jeudi 25 avril 2019
Se connecter    /S'inscrire    /
AccueilDossiersavril 2019Alsace : rencontre avec des jeunes manouches

Alsace : rencontre avec des jeunes manouches

Isis, Gégé et Marine font partie de la génération des 15-35 ans. Ces jeunes, issus de la communauté des gens du voyage, assument leur culture d’origine, tout en vivant avec leur temps.

Gégé, 32 ans, vit avec son épouse et sa fille dans un chalet en bois, situé à Geispolsheim. Mais seulement pendant l’hiver ! À partir du mois de mai, il partira en voyage dans sa caravane, accompagné de sa famille. C’est aussi le cas pour Marine, sa cousine de 15 ans, qui vit dans une caravane avec ses parents sur le terrain du Baggersee, réservé aux gens du voyage, pendant les mois les plus froids. Le reste de l’année, elle parcourt les routes avec ses parents. « Je ne pourrais pas dormir ailleurs que dans la caravane », confie la jeune fille.

Travailler pour gagner sa vie

Gégé travaille habituellement dans le domaine des espaces verts. En tant que chef de famille, il est important pour lui de gagner sa vie. « Contrairement aux idées-reçues, les gens du voyage travaillent, paient leur eau, leur électricité et leurs impôts ! », explique-t-il. Et de préciser : « Dans notre communauté, quand on fait quelque chose, on le fait à la perfection, surtout pour le travail ! » Toutefois, il n’envisage pas d’accepter un emploi sur le long terme : « Je ne supporte pas l’idée d’être enchaîné quelque part. Je préfère voyager. »
S’il a effectué sa scolarité de manière classique, en allant au collège et au lycée avec les « gadgés », c’est-à-dire les « sédentaires », il a appris son métier « sur le tas ». Il explique : 

Chez les gens du voyage, les savoir-faire se transmettent naturellement, de génération en génération.

Marine, elle, suit actuellement son parcours scolaire depuis sa caravane, grâce au CNED (Centre national d’enseignement à distance) : un système idéal lorsqu’on voyage la moitié de l’année.

L’importance de la famille

Pour les jeunes manouches, la famille a une place centrale. « Chez nous, la solitude n’existe pas. Il y a beaucoup de solidarité au sein de la communauté », explique Isis, 32 ans. Elle ajoute : 

Mon rêve, c’est de fonder une famille, de voyager, et de transmettre notre culture. 

Les enfants et les jeunes, quel que soit leur âge, font pleinement partie de la famille, même s’ils doivent éviter d’aborder des « sujets tabous ». « Par exemple, on n’a pas le droit d’avoir un petit copain », explique Marine. Alors, quand ils ont rencontré l’élu de leur cœur et qu’ils souhaitent se marier, la tradition veut que les deux fiancés s’enfuient dans un endroit inconnu. Lorsqu’ils reviennent main dans la main, une grande fête est organisée pour célébrer le mariage !

Voyager pour annoncer le Christ

Qu’est-ce qui pousse les gens du voyage à parcourir des kilomètres, au volant de leur caravane ? Le plus souvent, ils se rendent dans des lieux de pèlerinage. « Jésus a envoyé ses apôtres aux quatre coins du monde. Cette parole, nous la vivons concrètement à travers le voyage. Notre but, c’est annoncer le Christ ! », explique Isis.
En Alsace, ils aiment se rendre à Thierenbach, ou encore à Marienthal, même s’il leur est parfois difficile de s’installer sur des terrains dans de bonnes conditions. Beaucoup de manouches partent aussi en pèlerinage à Lourdes, ou encore à Paray-le-Monial, où un terrain leur a été récemment offert. Gégé est aussi responsable de l’organisation d’un pèlerinage, qui a lieu tous les ans en Haute-Savoie. Il se réjouit de la bonne entente entre le maire de la commune et le recteur du lieu.

Vivre sa foi au quotidien

Lorsqu’ils ne voyagent pas, les jeunes aiment se retrouver autour de veillées de prière, organisées toutes les semaines en l’église Saint-Vincent-de-Paul de Strasbourg. Avec des musiciens de la communauté, Marine et Isis entraînent la communauté par des chants, inspirés à la foi de leur culture et du renouveau charismatique.
« Il est important que la Parole de Dieu puisse être proclamée en langue manouche. Cela permet aux membres de la communauté de mieux la comprendre », précise Gégé. Le « rachai », c’est-à-dire le prêtre, a une place très importante pour eux, « mais il doit aussi s’adapter à notre culture », ajoute Gégé.
Pour Isis, Marine et Gégé, la mauvaise image qu’ont les « gadgés » des gens du voyage vient en grande partie d’une certaine méconnaissance, qui peut générer de la peur. « Alors, quand vous voyez une caravane, arrêtez-vous pour prendre un café ! », conclut Isis.

Agnès Hernandez

(Visited 82 times, 1 visits today)

Etiquettes

Partager

Aucun commentaire

Laisser un commentaire.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Choose Your Style

Easily switch between different site layouts and header styles

SITE LAYOUT

HEADER STYLE