dimanche 16 juin 2019
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Mgr Ravel : rencontre avec des élus alsaciens

À l’occasion de ses visites pastorales à travers le territoire alsacien, Mgr Ravel a eu l’occasion de rencontrer un certain nombre d’élus locaux.

C’est dans la maison de la nature du Ried et de l’Alsace centrale, à Muttersholtz, que Mgr Ravel a échangé avec les élus de la zone pastorale de Sélestat. En pleine période de l’Avent et quelques mois après son arrivée à la tête du diocèse de Strasbourg, Mgr Ravel y découvre le « chant bien doux » d’une « laïcité sereine et sans effet destructeur ». Il témoigne : « Vos sentiers de crèches, ces chemins de Noël parcourus à la nuit, effacent (…) les grincements d’une laïcité aigrie, celle que l’on entend ailleurs en France, celle qui chasse les croix et prolonge l’amnésie de nos racines chrétiennes. Cette laïcité lumineuse culmine avec Noël. Elle pourrait devenir un laboratoire pour le reste de la France. » Au cours de cette rencontre, plusieurs questions ont été abordées avec la vingtaine d’élus présents, parmi lesquelles les difficultés financières auxquelles ils sont confrontés, ou encore la question de leur lien avec les Églises au niveau local.

Dans le Sundgau, la rencontre avec les élus locaux a également été dense et riche, avec des échanges d’une grande qualité. Rémy With, vice-président du conseil départemental, a brossé le portrait de cette zone rurale du sud de l’Alsace. Puis à travers un débat ouvert, des questions de fond ont été adressées à Mgr Ravel, qui a pu ainsi apporter son éclairage sur la question de la « laïcité intelligente », rappelant « qu’elle n’existe que dans un dialogue et une écoute permanente entre les autorités ». La bioéthique a également été au cœur de l’échange, l’archevêque soulignant qu’il « serait intéressant de pouvoir faire entendre la voix de l’Église au-delà de son cercle habituel, à condition d’avoir un discours audible ».

Agnès Hernandez et Véronique Itty

Interview de Patrick Barbier, maire de Muttersholtz

Carrefours d’Alsace : Monsieur le maire, peu de temps après l’installation de Mgr Ravel à la tête du diocèse de Strasbourg, vous avez accepté de le recevoir chez vous à Muttersholtz. Pourquoi lui avoir ouvert vos portes ?

Patrick Barbier : Pour moi, c’était une évidence ! L’archevêque est une personnalité publique d’une grande importance pour notre territoire et notre population, bien au-delà des convictions religieuses, en particulier en Alsace avec le Concordat. Lorsque l’animatrice de la zone pastorale de Sélestat, Anne Fuchs, m’a demandé si j’acceptais de recevoir les élus locaux en présence de Mgr Ravel dans la maison de la nature, j’ai tout de suite trouvé l’idée excellente ! Il s’agit d’un bâtiment de l’intercommunalité centré sur les questions environnementales. Quelques temps auparavant, le pape François avait publié l’Encyclique Laudato Si’. Elle montre combien les questions écologiques et spirituelles sont liées, tant elles touchent fondamentalement à l’Homme. À ce moment-là, Muttersholtz venait d’être élue capitale française de la biodiversité. C’était donc le lieu idéal pour accueillir cette rencontre dans les meilleures conditions ! L’ambiance était d’ailleurs très chaleureuse. J’ai le souvenir d’une rencontre avec un homme d’apparence jeune, sportive, tenant des propos clairs. Mgr Ravel a été très cordial avec l’ensemble des élus présents.

C.A : En tant que maire, comment voyez-vous le lien entre les instances publiques et les représentants des religions ?

P.B : Muttersholtz est historiquement un village tri-confessionnel, avec la présence des religions juive, catholique et protestante. Dans les archives municipales, on ne trouve pas de trace de conflits interreligieux : c’est important de le souligner. Le 30 avril 2019, Muttersholtz a été la première commune alsacienne à poser des Stolpersteine, pierres de mémoire créées par l’artiste allemand Gunter Demning, en souvenir de ses habitants, de confession juive, déportés et exterminés dans les camps de la barbarie nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Le curé et le pasteur de la ville étaient présents pour cet événement important, qui s’inscrit dans un devoir de mémoire universel et qui témoigne de la nécessité du vivre-ensemble.

En tant que maire de Muttersholtz, j’ai de bons rapports avec les communautés protestantes et catholiques locales. Personnellement, je ne me réjouis pas que les églises se vident. La politique concerne la gestion du vivre-ensemble, mais on ne peut pas remplacer la question du sens. D’ailleurs, il est dommage que dans notre société, les préoccupations matérielles soient complètement déconnectées des préoccupations spirituelles. Même si, aux moments importants de la vie, comme les enterrements, l’Église reprend souvent toute sa place.

 

Propos recueillis par Agnès Hernandez

 

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