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Homélie du 10 février 2019




LIRE LES LECTURES DU JOUR

C’est le grand jour de la rencontre avec Dieu ! Pour un homme, un homme comme les autres, du nom de Simon-Pierre, pêcheur très modeste sur la toute petite mer de Galilée, c’est le grand jour de la rencontre avec Dieu, le jour qui va décider de sa vie et de son éternité !

Eh bien, la rencontre est plutôt mal partie ! Ce ne sera pas de l’impertinence si on imagine Pierre de mauvaise humeur ce jour-là… Regardez-le sur le rivage du lac, en train de rafistoler son filet. Juste à côté, tout le monde s’est massé autour de Jésus, tout le monde boit les paroles de cet homme extraordinaire qui soulève déjà l’enthousiasme populaire… Mais Pierre dans son coin, fait comme si de rien n’était, il a passé une nuit blanche complètement inutile, pas un seul poisson à vendre, pas un sou à ramener à la maison. Et ce filet toujours aussi pénible à nettoyer alors qu’il n’a servi à rien : absurdité, il y a de quoi être de mauvaise humeur, c’est vrai.

Eh bien, cette journée ratée d’avance, ce sera quand même le jour de la rencontre, le jour décisif de la grâce. Oui, nous croyons en un Dieu qui prend la liberté de nous visiter même quand nous sommes « de mauvaise humeur », même quand tout est raté et que le quotidien nous pèse.

C’est une belle audace de croire en un Dieu tellement libre vis-à-vis de nous-mêmes. Il est tellement plus courant de penser que Dieu ne vient, ne s’intéresse à nous que lorsque nous sommes prêts, lorsque nous pouvons Lui montrer bonne mine ! Mais en Jésus nous avons découvert un Dieu qui n’a pas besoin d’attendre notre hypothétique perfection, un Dieu qui nous visite alors que tout est encore en désordre, car Il vient Lui-même nous préparer.

Jésus n’attend pas que Pierre lâche de lui-même son filet pour s’approcher. Jésus prend les devants, il vient déranger l’isolement – finalement confortable – de Pierre. Car le problème de nos échecs, c’est surtout qu’on finit par s’installer dedans, on les rumine, on en a presque besoin, on ne peut plus les lâcher. Nos échecs, nos blessures sont un peu comme ce filet plein de nœuds dont Pierre a besoin, en fait, pour s’isoler, se replier sur lui-même. Comme on s’attache facilement à ses plaintes, à ses rancœurs ! On se construit parfois tout un petit équilibre, peut-être même toute une identité, à partir de ses déceptions. Alors, si Jésus s’approche, forcément Il vient déranger tout cela, comme Il a dérangé Pierre :

Avance au large !

Quitte le rivage ! Lâche tout ce qui te rive à toi-même ! Lâche tes échecs, tes amertumes, tes craintes ! Donne-les Moi ! Remets-Moi, offre-Moi toutes ces blessures auxquelles tu tiens secrètement et qui compriment le jaillissement de ta vie

Il y a un lieu pour nous aujourd’hui, où nous pouvons expérimenter toute la force de cet appel à la liberté intérieure, un lieu dans l’Église où retentit ce cri de Jésus :

Avance au large !

C’est le sacrement du pardon, la confession. Là, en confessant nos péchés, nous laissons réellement Jésus nous détacher de nos échecs, de nos blessures, de nos amertumes.

Comme Jésus a ramené Pierre sur le lac, sur le lieu précis de son échec, de même l’aveu de nos péchés nous ramène sur le lieu précis de nos stérilités, de nos manques d’amour. Mais il se passe pour nous le même miracle que pour Pierre. Nous revisitons ces échecs avec la lumière nouvelle de la présence et du regard de Jésus. Alors nos échecs sont transformés ; ce qui n’était que stérilité devient l’occasion d’une fécondité imprévisible à l’image de ces filets débordants de vie. Et, comme Pierre, éblouis par la puissance du Pardon de Jésus, nous L’adorons, Lui qui seul change le mal en bien.

Personne, sinon Lui, Jésus, ne peut nous dire :

 Avance au large !

Lâche ton passé car je l’ai pris ! Tes échecs, tes péchés, c’est Moi qui les porte et les assume dans le mystère de Ma passion ; mais toi, avance, tu es libre ! Je t’ai ouvert un avenir neuf, tu es libre maintenant pour aimer, pour te donner, pour te souvenir seulement de Ma miséricorde.

Dieu très bon, quand tu appelles les hommes à collaborer à ton œuvre, tu leur donnes des signes merveilleux : le filet s’est rempli de poissons et Simon-Pierre est devenu pêcheur d’hommes. Accorde-nous aujourd’hui des signes de ta présence. Alors, laissant tout, nous marcherons à la suite du Christ et nous proclamerons sa Bonne Nouvelle.

Abbé Philippe Link

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