mardi 17 septembre 2019
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Homélie du 6 septembre 2019

Le Sacré-Cœur de Jésus que nous honorons aujourd’hui, comme tous les premiers vendredis du mois, fait toutes choses nouvelles. Il nous en parle dans l’évangile que nous venons d’entendre.

Pour entrer dans ce mystère de la Nouveauté dont Jésus nous parle aujourd’hui, il faut bien se représenter le contexte de ces trois petites paraboles.

Jésus a appelé Lévi, un collecteur d’impôt, un pécheur public pour en faire son apôtre et Lévi a organisé un grand festin dans sa maison pour fêter cette bonne nouvelle avec ses amis collecteurs d’impôts.

Et les pharisiens sont scandalisés de voir Jésus manger avec ces collecteurs d’impôts, et pactiser avec des pécheurs. C’est l’occasion pour Jésus de leur révéler quelque chose de la nouveauté de sa mission : « Je suis venu appeler non pas les justes mais les pécheurs (Mt 9,12) ».

C’est l’occasion de leur proposer trois petites paraboles pour les amener à se demander comment ils se laissent transformer par la nouveauté de sa Bonne Nouvelle.

La première arrive à la suite de la question des pharisiens sur l’absence de jeûne chez ses disciples. Alors Jésus leur répond par cette petite parabole qui suggère la Présence du Royaume de Dieu parmi eux à travers l’image de la noce et de l’Époux qui fait la fête avec ses invités.

Il leur dit : « on ne fait pas jeuner les invités quand la noce commence, quand l’Époux est avec eux (cf Lc 5,34) ».

Il faut avoir assez de mobilité, de souplesse vis-à-vis ses habitudes, ses pratiques anciennes, si honorables soient-elles, pour les ajuster aux divers moments de l’œuvre de Dieu : il y a un temps pour l’ascèse et ce temps-là n’est jamais révolu ; il y a aussi le temps de la joie pour les amis de l’époux mais c’est la présence de l’Époux qui provoque la transformation de ses habitudes.

Cette parabole nous concerne : acceptons-nous de remettre en question nos habitudes, nos pratiques anciennes, quand l’Époux est là parmi nous pour la noce ; il vient faire toutes choses nouvelles et nous en premier : des créatures nouvelles.

Dans la seconde parabole, Jésus va plus loin pour suggérer que le Royaume de Dieu, la Présence de l’Époux, produit une transformation radicale de nos vies, pas un simple raccommodage, pas un simple rafistolage : 

   « Personne ne raccommode un vieux vêtement avec une pièce d’un vêtement neuf. (cf Lc 5,36) »

Si on le fait, au lieu de réparer, on prépare de plus grandes déchirures.

Jésus ne vient pas rafistoler nos vieilles habitudes de vie. En mangeant avec les pécheurs, Il fait vivre une expérience de Dieu qui transforme complètement la vie.

Le monde dans lequel nous vivons essaie seulement de soulager ou de mettre un morceau de tissu sur la déchirure de nos vies. Mais ce dont nous avons besoin est un nouvel habit, pas un ancien raccommodé.

Jésus n’est pas venu pour raccommoder, mais pour pardonner et purifier ! Il apporte, non de nouveaux morceaux, mais de nouveaux habits de justice !

Dans la troisième petite parabole, Jésus évoque la puissance de la vie nouvelle qu’il apporte : « Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres. (Lc 5,37) »

Il y a quelque chose de nouveau dans la Bonne Nouvelle : Nous n’avons pas à fournir l’outre nouvelle, comme si nous devions et pouvions, par nos seules forces, adapter notre cœur à la pression de l’Évangile.

La grâce de Jésus ne s’arrête pas à mi-chemin : elle nous donne à la fois le contenu et le contenant. En même temps qu’elle verse le vin nouveau, elle rajeunit l’outre de notre cœur. À vin nouveau, outres neuves, et tout vient de Dieu.

Ce qui nous revient, c’est de laisser Dieu transformer l’outre qu’est notre cœur, c’est d’accepter à longueur de vie la pression du vin, la pression de l’amour de Dieu, c’est de laisser vieillir le vin dans son outre aussi longtemps que Dieu voudra.

Car lorsqu’on a reçu de Dieu et le vin nouveau et l’outre nouvelle, il faut encore du temps, beaucoup de temps, et toute notre vie, le vin nouveau reste en nous espérance de bon vin, tout comme l’Évangile qui est versé en nous reste pour nous espérance de sainteté.

Abbé Philippe Link

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