mardi 17 septembre 2019
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Mgr Ravel : la conversion, clef de la transmission de la foi

Comme chaque mois, retrouvez la parole libre de Mgr Ravel.

Transmettre la foi n’est pas travailler à convaincre mais à convertir. Toujours, nous buterons sur cette particularité de la foi si nous restons dans le cadre d’une transmission « classique ».

Dans cette dernière, les arguments, scientifiques ou commerciaux, entraînent la conviction.

Ils emportent l’adhésion intellectuelle.

Ils éveillent la raison et la forment en lui apportant contenus et méthodes, l’apprentissage ayant toujours visé les deux.

Mais transmettre la foi ne peut pas être assimilé à la transmission habituelle de connaissances acquises. Elle réclame une conversion personnelle chez l’auditeur.

En ce sens, elle ne réussira pas toujours, malgré une excellente pédagogie et un enthousiasme « divin ».

Régulièrement revient ce mot de conversion dans la bouche du Christ et du pape François.

Il surgit en nous comme une évidence parce que l’esprit se concentre sur l’objet de la conversion qu’elle soit spirituelle, pastorale, synodale, écologique. Or, que la conversion porte sur des domaines différents n’explique pas son mécanisme et sa nécessité.

C’est avant tout sur la conversion elle-même qu’il nous faut réfléchir.

Un avant et un après

Le mot de conversion renforce l’idée de changement qu’introduit déjà le nom d’évolution.

S’améliorer, progresser, se perfectionner, évoluer : la langue française ne manque pas de verbes pour désigner un changement progressif, continu et contrôlé.

Mais « se convertir » indique quelque chose de plus brutal, de plus radical, une bousculade incontrôlée.

On y entend une rupture avec un avant et un après : le converti passe d’une rive à l’autre.

Après la conversion, l’homme vit selon un autre régime de pensée et de cœur, avec une force de nouveauté absolue.

Peut-être le coup de foudre serait-il l’image la plus pénétrante pour aborder la notion de conversion.

Grâce à la découverte de cet autre visage aimé jusqu’à la folie, le monde tout entier change.

Tous les référentiels antérieurs semblent très distants, comme s’ils s’étaient éloignés d’un coup, projetés à l’horizon, sans plus d’influence consciente sur la vie présente.

Ils appartiennent au passé comme un étage de fusée qui s’est détaché pour permettre une nouvelle étape, plus réelle que celle qui la précédait.

Cette approche « instinctive » de la conversion n’élimine pas les questions de fond. Peut-on aller plus loin dans l’analyse de la conversion en tant qu’acte intérieur ?

Peut-on aussi en indiquer les étapes préparatoires, les mécanismes qui la permettent ou qui la provoquent ?

Et enfin, pourquoi faut-il que l’homme se convertisse ? Ne peut-il donc pas évoluer dans la continuité sans ces sauts dans l’inconnu que représente chaque conversion ?

Cette dernière question touche l’humanité même dans son socle intangible.

Dans la Bible, un homme providentiel assume et résume la conversion, c’est Jean le Baptiste.

Le Christ lui reconnaît ce « baptême de conversion » avec de l’eau et il reprend à son compte l’essentiel de la prédication johannique : « Convertissez-vous car le Royaume est tout proche. » Qu’il patronne nos conversions !

+ Mgr Luc Ravel,
archevêque de Strasbourg

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