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Homélie du 28 janvier 2019




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Ce passage de l’Évangile se situe au début de la vie publique du Christ. Le bruit de ses miracles attire les foules de Galilée et d’ailleurs.

Mais les pharisiens commencent à se sentir gênés par ce rabbi qui mange avec les pécheurs et guérit les malades le jour du sabbat. Ils entreprennent alors de le discréditer en répandant une rumeur inquiétante : ce Jésus serait possédé par un démon.

En contemplant cette scène, je suis impressionné par la réaction de Jésus face à cette grossière calomnie. En premier lieu, je le vois agir avec transparence. Le Seigneur ne joue pas dans l’ombre, il ne chuchote pas derrière les portes, mais il parle au grand jour, face à face avec ses adversaires. Il n’hésite pas à nommer Satan, que les pharisiens ne mentionnaient que sous les noms indirects de « Béelzéboul » et de « chef des démons ». D’autre part, je sens que Jésus éprouve un ardent désir de sauver ces pauvres hommes qui l’insultent. Il aurait pu les ridiculiser, les ignorer ou les fuir, mais il les appelle à lui parce qu’il veut les libérer de leur aveuglement. Il veut leur montrer que ce Béelzéboul dont ils parlent à la légère est beaucoup plus puissant que ce qu’ils n’imaginent. Il faut apprendre à lui résister. C’est justement ce que le Christ a appris pendant ses quarante jours au désert, et c’est ce qu’il veut m’apprendre maintenant.

Comment tenir tête à Satan ? Jésus le compare à un homme fort qu’il faut ligoter pour pouvoir ensuite piller ses biens. Je suis bien trop faible pour pouvoir imiter les archanges Raphaël (cf. Tb 8, 3) et Michel (cf. Ap 20,2), qui ont le pouvoir d’enchaîner le démon. Mais ma faiblesse n’est pas un problème car le Seigneur Jésus, après sa mort sur la croix, est descendu aux Enfers où « fut emprisonné celui qui tenait captif le premier homme », comme le chante l’Église lors de l’office des lectures du Samedi Saint. Satan est déjà vaincu, « C’en est fini de lui » !

Mais attention, le démon n’est pas pour autant complètement inoffensif ! Saint Augustin l’explique ainsi :

Le Christ est donc venu, et il a attaché le diable. Mais, dira-t-on, s’il est attaché, comment se fait-il qu’il remporte encore tant de victoires ? C’est vrai, […] mais il ne triomphe que des tièdes et des négligents. Car il est attaché, vraiment, comme un chien dans sa niche : et il ne peut mordre personne, à part celui qui s’approche de lui avec une témérité mortelle (Sermon 37 sur David et Goliath).

Finalement, je dois prendre garde à ne pas tomber dans la grande illusion que le diable me tend : suspecter l’amour de Dieu que le Christ me révèle. Ce rejet de mon unique sauveur, cette négation de la lumière qui inonde mon visage, c’est ce que Jésus appelle le blasphème contre l’Esprit-Saint.

Seigneur, tu m’as libéré des griffes de Satan ! Cet homme fort me retenait prisonnier dans sa maison, et tu es venu l’enchaîner pour pouvoir me délivrer. Merci, Seigneur ! Ne permets pas que je tombe dans l’ingratitude ! Ne permets pas que je prenne ton amour pour de la haine ! Ne permets pas que j’ignore ton Esprit-Saint ! Ne permets pas que je sois séparé de toi !

Abbé Philippe Link

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dernier commentaire

  • Dis autrement : ne nous laisse pas entrer en tentation.

    Rester docile à l’enseignement de Jésus nous évite de nous confronter directement avec l’ennemi de la nature humaine.

    Se croire meilleur que Jésus-Christ, c’est comme être plus royaliste que le Roi, c’est fatal.

    “Délivre nous de tout mal, Seigneur, et donne la paix à notre temps”
    par ta miséricorde, libère-nous du péché, rassure-nous devant les épreuves en cette vie où nous espérons le bonheur que Tu promets et l’avènement de Jésus-Christ, notre Sauveur.

    L’avènement de Jésus Christ comme sauveur nous est parvenu par le témoignage des apôtres qui ont mangé et but avec le Ressuscité pendant 40 Jours.

    Cela nous dispense pas de faire aussi 40 Jours de chemin avec le Ressuscité pour nous préparer à recevoir l’Esprit Saint et ainsi faire face aux tentations qui remontent de nos faiblesses humaines en l’absence à nos sens du Ressuscité.

    Le Christ à enseigné par Sa Passion quel sera le combat spirituel et charnel qui auront à mener contre l’ennemi du Christ et des chrétiens.
    Les disciples ne sont pas plus grands que le maître, mais ils sont sur que Lui dispose pour eux d’un amour qui ne faillira pas.

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