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Homélie du 14 mars 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Le cheminement d’Israël avec son Dieu, et l’Alliance scellée sur l’Horeb, s’enracinent dans l’expérience du salut offert lors de la traversée de la Mer Rouge.

Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob est avant tout le Dieu qui sauve : c’est en arrachant les siens au danger qui les menace, qu’il leur prouve son amour. Toute la Bible est jalonnée de ces interventions victorieuses de Dieu, obtenues parfois en des circonstances tragiques et par l’intermédiaire d’être fragiles, afin qu’il apparaisse clairement que c’est l’Eternel qui a agi. Le livre d’Esther est un des fleurons de ces hauts-faits divins. En réponse à la foi et la prière confiante de la reine Esther, Dieu va sauver son peuple de l’extermination et retourner contre ses ennemis le châtiment qu’ils prétendaient lui infliger. Toutes ces interventions du Très-Haut dans l’histoire ne sont cependant que des préfigurations de l’œuvre de salut par laquelle Dieu notre Père nous sauve définitivement du péché et de son cortège de souffrances, quand il ressuscite son Fils Jésus-Christ de la mort, relevant avec lui tous ceux qui lui sont incorporés par la foi.

Lorsque Notre-Seigneur se fait insistant pour que nous ayons l’audace de demander « de bonnes choses » à « notre Père qui est au ciel », nul doute que c’est au salut qu’il fait allusion. Qu’y a-t-il en effet de meilleur que la vie éternelle qu’il nous offre en partage dans l’Esprit ? L’œuvre rédemptrice accomplie par Jésus en notre faveur, est bien plus importante que la libération des Hébreux de l’oppression de l’Égypte, ou que la délivrance de Juda des mains du roi de Perse : c’est l’humanité toute entière que Notre-Seigneur arrache à l’esclavage du Satan et à une mort absurde, pour l’introduire dans la liberté filiale et la vie divine.

Mais si nous voulons être des témoins crédibles de cette Bonne Nouvelle, il nous faut avoir expérimenté nous-mêmes cette libération et avoir goûté au moins les prémisses de cette liberté et cette vie nouvelles dans l’Esprit. C’est pourquoi il est important de céder aux invitations particulièrement insistantes de Notre-Seigneur, qui martèle son intervention de verbes à l’impératif – « demandez, cherchez, frappez » – accompagnés de promesses tout aussi affirmatives d’exaucement – « vous obtiendrez, vous trouverez, la porte vous sera ouverte ».

Les images utilisées par Jésus sont à vrai dire assez déroutantes : qui en effet serait assez pervers pour « donner une pierre à son fils qui lui demande du pain, ou un serpent quand il lui demande un poisson ? » Mais ne pourrait-on lire dans ces exemples une discrète allusion au Tentateur, qui invitait Notre-Seigneur à transformer les pierres du désert en pains (Mt 4, 3) ? Le « serpent » substitué au « poisson » de façon malveillante, n’évoquerait-il pas la présence du Menteur, qui s’est insinué dans le cœur de l’homme pour y pervertir sa relation filiale à Dieu le Père ?

La suite semble confirmer cette interprétation tout en ouvrant malgré tout sur une vision d’espérance par un argument « a fortiori » que Jésus affectionne particulièrement : 

Si vous qui appartenez au mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus notre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui les lui demandent !

Autrement dit : si nous, qui par le péché sommes voués à la mort, nous savons néanmoins donner à nos enfants la nourriture dont ils ont besoin pour entretenir cette vie éphémère, a fortiori Dieu notre Père saura-t-il manifester sa paternité divine en nous donnant le Pain du ciel en qui nous aurons la vie éternelle (cf. Jn 6, 33).

Libérés dès lors de la peur de la mort qui nous enfermait dans l’égoïsme, nous pouvons enfin sortir de la revendication opiniâtre de nos « droits », pour entrer dans la joyeuse liberté filiale, qui trouve sa joie à accomplir pour les autres, ce que jusque-là nous exigions qu’ils fassent pour nous.

De tout mon cœur Seigneur je te rends grâce, car tu as répondu à mon appel : ta droite me rend vainqueur (Ps 137).

C’est pourquoi je veux proclamer à tous mes frères que tu es le Dieu qui libère et qui sauve ceux qui comptent sur lui. Oui tu es un Père pour tes enfants : tu nous protèges, tu nous nourris, tu nous conduis au chemin de la vie par ton Fils Jésus-Christ, et dans la lumière de l’Esprit. « Seigneur éternel est ton amour : n’arrête pas l’œuvre de tes mains » (Ibid.).

Abbé Philippe Link

 

 

 

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