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Homélie du 4 mars 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Jésus est en marche, il faut courir pour le rattraper. Le jeune homme s’avance et se prosterne, en signe d’adoration. Il sait que Jésus détient la réponse aux questions qu’il porte.

L’éducation de cet homme a été irréprochable, il a reçu la connaissance de la Loi de Dieu et la volonté de s’y conformer. En tous points, sa vie est irréprochable. A force d’application, il s’est construit et il sait qu’il peut se présenter sans honte devant Dieu.

Mais une chose lui manque. Il ne sait pas la nommer précisément, mais il a compris qu’il n’est pas encore entré dans la vraie vie :

Que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? 

La logique de son cœur apparaît dans la question : il veut recevoir la vie en héritage. Mais le Royaume n’est pas un bien, il est un don. Il ne s’acquiert pas, il se reçoit. La vie de sainteté n’est pas uniquement la soumission à une liste de prescriptions, l’essentiel est ailleurs. Nous avons encore en mémoire la fin de l’évangile de saint Jean : « Pierre, m’aimes-tu ? » demande Jésus. A son disciple qui croyait braver la mort par ses seules forces et qui a fait la cruelle expérience de ses limites, Jésus n’a demandé que l’amour.

De même, Jésus est touché par la générosité de ce cœur qui s’ouvre à lui et qui a investi, en vain malheureusement, toute son énergie pour plaire à Dieu.

Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l’aimer.

Le Seigneur, comme il l’a fait avec saint Pierre, invite son disciple à une relation personnelle, il lui ouvre les chemins de l’amour.

Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel.

Il nous faut lire cette demande jusqu’au bout. Jésus ne donne pas un précepte supplémentaire, il ne demande pas au jeune homme de vendre tout ses biens : ce serait un acte complètement vain. Jésus lui explique comment avoir un trésor dans le ciel. Car là est l’impasse dans laquelle se trouve le jeune homme : son trésor est sur la terre, dans ses biens matériels. Il doit entrer dans une dimension nouvelle. En eux-mêmes, les biens matériels ne sont pas un obstacle au Royaume. Ils le deviennent quand ils donnent l’illusion d’une plénitude. Pour recevoir la vie éternelle, il faut être en manque et attendre de Dieu seul qu’il nous comble.

Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.

Le jeune homme n’a pas pu renoncer. Il n’a pas su s’ouvrir à Dieu ; le voici seul avec lui-même, « tout triste ». Il nous est facile de reconnaître l’état de notre propre cœur quand nous ne renonçons pas à nos sécurités, quand nous n’avons pas l’audace de l’abandon à Dieu. Mais ceci n’est pas le dernier mot de l’histoire ! Nous le savons bien, au sortir du temps pascal !

Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu.

Cette tristesse, le Seigneur va la prendre sur lui à Gethsémani. La Loi sécurisante que nous désirons pour régir notre vie, le Seigneur va la graver dans nos cœurs. L’Esprit est notre Loi. Il est la Loi nouvelle qui a fait s’ouvrir les portes verrouillées du cénacle. Dieu nous ouvre aux dimensions de son amour pour nous.

Je veux te suivre Seigneur, débarrasse-moi de toutes mes richesses. Je veux vivre avec l’audace de ceux qui ne comptent que sur toi, donne-moi la force de ton Esprit. Je veux recevoir en partage la vie éternelle, garde-moi toujours en manque des richesses de la terre pour que je prenne soin de mon trésor dans le ciel.

Abbé Philippe Link

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