samedi 19 octobre 2019
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Les religions dans la construction de l’Europe

S’interroger sur la place des religions dans la construction de l’Europe peut paraître un peu superflu à la veille de ce rendez-vous électoral. Il est bon de rappeler pour commencer ce que dit l’article 17 du Traité de Lisbonne.

« Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique, l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces Églises et organisations. » Or, nous sommes dans un monde culturel qui dissout le religieux. Les religions et surtout les monothéismes, peuvent donner le meilleur comme le pire car elles peuvent confondre l’absolu de Dieu avec l’absolu de l’institution religieuse. Ainsi, l’engouement pour le bouddhisme se transforme en attrait pour la méditation affranchie de toutes institutions. La distance par rapport à cette prétention d’absoluité et la promotion de la liberté religieuse permettent aux religions d’être constructives dans l’espace public et notamment en Europe. 

Un faux rapport au religieux

Nous devons vaincre l’obstacle qui fausse et empêche le rapport au religieux. Certes, on peut se dire légitimement que le religieux, c’est la violence mais c’est tout de même bien l’État qui, par exemple, a armé deux guerres mondiales. L’Europe est un continent belliqueux et ce n’est pas le fait dominant des religions. Car le christianisme et les grandes religions recèlent des valeurs : la dignité de la personne, la promotion de la paix, la solidarité, la condamnation de la guerre et du terrorisme, la liberté d’expression et le dialogue, la démocratie, l’égalité. Parmi ces valeurs, il convient de souligner la place particulière de la dignité humaine perçue comme bien commun de l’humanité

L’oubli de Dieu peut être lourd de conséquences

Face au risque d’une culture voire d’une spiritualité sans religion, il me paraît important de souligner le lien profond qui existe entre la cohésion humaine et les religions. Le 25 novembre 2014, au Parlement européen, le pape François affirmait : « (…) Je suis convaincu qu’une Europe capable de mettre à profit ses propres racines religieuses, sachant en recueillir la richesse et les potentialités, peut-être plus facilement immunisée contre les nombreux extrémismes qui déferlent dans le monde d’aujourd’hui, et aussi contre le grand vide d’idées auquel nous assistons en Occident, parce que ‘c’est l’oubli de Dieu, et non pas sa glorification, qui engendre la violence’ » De même, la visée de l’Europe c’est la paix et la réconciliation. D’un côté, les religions portent le souci d’aider l’humanité à faire la paix en veillant sur le respect de la dignité humaine et particulièrement prenant en compte la fragilité se vit au travers de multiples appartenances. De l’autre, ce souci s’incarne notamment au sein d’une Europe gouvernée par des États laïcs, dans un contact permanent des religions avec la société civile et dans un espace public. Les religions ont un rôle de veille. Elles ne se réduisent pas à l’identitaire, mais sont au service du bien commun de la société. Chacune et en dialogue, la présence des religions est indispensable à l’écosystème. Prôner une laïcité qui excluent les religions ne peut que conduire à un appauvrissement, préjudiciable à toute l’humanité. Ce rendez-vous électoral est une opportunité pour en prendre conscience.

Frère Bernard Senelle, Aumônier au Parlement européen

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