mardi 12 novembre 2019
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Le Grand séminaire de strasbourg : un peu d’histoire

Depuis sa création au lendemain du Concile de Trente, le séminaire du diocèse de Strasbourg a connu une histoire mouvementée qui commence à Molsheim pour finir à l’ombre de la cathédrale.

Il n’était pas possible d’appliquer à Strasbourg le décret du Concile de Trente qui exigeait la création d’un séminaire dans chaque diocèse, puisque la ville avait presque totalement passé à la Réforme. C’est la raison pour laquelle tout se joua, dans un premier temps à Molsheim, ville épiscopale, qui, de 1580 à 1681, connut son « Grand siècle ». L’évêque y appela les jésuites de la Province du Rhin Supérieur, qui, en 1580, y ouvrirent un collège, en 1584 un internat-séminaire ; en 1618 enfin fut inaugurée, avec un grand faste, une académie impériale et pontificale.

Après le rattachement de Strasbourg à la France en 1681, dans le cadre de la réintroduction du catholicisme dans la ville, Louis XIV y fonda un nouveau séminaire dès 1683 et le Collège royal en 1685, mais ce n’est qu’en 1702 qu’il réussit à obtenir le transfert de l’Académie de Molsheim ; elle prendra désormais le titre d’Université épiscopale de Strasbourg et fera contrepoids à l’université protestante du lieu.

Dans le but de promouvoir la langue française, ces institutions furent évidemment confiées à des jésuites français de la Province de Champagne, alors que leurs collègues allemands continuaient à œuvrer à Molsheim.

Ces institutions furent implantées au chevet de la cathédrale – le Séminaire dans l’ancien Bruderhof – en attendant la construction de locaux appropriés au XVIIIe siècle. Déjà au début du siècle, les jésuites s’étaient préoccupés de les doter de bâtiments plus vastes et plus adaptés, mais le nouveau Collège Royal (actuel Lycée Fustel de Coulanges) ne fut construit qu’en 1757. Expulsés en 1765, les jésuites ne virent plus le nouvel édifice du Séminaire, érigé entre 1769 et 1775 sur les plans – toujours conservés – de l’architecte parisien Houlié.

Le bâtiment, confisqué à la Révolution, abrite à nouveau le Séminaire qui en est devenu l’usufruitier de droit en vertu du Concordat de 1801. Entre temps, il avait servi de prison révolutionnaire, d’Ecole de santé avant d’abriter l’Université de Strasbourg qui mit bien du temps à quitter les lieux : il a fallu attendre 1823 avant que le Séminaire ne puisse rentrer dans ses murs. Il était réservé au régime nazi d’occuper les lieux de 1940 à 1944, pour y implanter les bureaux du Ministerium des Kultus und Unterrichts, obligeant les séminaristes à aller se former à l’université de Fribourg-en-Brisgau dans la mesure où ils ne tombaient pas dans l’uniforme allemand, comme incorporés de force, sur les champs de bataille de Russie ou d’ailleurs. C’est en octobre 1945 que le Séminaire ouvre à nouveau ses portes jusqu’à aujourd’hui.

Louis Schlaefli

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