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Laudato Si : une agriculture à réinventer

Aujourd’hui, la planète brûle. Chaque jour, 20.000 personnes meurent de faim dans le monde et, chez nous, les paysans disparaissent, la biodiversité s’éteint et l’obésité touche 14 % de la population. Et si les citoyens-consommateurs devenaient les acteurs clé du changement ?

Si la politique agricole des 50 dernières années dans les pays occidentaux a permis de produire une nourriture à bas prix, elle est devenue une grande consommatrice d’énergie fossile. Edgar Pisani, ancien ministre de l’agriculture, disait déjà au début des années quatre-vingt :

Le temps est venu de ne plus corriger, le temps est venu d’inventer et de poser ouvertement la question de savoir de quelle agriculture l’Europe a besoin.

Hélas, les États ne semblent toujours pas avoir la volonté de réorienter leurs politiques agricoles.

Vers une agriculture durable

Les solutions techniques existent pourtant. Mais elles doivent être envisagées globalement, comme le souligne le pape François dans son encyclique Laudato Si :

Pour affronter les problèmes de fond qui ne peuvent pas être résolus par les actions de pays isolés, un consensus mondial devient indispensable, qui conduirait, par exemple, à programmer une agriculture durable et diversifiée.  (LS 164)

La question est complexe car « tout se tient », comme aime à le rappeler le pape François. Ainsi, concernant le changement climatique, l’agriculture est à la fois victime et responsable de ce changement. C’est pourquoi elle devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre, par la suppression de la consommation d’engrais et de pesticides de synthèse (dont la production exige une forte consommation d’énergies fossiles) et par la disparition des élevages industriels consommateurs d’aliments du bétail importé.

Usage des pesticides

De plus, l’utilisation de pesticides et d’engrais chimiques a engendré de multiples pollutions de l’air, des eaux, des sols et une dégradation de la biodiversité. Or, « beaucoup d’oiseaux et d’insectes qui disparaissent à cause des agro-toxiques créés par la technologie, sont utiles à cette même agriculture, et leur disparition devra être substituée par une autre intervention technologique qui produira probablement d’autres effets nocifs. » (LS 35) L’usage des pesticides impacte dangereusement la santé humaine. Il est donc temps d’engager une transition agroécologique qui réponde aux défis existentiels auxquels nous faisons face.
Par ailleurs, la diminution accélérée du nombre de paysans, liée aux politiques agricoles mises œuvre depuis des décennies, correspond à un immense plan social qui ne dit pas son nom, alors que nous avons besoin de politiques qui permettent aux agriculteurs de vivre décemment et de dynamiser nos territoires ruraux.

Devenir « consomm-acteur »

Les changements des modes de production agricoles dans nos pays développés exigent des changements de nos modes de consommation. Il nous faut devenir des « consomm-acteurs » actifs et vigilants, afin d’influer sur la politique agricole commune et les décisions locales.

L’action politique locale peut s’orienter vers la protection des espèces et la programmation d’une agriculture diversifiée avec la rotation des cultures. (LS 180)

Et si, enfin, les citoyens-consommateurs devenaient les acteurs clé du changement de type d’agriculture ?

Philippe Girardin et Jacques Muller

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