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Homélie du 27 février 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

L’éducation des disciples ne fut pas chose aisée : Jésus avait choisi des hommes comme les autres, avec leurs qualités et leurs limites, pour ne pas dire leurs défauts.

Ils vivaient incontestablement leur statut de disciple comme une promotion, un honneur ; d’autant plus que dans leur cas, c’était le Rabbi qui les avait choisis ! Il est clair que ces humbles pécheurs du lac de Galilée n’étaient pas disposés à perdre les prérogatives liées à leur état.

Dans la péricope précédente, nous avons vu comment Jésus tentait déjà, avec une infinie patience, d’élever leur motivation. Il les invitait à renoncer à toute recherche de pouvoir et de gloire personnelles, pour se mettre au service de ces petits auxquels Notre-Seigneur s’identifie et vers lesquels il les envoie.

Peine perdue : les disciples n’écoutent pas vraiment ce que Jésus leur dit. Il y a des questions plus urgentes à traiter que de s’occuper d’un enfant passant par là. Pensez donc : un inconnu a été surpris en flagrant délit d’appropriation du nom de leur Maître pour chasser des esprits mauvais ! Jean, « le fils du tonnerre » (Mc 3, 17) est scandalisé et inquiet : cet homme a empiété sur les pouvoirs qui leur sont réservés. Que leur restera-t-il si tout le monde se permet d’exercer leur ministère ?

Nous ne quittons décidément pas le terrain des jeux de pouvoir, qui se sont insinués non seulement entre les proches de Jésus, mais également dans les relations du groupe des disciples avec le monde extérieur. L’ironie du sort veut que cet « étranger » qui a osé se servir du nom du Maître pour chasser des esprits mauvais, a réussi son entreprise là où les disciples sont demeurés en échec – pensons à l’épisode de l’enfant sourd-muet et épileptique que les apôtres n’ont pas réussi à délivrer. Raison de plus pour empêcher ce concurrent d’agir : il va finir par faire de l’ombre aux ayant droits !

Il n’est pas de ceux qui nous suivent

L’expression trahit un décentrement qui n’est pas anodin : depuis quand s’agit-il de suivre les disciples et non le maître ? Ce lapsus ne trahirait-il pas une appropriation du ministère, voire de la personne de Jésus, récupérés au service de la vaine gloire de ses compagnons ?

L’humilité et la mansuétude de la réponse de Jésus tranche singulièrement sur le discours revendicateur et accusateur des disciples :

Si cet homme a pu prendre autorité sur les esprits mauvais en utilisant mon nom, c’est qu’il m’était étroitement uni par la foi. Grâce à cette communion, l’Esprit a pu coopérer efficacement à son action et obtenir la délivrance. Cette expérience sera incontestablement pour lui la confirmation du bien fondé de sa confiance en moi, et son attachement à ma personne s’en trouvera renforcé. Comment pourrait-il parler mal de moi, alors qu’il vient explicitement de puiser dans mon autorité pour faire le bien ? Il deviendra tout au contraire un messager de la Bonne Nouvelle du salut apporté en mon Nom. N’est-ce pas la mission que j’ai confiée à chacun de vous ? Réjouissez-vous donc avec moi de ce que l’action de l’Esprit déborde notre petit groupe !

 

Il est probable que le comportement quelque peu mesquin des disciples nous choque ; mais sommes-nous tellement différents d’eux dans nos pratiques quotidiennes ? Le Seigneur nous invite à nous réjouir du succès des autres, même de nos rivaux directs qui excellent avec facilité dans le domaine où nous nous efforçons péniblement à porter du fruit. Tout ce qui se fait de bien autour de nous ne peut se faire qu’avec l’aide de la grâce, et devrait donc susciter notre reconnaissance. Demandons à l’Esprit Saint de nous aider à prendre autorité sur tous nos sentiments négatifs : que notre louange chante plus fort que notre envie ; que notre admiration pour les dons de Dieu si largement répartis prévale sur notre jalousie ; que notre bénédiction accompagne les œuvres de nos « concurrents » afin qu’ils mettent toujours davantage leurs dons au service du plan de Dieu. C’est ainsi que nous serons véritablement disciples du Christ, nous réjouissant avec lui pour tout ce qui contribue à la gloire du Père et au bien de nos frères.

Seigneur j’ai honte en découvrant en moi tant de sentiments inavouables que je cachais tant bien que mal, mais que ta Parole dénonce impitoyablement. Merci de dévoiler au grand jour mon hypocrisie : je confesse ton Nom, tout en nourrissant des pensées de ressentiments envers ceux qui me font ombrage, et en préparant des stratégies d’exclusion de ceux qui me font obstacle… Donne-moi un cœur pur, que je puisse me réjouir du bien des autres, de leurs réussites, de leurs succès, sans que cette joie ne soit obscurcie par la tristesse qu’engendre ma jalousie. Libre de tout ressentiment, je pourrai alors reconnaître ta bonté et te louer en toutes circonstances, car tu es un Dieu bon ami des hommes.

 

Abbé Philippe Link

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