mardi 17 septembre 2019
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Homélie du 8 septembre 2019

« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut être mon disciple » (Lc 14, 27). De même que la croix peut être réduite à un objet ornemental, “porter sa croix” peut aussi devenir une façon de parler.

Dans l’enseignement de Jésus, cette expression ne met cependant pas au premier plan la mortification ni le renoncement.

Elle ne se réfère pas d’abord au devoir de supporter patiemment les petites ou les grandes tribulations quotidiennes ; elle entend moins encore exalter la douleur comme moyen de plaire à Dieu.

Le chrétien ne recherche pas la souffrance pour elle-même, mais l’amour.

La croix accueillie devient alors le signe de l’amour et du don total. La porter à la suite du Christ signifie s’unir à lui, offrant ainsi la plus grande preuve d’amour.

On ne peut pas parler de la croix sans considérer l’amour de Dieu pour nous, le fait que Dieu veut nous combler de ses biens.

Par cette invitation : “Suis-moi”, Jésus redit à ses disciples non seulement : prends-moi comme modèle, mais aussi : partage ma vie et mes choix, dépense ta vie avec moi par amour pour Dieu et pour tes frères.

Ainsi le Christ ouvre devant nous le “chemin de la vie”, qui est hélas constamment menacé par le “chemin de la mort”. Le péché est le chemin qui sépare l’homme de Dieu et du prochain, provoquant la division et minant la société de l’intérieur.

Le “chemin de la vie”, qui reprend et renouvelle les attitudes de Jésus, devient le chemin de la foi et de la conversion.

C’est précisément le chemin de la croix. Il s’agit du chemin qui porte à se confier à lui et à son dessein du salut, à croire qu’il est mort pour manifester l’amour de Dieu pour tout homme ;

c’est le chemin du salut au sein d’une société souvent divisée, confuse et contradictoire ; c’est le chemin du bonheur de suivre le Christ jusqu’au bout, dans les circonstances souvent dramatiques de la vie quotidienne ;

c’est le chemin qui ne craint pas les échecs, les difficultés, les mises à l’écart, les solitudes, car il comble le cœur de l’homme de la présence de Jésus; c’est le chemin de la paix, de la maîtrise de soi et de la joie profonde du cœur. 

Ne soyons pas surpris si le Seigneur nous montre une fois encore la croix comme chemin de vie et de bonheur authentique.

L’Eglise croit et confesse depuis toujours que seule la croix du Christ est porteuse du salut. Si nous cherchons Jésus sans la Croix, nous risquons de trouver la croix sans Jésus, c’est-à-dire sans la force pour la porter.

Une culture largement répandue de l’éphémère, qui accorde de la valeur à ce qui plaît et semble beau, voudrait faire croire que, pour être heureux, il faut éviter la croix.

Comme idéal, on présente un succès facile, une carrière rapide, une sexualité séparée du sens des responsabilités et, finalement, une existence centrée sur l’affirmation de soi, souvent sans respect des autres.

Mais ouvrons bien nos yeux : ce n’est pas là le chemin qui fait vivre, mais le sentier qui plonge dans la mort. Jésus nous dit : « Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais qui perdra sa vie à cause de moi, celui-là la sauvera ».

Jésus ne nous laisse pas dans l’illusion : « Que sert donc à l’homme de gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? » (Lc 9, 24-25).

Par la vérité de ses paroles, qui retentissent durement mais qui remplissent le cœur de paix, Jésus nous révèle le secret de la vie authentique.

Alors, n’attendons plus, devenons disciples de Jésus-Christ !

Abbé Philippe Link

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