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Homélie du 17 février 2019

 




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Seul un Dieu qui vient du ciel (Jn 3,11) et qui a les paroles de la vie éternelle (6,68) peut nous dire ce que nous venons d’entendre dans l’Évangile. 



Une des plus grandes questions qui intéresse nos cœurs est de savoir comment nous pouvons atteindre ce bonheur auquel nous aspirons de tout notre être. Où peut-il se trouver ? comment le conquérir ? le garder ? 


Le bonheur… 
Comment se fait-il que l’homme, quoi qu’il fasse, ne puisse, par lui-même, parvenir à le créer, le préserver, le partager à tous les hommes ? Ou, plus dramatiquement encore, que l’apparent bonheur des uns se fasse au détriment des autres ? Par rapport à tout ce monde de quêtes et de questionnements,
l’Écriture sainte ne nous laisse pas sans lumière.

Elle nous éclaire, tout d’abord, sur la nature même de ce bonheur si ardemment désiré.

Qu’est-ce qu’être heureux en effet, comme la Loi, les prophètes et les psaumes le disent et comme Jésus Christ lui-même le promet (Lc 6,20-21) ?


Être heureux, dans la perspective biblique, ce n’est pas aller son chemin tranquille et dans la bonne humeur. Nous avons soif de bien davantage ! Ce n’est pas non plus profiter au maximum de cette existence
en y goûtant le plus possible
de considération, de réjouissances, de rassasiements. Nous voyons vite combien
cela reste toujours insatisfaisant et si passager. Être heureux c’est posséder en soi une réalité solide, durable, vivante, capable de nous épanouir toujours, partout et tout entier. Sans que personne alentour n’en soit frustré. Une réalité, en somme, plénière, universelle, éternelle.
En un mot : une réalité divine, c’est-à-dire sans limite et sans fin. Le bonheur, nous enseigne alors la révélation biblique, c’est goûter quelque chose qui appartient à Dieu, et qui donc ne peut que venir de lui et nous conduire à lui. Mais alors, comment l’accueillir et l’atteindre ?

La réponse de l’Écriture est aussi simple que catégorique : par le choix de notre liberté, où tout se passe en termes d’alternative. Car il n’y a pas de neutralité possible ! Ou l’on monte vers le Tout ; ou l’on s’enfonce vers le rien (Ga 6,8).


Ou c’est la Vie qui nous appelle ; ou c’est la mort qui nous attend (Si 15,17). Ou c’est Dieu que nous aimons ; ou c’est le mal que nous servons (Mt 6,24).

Dans la perspective d’un choix aussi tranché, bien sûr, nous nous insurgeons, nous tergiversons !
On voudrait que les choses soient un peu plus partagées, plus relatives, plus nuancées. Et nous nous y employons volontiers ! Mais, quand il s’agit d’absolu, d’éternité, de Vie, en un mot de bonheur, la réponse ne peut surgir que de cette alternative : ou il existe ou il n’existe pas. Ou il demeure une vraie promesse ; ou il n’est qu’une vaine illusion. Vois, je te propose aujourd’hui vie et bonheur ou mort et malheur, dit le Seigneur. Choisis donc la vie ! (Dt 30,15s).
Heureux serez-vous, si vous faites et êtes ceci. Malheureux êtes-vous, si vous faites et êtes cela (Lc 6,20-23). Ainsi tous les textes de la célébration de ce jour
réclament-ils de nous une décision libre et dernière : nous suffisons-nous à nous-mêmes ou devons-nous nous appuyer sur Dieu ? Sommes-nous notre propre origine et notre propre salut ou les tenons-nous de notre Créateur et Rédempteur ? Le théologien Urs von Balthasar n’hésite pas à écrire : « Une troisième voie intermédiaire n’existe pas ! » Mais là n’est-elle pas, finalement, la belle grandeur de notre liberté ?

Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce ; alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure.

Abbé Philippe Link

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