samedi 25 mai 2019
Se connecter    /S'inscrire    /

Homélie du 24 mars 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

 

Le Christ – dont l’Évangile de Luc est le seul à nous rapporter ces propos – aborde aujourd’hui un des problèmes qui est parmi les plus difficiles à vivre et même à comprendre : le problème du mal et du malheur.

Drame de l’oppression ici, qui se solde par des meurtres ; drame des catastrophes là, qui se chiffrent en victimes.

La Bible elle-même, comme à travers les livres de Job ou des psaumes, y revient sans cesse, sans parvenir pour autant à y donner une réponse adéquate et satisfaisante.
Car le mal est finalement inintelligible.
Paul va même jusqu’à parler du mystère de l’iniquité (2 Th 2,7).

En face de cela, le Christ ne cherche pas à éviter la réalité scandaleuse des faits.
À ceux qui évoquent devant lui le massacre des Galiléens par Pilate (Lc 13,1), il rappelle aussi la chute de la tour de Siloé.
Jésus ne se voile pas les yeux en face des épreuves de notre existence : il s’en fait même profondément solidaire, acceptant, le premier, de devenir, un jour, lui, le Galiléen, la victime de Pilate (Mc 15,15) et le crucifié de Jérusalem (Lc 13,33).

Il ne se contente pas non plus de proposer une explication théologique, une consolation spirituelle à ce drame du mal dont, chaque jour, nous percevons l’écho et dont nous subissons à quelque titre les conséquences.
Il va jusqu’à nous dire où est la cause de tout mal et le moyen le plus vrai pour le dépasser et pouvoir le supporter. Et c’est en ce sens que l’évangile de ce jour devient pour nous, au milieu de tous nos brouillards, une source d’espérance et de lumière.

Dieu ne provoque jamais le mal. Dieu est Dieu !
En lui est la Vie, l’Amour, la Beauté, la Paix.
Si Dieu est Dieu, il est, par définition, la Source de tout ce qu’il y a dans l’univers de beau, de bon, de vrai, de vivant, de joyeux.
Tout ce qui est donc à l’opposé de ce qu’il est
– la tristesse, la laideur, discorde, la souffrance, la mort – non seulement ne peut venir de lui, mais encore est refusé par lui.
Le Christ a combattu le mal jusqu’à le prendre sur lui et le clouer avec lui sur la croix, au point d’être devenu lui-même malédiction pour nous, comme ose l’écrire l’apôtre Paul (Ga 3,13).

Dieu, lui-même, le premier, souffre de ce mal, souffre pour tout ce mal ! Comme un père, comme une mère, comme un frère, comme un époux, comme un ami, il souffre en son amour de nous voir nous-mêmes nous enfoncer vers les conséquences de notre propre refus.
Ce Dieu qui avertit, supplie, menace, pleure, tonne, soupire, crie, c’est un Dieu d’amour qui parle aux hommes comme un homme pour en être enfin entendu, compris, aimé (Ex 34,6 ; Jn 3,16 ; 15,9 ; 1 Jn 4,8). Et pour que ses fils, ainsi avertis éclairés, enseignés (Jn 6,45), soient vraiment et enfin libérés et sauvés !
Et qu’ils ne restent pas plantés là, comme un figuier stérile, mais comme un arbre bon qui donne de bons fruits (Lc 13,6-9).

Au cœur de ce temps de grâce du Carême, voici que le Christ s’approche de chacun de nous et nous demande :
Qu’y a-t-il sur l’arbre de ta vie ?
Et devant chacun de nous, le Maître et le Vigneron, c’est-à-dire le Père et le Fils, dans la lumière de l’Esprit, s’interrogent et mutuellement, dans leur tendresse, intercèdent pour nous : Laisse-le cette année encore, le temps que je creuse autour (Lc 13,8).
Peut-être au cours de ce carême se convertira-t-il un peu ?
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir (13,9) ?

Si nous savions la joie de Dieu,
Jésus va même jusqu’à dire : la gloire de mon Père (Jn 15,8), quand il peut contempler de bons fruits produits par l’arbre de notre vie !

Tu es la source de toute bonté, Seigneur, et toute miséricorde vient de toi ; tu nous as dit comment guérir du péché par le jeûne, la prière et le partage ; écoute l’aveu de notre faiblesse: nous avons conscience de nos fautes : patiemment relève-nous avec amour.

Abbé Philippe Link

 

 

 

Se nourrir spirituellement pendant le Carême

Inscrivez-vous pour recevoir quotidiennement l’homélie du jour pendant le Carême.

(Visited 417 times, 1 visits today)

Etiquettes

Partager

dernier commentaire

  • Attention à la mise en page ….
    Dans l’homélie d’aujourd’hui 24 mars, les séparateurs apparaissent dans le texte, et aussi déja plusieurs fois dans le passé. Merci pour les lecteurs qui subissent la gêne !
    Gérard

Laisser un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Choose Your Style

Easily switch between different site layouts and header styles

SITE LAYOUT

HEADER STYLE

Facebook259
Facebook
YouTube391
YouTube
Pinterest139
Pinterest
Instagram431