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AccueilDossiersMai 2019Des Alsaciens au Parlement européen

Des Alsaciens au Parlement européen

Le Parlement européen emploie au total quelque 8 000 fonctionnaires et autres agents. Parmi eux, des alsaciens apportent chaque jour leur pierre à la construction européenne, chacun à leur manière.

Le paradis des traducteurs

S’il est une chose que je dois à ma région natale, l’Alsace, c’est ma vocation pour les langues. Naître dans une région limitrophe ouvre naturellement aux langues et cultures étrangères. J’ai grandi, fait mes études et aussi mes premiers pas professionnels dans cette région avant de venir m’installer au Luxembourg. Le dialecte alsacien est ma « langue » de cœur, celle que j’ai apprise avant même le français. D’autres langues ont suivi : l’allemand, l’anglais, l’espagnol et le slovène. Je suis traductrice de formation. Ce lien avec l’Alsace reste très prégnant, je m’y rends pour la session plénière du Parlement européen où je travaille depuis 16 ans. Avec 24 langues officielles, le Parlement européen est le paradis du traducteur. Voilà pourquoi j’ai opté pour le Parlement après avoir réussi mon concours. À présent, je dirige une équipe de 15 personnes, chargées de parfaire des textes originaux anglais et français rédigés par des locuteurs dont ce n’est pas la langue maternelle. D’une certaine manière, nous soignons leurs mots. Ces textes sont ensuite traduits dans les 23 autres langues officielles de l’Union européenne par nos collègues. D’où l’importance de disposer de textes originaux d’excellente facture. Cette qualité des textes du Parlement européen traduit également le souci de clarté que nous avons au quotidien dans les mots que nous employons pour être compris du plus grand nombre de citoyens. Là réside la mission de mon équipe qui voit son avenir dans cet effort de rédaction claire, pour tous.

Cathy Waibel, traductrice

Plus de bonheur grâce à l’Europe

J’ai 27 ans de carrière au Parlement européen à Luxembourg. Je suis depuis 4 ans et demi directeur général des finances au secrétariat général. Avec 250 collaborateurs, je suis responsable de la préparation et de l’exécution du budget du Parlement européen, s’élevant à 2 milliards € par an. Originaire d’une terre de frontières, qui a connu deux grandes guerres, j’ai compris l’apport de l’Union européenne à la concorde et à la fraternité entre les peuples. Si on aime voyager, quoi de plus beau que des frontières invisibles, une monnaie unique, le brassage des jeunes par les échanges universitaires d’Erasmus… Il est important de militer pour ces acquis. La devise de l’Union européenne est « Unis dans la diversité » et je la partage totalement. L’homme aime à la fois se différencier mais également se regrouper. Il y a ainsi un besoin de s’organiser selon la nature des problèmes au niveau local, régional, national, européen avec une culture et une façon de vivre qui nous sont propres et qu’il convient de défendre et de préserver. J’ai eu la chance d’être présent dans l’hémicycle lorsque le pape François a prononcé son discours le 25 novembre 2014. C’était un moment très fort avec une grande écoute d’un hémicycle bondé, lorsque de sa voix profondément méditative il rappelait les valeurs chrétiennes de l’Europe et encourageait à poursuivre inlassablement sa construction. Mon espérance pour l’avenir? De voir les valeurs de l’Union européenne demeurer plus attractives que les mouvements actuels de repli, d’égoïsme et de rejet. L’Europe contribue à apporter plus de potentiel de bonheur à ses citoyens à travers les protections qu’elle génère ; un espace juridique bien organisé, envié par beaucoup de puissances étrangères ; le partage des cultures et des valeurs et tout simplement comme garant de la démocratie et de la liberté de circuler. Seule l’Europe peut nous préserver un espace de stabilité économique nécessaire à un haut niveau de garanties sociales indispensables au bien-être de chacun.

Didier Klethi, originaire de Kesseldorf

Servir et sourire

Née de parents alsaciens, je suis bilingue et fière de l’être ! Je travaille comme responsable commerciale de la société externe Compass Group France qui gère la restauration au Parlement depuis 1980. La cuisine que nous proposons va du sandwich au gastronomique. Dans notre self-service, nous servons 2500 couverts les mardis et mercredis de session et 400 couverts hors sessions. La  majeure partie de l’activité se passe sur quatre jours dans le mois, soit la session parlementaire. Non pas que nous soyons désœuvré  pendant trois semaines, loin de là ! Hors session, nous préparons la session suivante, avec les réservations,  les plannings. Tous les six mois, nous préparons des spécialités du pays désigné pour occuper la présidence du Conseil. Lors de chaque repas officiel, un produit du pays de l’invité est mis en avant. Ce n’est pas toujours facile de trouver les produits mais j’arrive toujours à m’en sortir ! Une semaine gravée dans ma mémoire ? La cérémonie du décès de Mr Helmut Kohl le 1er juillet 2017. En même pas quatre jours, j’ai dû organiser un cocktail pour 800 personnes. J’ai pleuré, non pas pour le chancelier, mais de soulagement quand la pression est tombée ! Quand le pape François est venu,  je n’ai jamais vu autant de personnes au Parlement mais je n’ai pas eu le temps de le voir. J’ai l’honneur de servir les grands de ce monde politique mais chaque client est important et j’accorde autant d’importance à servir un président qu’à sourire à une femme de ménage.

Caroline Rudolf, responsable de la restauration

Mission protection

Issue d’une ancienne famille de chocolatiers alsaciens, Catherine Schaal occupe le poste de responsable de la sécurité incendie-premiers secours au Parlement européen à Strasbourg. Auparavant, elle exerçait la profession d’avocate au barreau de Luxembourg, avec une spécialisation dans le domaine du contentieux : « une expérience très formatrice. » Un jour, elle a eu envie de donner une nouvelle orientation à sa carrière professionnelle : « En 2001, j’ai réussi le concours d’entrée aux institutions européennes. » Sa mission de responsable de la sécurité incendie-premiers secours recouvre des aspects très larges comme la protection des biens et des personnes au sens large, sans oublier un aspect lié à la prévention : « En cas de travaux, je suis sollicitée afin de vérifier si les lieux sont accessibles aux PMR (Personnes à Mobilité Réduite) et si les issues de secours respectent la législation. » Cette juriste de formation n’a pas tourné le dos au droit : « En effet, en entrant au parlement en 2001, j’ai continué à exercer le droit auprès d’un directeur général que je conseillais à l’époque. Aujourd’hui, tout ce qui concerne le domaine de l’incendie est très règlementé. La législation française est très stricte et c’est très bien comme cela. » Depuis 2016, année de sa mutation à Strasbourg, elle gère une unité de de 80 pompiers. Dans l’exercice de sa mission, elle veille à avoir une bonne collaboration avec les autorités nationales : « En cas d’incendie, si un pompier ne connait pas les lieux, cela risque d’être compliqué. » Force est de constater que les femmes sont peu nombreuses à occuper une telle mission : « Il faut être costaud dans ce métier. Heureusement, le sport me permet d’évacuer le stress. » Ses yeux rivés en permanence sur deux PC-Incendie, elle n’a pas eu beaucoup le loisir de venir saluer le pape François, lors de sa venue à Strasbourg en 2014. « Les visites des personnalités sont toujours des temps forts », conclut Catherine Schaal, qui vient juste de  terminer un exercice d’évacuation.

Catherine Schaal, responsable de la sécurité incendie-premiers secours au parlement européen

 

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