu de ce monde de souffrance, afin que les hommes de ce temps connaissent eux aussi la joie de “rendre gloire au Dieu d’Israël”.

Abbé Philippe Link

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