mercredi 21 août 2019
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Édito : voter pour une Europe de la fraternité

Chaque mois, retrouvez l’édito de Marc Larchet, directeur du service de communication du diocèse d’Alsace.

« Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant l’Europe ! l’Europe ! l’Europe !… mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien« 

lançait au moment des élections présidentielles de 1965, le Général de Gaulle. Cette expression, devenue culte, mettait déjà en avant, il y a plus de 50 ans, l’énorme difficulté à, poser les bonnes bases d’une Union d’Etats capable de placer la personne humaine au cœur de leurs politiques publiques.

Du chemin a cependant été fait et pas des moindres. A l’heure des incertitudes liées aux dispositions qui accompagneront la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, nous ne pouvons que nous réjouir de la liberté de circulation entre les Etats, de la simplicité dans la vie quotidienne née d’une monnaie commune, de l’harmonisation des réglementations, de l’échange des biens et des services. Les plus de 50 ans, dont je fais partie, se souviennent certainement, sans aucune nostalgie, des longues attentes pour traverser le Rhin et rejoindre l’Allemagne. Circuler librement appelle une confiance de relations qui est déjà la marque d’une humanité plus fraternelle. Revenir en arrière, ériger de nouveaux murs frontaliers, seraient une terrible défaite pour cette aventure européenne qui repose sur le principe de la main tendue.

Au fil des années, le rôle du Parlement européen n’a cessé de se renforcer. Depuis 1979, les représentants des peuples des Etats de l’Union sont élus au suffrage universel, et ils ont aujourd’hui des compétences législatives et budgétaires aux côtés du Conseil des ministres nommés par les Etats. Ils ont aussi une compétence de contrôle de l’exécutif de l’Union européenne en pouvant censurer la Commission. Le président de la Commission européenne est d’ailleurs élu par le Parlement et les membres de la commission sont soumis à son approbation.

Pour nous Alsaciens, la place du Parlement européen à Strasbourg, en binôme avec Bruxelles, reste un enjeu capital. Il symbolise la position centrale de Strasbourg au cœur de l’Europe. Il témoigne de l’improbable réconciliation après des décennies de haine et de guerre.

Cette obstination à dépasser les combats passés, à panser patiemment les blessures des peuples pour construire une Europe de la paix est le fruit de l’engagement de chrétiens responsables publics. Ils ont voulu croire que le message de l’Évangile pouvait trouver sa traduction dans l’orientation des politiques d’Etats. Merci à Robert Schuman, merci à Konrad Adenauer comme à Alcide de Gasperi. Vos volontés politiques portées par vos convictions religieuses restent des exemples pour les générations du XXIè siècle.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le rappelait lors de sa récente rencontre avec les membres de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE) :

« la doctrine sociale de l’Eglise est un socle pour la construction européenne. Nous avons à nous en inspirer pour servir l’Homme avec plus de justice et de solidarité ».

Le 26 mai, nous sommes invités à élire nos 79 parlementaires européens. Prenons nos responsabilités, exprimons, par notre bulletin de vote, notre désir d’Europe. Allons voter pour dire au monde que les Européens agissent unis, malgré les difficultés, malgré les désenchantements, pour créer un espace démocratique où la fraternité et la solidarité sont les poumons d’un projet politique impulsé par l’union des peuples.

Nous avons la chance de choisir librement nos représentants et à travers eux une conception de l’Europe. Ne boudons pas  cette opportunité précieuse. La démocratie a besoin de l’expression de chaque citoyen, à lui ensuite de rappeler aux élus l’engagement sur lequel ils sont devenus les représentants du peuple. Une fois l’élection passée, l’histoire ne fait que commencer. Nous ne pouvons-nous dessaisir de notre responsabilité d’électeur. Notre action est nécessaire pour que l’élu se sente engagé à mettre en œuvre ce qu’il a promis. Nous sommes l’Europe, confirmons-le !

Marc Larchet

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