mardi 12 novembre 2019
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Homélie du 2 novembre 2019

Nous avons tous un peu de mal à approcher la réalité de la mort, et encore plus à penser à ce qui nous attend « après » la mort.

Les questions sur « l’au-delà » sont nombreuses, et les réponses que nous y apportons sont souvent déformées par des expressions, des images exprimant des notions de lieux, de temps, qui rendent les choses encore plus confuses. 

Car au-delà de la mort, il n’y a plus de notion ni de lieu, ni de temps au sens terrestre, mais uniquement de Dieu. En mourant, nous nous retrouvons tous face à Dieu.

Dieu se montre alors à nous avec la toute puissance de son Amour et de sa miséricorde, et en même temps dans la pleine Lumière de la Vérité de ce qu’Il est, et de ce nous sommes.

Il n’a alors qu’un seul désir : nous faire entrer dans son cœur pour l’éternité.

Mais il ne veut pas s’imposer à nous par la contrainte, seulement par un libre consentement de notre part, par une adhésion totale et définitive à cette Vérité et à cet Amour qu’il nous révèle.

Le Paradis n’est qu’Amour, puisque Dieu n’est qu’Amour. Mais pour entrer dans une relation d’Amour, nous devons être libres d’accueillir cet Amour ou de le refuser, sinon, il n’y a pas de don libre de soi, et donc pas d’Amour.

Le refus de Dieu, au moment de notre mort, est donc tristement possible. C’est ce qu’on appelle l’enfer.

L’enfer, c’est le refus, en toute connaissance de cause, de Dieu, c’est le refus de la Vie, c’est l’enfermement définitif dans la mort, par le libre choix de l’homme.

Dieu n’a pas créé l’enfer, il fait tout pour nous éviter ce mauvais choix, mais il nous a créé libres de partager avec Lui son Amour.

Nier l’existence de l’enfer, c’est nier notre liberté de refuser Dieu, et c’est finalement nier la réalité même de l’Amour.

C’est réduire finalement le projet de Dieu à une grande mascarade.

Lorsque nous accompagnons dans la prière un défunt, nous ne nous plaçons donc jamais, bien évidemment, dans la perspective d’un refus de Dieu, mais au contraire d’une libre adhésion à l’Amour et la Vie éternelle que Dieu lui propose.

C’est la raison pour laquelle nous pouvons dire en mourant que nous ne mourrons pas, mais que nous entrons dans la Vie.

Nous pourrions dire d’une certaine manière, que notre prière, la messe de ce jour, est célébrée non pas pour des morts, mais pour des vivants, puisque nos fidèles défunts ont fait assurément le choix d’entrer dans la Vie divine.

Et cette affirmation ne relève pas d’un simple pari, mais de notre Foi dans le Christ Ressuscité, notre Foi dans l’Eglise et la communion des saints dont nous parlions hier, confiance que toutes nos prières pour nos défunts sont entendues et exaucées.

Cette Vie divine, le Ciel, le Paradis, c’est Dieu lui-même.

C’est donc la perfection du Bonheur, la plénitude de la Joie, l’Amour absolument parfait que rien ne peut venir entacher.

Lorsqu’à notre mort, nous nous retrouvons face à un tel don d’Amour, à une telle Lumière, nous ne pouvons que constater nos propres imperfections, nos manques d’amour.

Cette vérité sur nous même nous fait alors souffrir. C’est ce qu’on appelle le Purgatoire.

Nous sommes alors un peu comme des enfants qui auraient joué un peu trop longtemps dans les cavernes obscures du péché, et qui se retrouveraient brutalement devant le soleil de l’Amour de Dieu, et qui ne pourraient alors que se tenir les mains sur les yeux, le temps d’accoutumer leur cœur à tant d’Amour.

C’est durant ce purgatoire, cette purification, que les âmes de nos défunts ont besoin de nos prières, et tout particulièrement de la plus belle des prières que nous pouvons offrir à Dieu à leur intention : la messe.

Dans la messe, nous offrons à leur intention ni plus ni moins que le sacrifice réactualisé du Christ sur la croix et sa victoire sur la mort au matin de Pâques.

Il n’y a pas de plus belle prière adressée à notre Père du Ciel que celle que lui adresse son Fils unique sur l’autel par les mains du prêtre, pour les âmes du purgatoire.

Et il n’y a pas non plus de lieu plus doux et réconfortant pour nous unir à nos vivants-Défunts que l’Eucharistie qui unit alors toute l’Eglise du Ciel et de la terre dans un même et unique Amour : l’Esprit-Saint.

Écoutes nos prières avec bonté, Seigneur : fais grandir notre foi en ton Fils ressuscité des morts, pour que soit plus vive aussi notre espérance en la résurrection de tous nos frères défunts.

Abbé Philippe Link

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