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Homélie du 12 avril 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Étonnant dialogue : en réponse à Jésus qui leur offre sa Parole de vie, les juifs veulent lui lancer des pierres pour le tuer !

Sans s’en rendre compte, ils confirment par leurs œuvres qu’ils ont pour père le démon dont ils cherchent à réaliser les projets, lui qui est menteur et homicide dès les origines (cf. Jn 8, 44). Notre-Seigneur aurait pu dire à ses adversaires « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à me jeter la pierre » (cf. Jn 8, 7). Mais ce serait détourner la controverse de son véritable enjeu, à savoir l’identité, l’origine de ce Rabbi blasphémateur. Aussi Jésus préfère-t-il poursuivre son argumentation.

Avec une étonnante patience qui ne peut procéder que de l’amour, il invite encore et encore ses interlocuteurs à réfléchir sur l’incohérence de leur attitude. Les juifs en effet reconnaissent que Jésus a accompli des « œuvres bonnes » ; or « chacun sait que Dieu n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce » (Jn 9, 31). Comment dès lors peuvent-ils l’accuser de blasphème ? Si réellement il mentait et revendiquait abusivement l’égalité avec Dieu son Père (cf. Jn 10, 30), il serait incapable de poser le moindre signe car il est évident que la grâce divine ne coopère pas avec un blasphémateur. Auquel cas, les juifs auraient raison de « refuser de croire en lui ». Mais dès lors que Notre-Seigneur accomplit des œuvres qui témoignent de la faveur de Dieu, ceux qui les constatent sont bien obligés de prendre en compte l’interprétation qu’il en donne et qui éclaire son identité.

Ce que Jésus affirme n’est d’ailleurs pas si choquant : l’Écriture elle-même n’affirme-t-elle pas au psaume 82 (81) que les dépositaires de la Parole peuvent être appelés « des dieux » ? Bien plus : l’espérance d’Israël décrit le Messie en termes de filiation divine. Le psaume 2 met sur les lèvres de Dieu lui-même ces paroles adressées au Messie :

Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui je t’ai engendré (Ps 2, 7).

Les œuvres bonnes accomplies par Jésus plaident donc en faveur de la vérité de sa parole : il est ce Fils tant attendu, « celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde » « afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais obtienne la vie éternelle » (Jn 2, 16).

Avec une profonde humilité, et poussé par le seul souci de sauver ces hommes que le Père lui a confiés, Jésus s’efface davantage encore, et consentant à ce que les Juifs ne croient pas en lui, il les exhorte à « croire au moins les œuvres », c’est-à-dire à reconnaître que Dieu est à l’œuvre en lui et à travers lui. Car il sait bien que s’ils concèdent ce point – qui devrait être évident vu la nature des signes accomplis – ils découvriront par la force des choses « que le Père est en lui et lui dans le Père ».

La logique n’a pas pu échapper à ses opposants ; mais comme il était hors de question pour eux de s’acheminer vers une telle conclusion, ils préfèrent rejeter en bloc tout le raisonnement, et faisant la sourde oreille, ils « cherchent de nouveau à l’arrêter ». C’est cet aveuglement volontaire que vise Notre-Seigneur lorsqu’il dit :

Celui qui ne veut pas croire est déjà jugé. Et le jugement le voici : quand la lumière est venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. En effet, tout homme qui fait le mal déteste la lumière : il ne vient pas à la lumière, de peur que ses œuvres ne lui soient reprochées (Jn 2, 18-20).

Jésus « leur échappa », et se retire en Transjordanie, « à l’endroit où Jean avait commencé à baptiser ». Notre-Seigneur laisse chacun de nous avec sa conscience, confronté à la fois aux « œuvres bonnes » qu’il a accomplies sous nos yeux, et à nos propres œuvres, nettement moins glorieuses.

Si en constatant le contraste flagrant, nous reconnaissons notre péché et la justice de celui qui nous parle, si nous acceptons de croire en lui, nous échappons au jugement (cf. Jn 2, 18), « car Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé » (Jn 2, 17). « Mais du moment que nous disons : “Nous voyons !”, notre péché demeure » (Jn 9, 41).

Je t’aime, Seigneur, ma force” (Ps 17), toi qui as envoyé ton Fils Jésus-Christ, dans notre monde pour y faire resplendir ta gloire. Donne-moi de pouvoir discerner les signes de ta bonté en ma faveur, de les accueillir avec reconnaissance, et de venir à la lumière de ta miséricorde pour y plonger toutes les ténèbres de mes œuvres mauvaises. Je pourrai alors te chanter de tout notre cœur, toi “qui a délivré le pauvre du pouvoir des méchants” (1ère lect.), “Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !” (Ps 17).

Abbé Philippe Link

 

 

 

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