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Homélie du 18 février 2019

 




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Le soupir de Jésus en dit long : « Pourquoi cette génération demande-t-elle un signe ? »

Si encore le souci des pharisiens était de vérifier le bien-fondé des prétentions d’un nouveau prophète, conformément au ministère de gardiens de la foi qui leur revenait. Mais ils ne cherchent pas à poser un discernement, et pour cause : ils ont déjà prononcé la condamnation et n’attendent plus que le moment opportun pour mettre en œuvre la sentence.

Aussi Jésus poursuit-il :

Amen, je vous le déclare : aucun signe ne sera donné à cette génération.

Il ne s’agit pas d’un refus : Notre-Seigneur vient de multiplier les signes en présence de ses détracteurs ; mais il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut point entendre. Un « signe » est un moyen de communication entre deux personnes qui cherchent à entrer en dialogue, à partager quelque chose de leur intériorité. Un « signe venant du ciel » devrait donc être révélateur du Mystère de Dieu lui-même. C’est dire qu’il appelle nécessairement une interprétation prophétique. Toute intervention de Dieu dans l’histoire nécessite, pour être révélatrice de l’intention divine, d’être interprétée par un envoyé de Dieu sur qui repose l’Esprit Saint, car Dieu seul peut interpréter les signes qu’il nous donne. Or Jésus est non seulement « le signe venant du ciel », mais il est aussi le prophète de la fin des temps qui interprète le don de Dieu dans sa personne.

C’est précisément ce qu’il vient de faire dans la multiplication des pains, qui prend tout son sens à la lumière de l’Eucharistie. Certes, à ce stade du récit évangélique, il est trop tôt pour que le signe soit pleinement éloquent ; Jésus ne demande pas l’impossible, et Saint Marc ne se prive pas de souligner l’incompréhension des disciples eux-mêmes. Ceux-ci n’ont pas tout compris d’amblée, mais ils se sont mis à la suite du Maître parce qu’ils se sont ouverts à l’action de l’Esprit qui leur a fait pressentir le message de grâce que Jésus apporte au monde. Or c’est précisément ce à quoi se refusent les chefs religieux, trop soucieux de garder leur pouvoir sur les foules pour s’ouvrir à la nouveauté de l’Evangile. Jésus pourrait bien réaliser sous leurs yeux tous les signes annoncés par les prophètes pour les temps messianiques, ils ne croiraient pas pour autant, parce qu’ils ont décidé de ne pas croire.

Etonnante obstination, qui nous révèle le redoutable pouvoir de la liberté humaine face à l’initiative de salut de Dieu en notre faveur ! L’hypocrisie des pharisiens est patente dans l’Evangile, mais la nôtre, la reconnaissons-nous ? N’y a-t-il pas en nous aussi des refus de voir, d’entendre, de croire ? Et pour des motifs probablement guère plus avouables que ceux des acteurs de notre péricope…

Abbé Philippe Link

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