dimanche 16 juin 2019
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Homélie du 13 mars 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Tout au long de cette première semaine du carême, l’Église nous aide à mieux découvrir qui Dieu veut être pour nous.

Hier, nous méditions sur le mystère de sa paternité bienveillante : nous ne suivons pas un tyran cruel et vindicatif qui nous entraîne au désert pour nous y supplicier ; mais un Père qui veut nous donner part à sa sainteté. La liturgie d’aujourd’hui prolonge ce thème en précisant l’extension universelle de cet amour et en suggérant les conséquences qu’une telle disposition entraîne pour nous.

L’histoire de Jonas est une des mieux connues de la Bible. Ce prophète atypique nous est somme toute bien sympathique ; peut-être en raison de son franc parler. Loin de s’offusquer de l’audace irrévérencieuse de son serviteur, le Seigneur tente patiemment de le ramener à de meilleurs sentiments. Mais pourquoi Jonas est-il rebelle au point de refuser le ministère que Dieu lui confie auprès des Ninivites ? Paradoxalement, ce n’est pas par manque de foi, mais tout au contraire parce qu’il a deviné que dans un excès de compassion, le Seigneur s’apprête à faire grâce à ces païens, qui ignorent pourtant tout du vrai Dieu. Voilà ce qui pour Jonas fait scandale : le Dieu d’Israël n’a-t-il rien de mieux à faire que de s’intéresser à ces étrangers ? N’a-t-il pas suffisamment de souci avec son peuple ? Qu’a-t-il à envoyer ses prophètes en mission en terre païenne ? Au fil de la lecture, nous découvrons ainsi que le péché de Jonas, le motif de sa désobéissance, est de ne pas vouloir reconnaître à tous le droit de jouir de la bienveillance divine, dont il est le premier bénéficiaire. Mais en refusant que la paternité de Dieu s’étende à tous les hommes, il instaure une ségrégation au sein de l’humanité, et par le fait même il rejette la fraternité universelle voulue par le Créateur dès les origines.

Le rapprochement entre le passage de l’Évangile de ce jour et le récit de Jonas nous éclaire sur les raisons pour lesquelles les pharisiens demandent à Jésus « un signe ». Eux non plus n’acceptent pas que Dieu s’ouvre au monde païen, et ils récusent ce Rabbi qui joue au missionnaire. Depuis quand un prophète annonce-t-il un message de salut à des non-juifs et accomplit-il en leur faveur des miracles ? La dimension universelle de la compassion de Notre-Seigneur les scandalise : ils n’ont pas compris que Jésus est venu « pour rassembler dans l’unité tous les enfants de Dieu dispersés » (Jn 11, 52).

Hélas, ce refus d’ouvrir leurs cœurs au-delà des frontières religieuses d’Israël, va se retourner contre eux, car en refusant de partager le pain de la réconciliation, ils s’excluent eux-mêmes du banquet de la miséricorde auquel le Père convie ses enfants.

Les habitants de Ninive étaient de grands pécheurs ; mais après avoir humblement fait pénitence, ils se réjouissent de participer à la vie même de leur Sauveur, et siègent avec lui « lors du jugement ». La reine de Saba était bel et bien une païenne, mais en accueillant humblement la Sagesse de Salomon – préfiguration du Christ – elle se trouve associée à la grande famille de Dieu, dont les fils aînés s’excluent par leur intransigeance.

La leçon est claire : celui qui refuse de partager la grâce du salut avec tous, sans exception, s’exclut lui-même de ce dont il voulait priver les autres. Plutôt que de ressasser ce qui nous sépare de nos « frères ennemis », levons plutôt les yeux vers celui qui nous rassemble : Jésus Christ, et vers celui qui nous appelle : Dieu son Père et notre Père. Ce n’est pas parce que nous sommes mauvais, qu’il nous faut reprocher à Dieu d’être bon ! Essayons plutôt de l’imiter afin d’« être saints comme lui-même est saint » (Lv 19, 2) : ouvrons tout grand les bras du pardon à tous nos frères, sans exception, « car si nous ne pardonnons pas aux hommes, à nous non plus notre Père ne pardonnera pas nos fautes » (Mt 6, 15).

Seigneur tu n’as que faire de mes holocaustes : « le sacrifice qui te plaît, c’est un esprit brisé ; tu ne repousses pas ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé » (Ps 50) de repentir. Donne-moi la grâce d’une authentique contrition, que je puisse goûter, dans le pardon que tu m’accordes, la puissance régénératrice de ton amour de Père. Accorde-moi aussi de pouvoir me réjouir d’accueillir au sein de cette humanité nouvelle, reconstituée dans ta miséricorde, tous mes frères, sans exception – à commencer par mes ennemis.

Abbé Philippe Link

 

 

 

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