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Homélie du 31 janvier 2019




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Nous méditions hier la parabole du semeur jetant la semence dans diverses terres (4, 1-9), parabole que Notre-Seigneur va lui-même interpréter pour ses disciples (4, 13-20). Suit alors la péricope de la liturgie de ce jour intitulée dans nos Bibles « la lampe et la mesure ».

La double exhortation à l’attention – « Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » et « Faites attention à ce que vous entendez ! » – suggère que cette péricope est au cœur de l’enseignement de Jésus – ce que confirme l’analyse de la structure générale de cette section, dont elle occupe le centre.

La parabole du grain jeté en terre vient d’attirer notre attention sur la richesse insoupçonnée de nos vies et l’urgence de prendre conscience de son véritable enjeu. La graine est semée afin de porter du fruit au centuple dans la « bonne terre » (4, 8). De même la finalité de la lampe est d’éclairer toute la demeure : quel dommage – bien plus : quelle absurdité – de la mettre « sous le boisseau ou sous le lit » !

La suite de l’interpellation, qui se rattache à ce qui précède par un « car », ne découle pas vraiment de ce que Jésus vient de dire. La place d’une lampe n’est à aucun moment et en aucun cas sous un lit ; alors que ce qui est « caché » l’est légitimement, à condition de le manifester au moment opportun. Il fut un temps où il était légitime de garder des choses « secrètes », mais il s’agit de discerner le moment où il faut les proclamer « au grand jour ». C’est précisément en nous rendant attentifs au mystère caché au cœur de nos vies, que les paraboles nous avertissent que ce « kairos » (temps opportun) est advenu. Le semeur est parmi nous : il jette la semence, la moisson va bientôt lever, si du moins nous accueillons la graine de la Parole. Le Verbe lumière a fait irruption dans nos ténèbres ; en lui les promesses de Dieu trouvent enfin leur sens et leur accomplissement ; ce qui en elles demeurait encore caché est maintenant clairement manifesté ; ce qui paraissait secret, est dévoilé et mis en lumière pour être partagé entre tous.

Ce premier volet de l’intervention de Jésus souligne l’initiative divine qui met fin au temps d’attente et invite à prendre conscience de l’irruption du Royaume, fût-il encore en germe. La seconde partie insiste sur notre responsabilité personnelle dans l’accueil et la croissance de cette réalité nouvelle. Dieu donne gratuitement et en surabondance la semence et la lumière, symboles de la vie nouvelle qu’il nous offre en son Fils. Mais de même que l’accueil de la graine se manifeste dans la moisson, que le dévoilement de la lumière se constate à l’illumination qu’elle provoque, ainsi l’ouverture à la grâce divine doit se percevoir au rayonnement d’une vie transformée. Dans les deux exemples retenus par Jésus, le fruit de l’accueil de l’initiative divine est le partage de la fécondité nouvelle : le grain de la moisson est destiné à devenir pain partagé, la lumière qui éclaire se donne sans compter. C’est à « la mesure dont nous nous servons » pour partager ce que nous avons nous-mêmes reçu, que sera évaluée notre participation au Royaume. Ou pour le dire autrement : celui qui est devenu citoyen du Royaume de l’amour, se reconnaît à la logique du don qui oriente ses discernements et ses actions.

Seigneur, que ta Parole nous réveille de nos somnolences ; qu’elle nous arrache à nos tiédeurs. Ne permets pas que nous laissions mourir la flamme de notre baptême, alors que notre monde a un besoin urgent de lumière, de vérité et de vie. Nous avançons vers toi Seigneur avec un cœur sincère, purifié par ta miséricorde de ce qui souille notre conscience, et dans la certitude que donne la foi : remplis-nous d’assurance, afin que nous témoignions au grand jour, par le rayonnement d’une charité inventive, de la force transformante de ta Parole et de ton Esprit. Alors que les médias annoncent, triomphants, la fin du christianisme, accorde-nous la force de continuer sans fléchir d’affirmer notre espérance ; donne-nous d’être attentifs les uns aux autres pour nous stimuler à aimer et à bien agir. Dès à présent nous te rendons grâce de nous avoir exaucés, car tu es fidèle, et accomplis toujours ce que tu as promis.

Abbé Philippe Link

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dernier commentaire

  • Un proverbe bien connu énonce cette sagesse : les chiens aboient mais la caravane passe.

    Les médias qui sont anonymes sont des fonctions sociales attachées à leur indépendance ou influencée par leur fond culturel. Ce n’est pas parce que les médias font du bruit que le Christianisme serait périmé.

    Les chrétiens même dans le désert d’un monde qui n’écoute par leurs témoignages personnels ou collectifs restent guidés par Jésus-Christ ( Fils de Dieu, Roi des juifs, 1er Ressuscité d’entre les morts, excusez du peu) sous la houlette du seul Berger qui donne véritablement sa Vie pour ses brebis.

    Mais dans les médias il y a aussi des personnes qui cherchent une Parole qui relève l’humanité sans critiquer abusivement ses défauts.

    C’est l’Amour sans mesure reçu de Jésus Christ qui peut nous conduire à aimer ceux qui n’ont pas encore reçu cette Espérance par une Charité active là où la bonne foi, n’est encore que préjugé favorable.

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