mercredi 24 avril 2019
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Accueillir les prêtres étrangers en Alsace

Responsable du service diocésain de la Mission Universelle et coordinateur de ce service pour l’Est de la France, Klaus-Martin Simon évoque l’importance de l’accueil, une valeur déterminante pour l’efficacité et l’épanouissement du prêtre en mission.

L’accueil n’est hélas pas toujours à la hauteur : « Accueillir un prêtre venu d’un autre pays, ce n’est pas simplement aller le chercher à l’aéroport ou lui donner les clefs d’un presbytère en lui disant : ‘débrouillez-vous’ ». C’est aussi lui transmettre toutes les informations utiles comme l’ouverture d’un compte en banque, la question du tiers-payant de l’assurance maladie, de la laïcité à la française, etc. À titre d’exemple, il cite le cas du diocèse de Versailles. Les prêtres venus de l’étranger y sont parrainés par des familles pour les questions pratiques que sont les courses, la sécurité sociale, etc. Entre le diocèse qui envoie et celui qui accueille, les attentes sont parfois différentes : « Les prêtres arrivent en France avec l’idée de servir l’Église universelle alors que le diocèse, qui les accueille, est souvent dans l’urgence que le service dominical soit assuré.»

 

Session Welcome

À l’échelon national, le service de la Mission Universelle de la Conférence des Évêques de France organise des sessions Welcome à l’attention des prêtres Fidei Donum et religieux, tout juste arrivés en France. Sans oublier les sessions de départ, où les prêtres venus d’autres pays font une relecture de leur expérience en France. Qu’en est-il dans le diocèse de Strasbourg ? Il évoque les rencontres d’ordre administratif entre les prêtres-étudiants, Fidei Donum et le vicaire général, la rencontre avec le CCFD sans oublier une récollection annuelle que Klaus-Martin Simon était invité à animer en 2018 à Mulhouse et à Strasbourg.

 

Cultiver l’hospitalité

En ayant vécu ces récollections, Klaus-Martin Simon se déclare impressionné par l’ouverture de ces prêtres venus d’autres pays. Par leurs qualités de fraternité et d’hospitalité également : « Ces qualités font partie de leur culture et de leur éducation. En France, on les a beaucoup perdues.» L’Ubuntu est aussi une source d’inspiration pour lui. C’est une notion humaniste originaire du continent africain. Elle a inspiré Nelson Mandela, prix Nobel de la Paix, dans son effort de construction d’une nouvelle Afrique du Sud. Cette notion peut être traduite en ces termes « je suis ce que je suis, grâce à ce que nous sommes tous.»

Actuellement, l’accueil des prêtres gagnerait à être amélioré. Klaus-Martin songe à ce prêtre-étudiant, venu dire la messe dans un village d’Alsace : « Après la messe, il a dû attendre longtemps le bus pour rentrer chez lui, personne ne s’étant soucié de la question de son moyen de transport. » Dans l’optique d’améliorer concrètement l’accueil, plusieurs diocèses de l’Est, dont celui de Strasbourg, planchent ensemble autour d’un cahier d’accueil destiné à mieux accueillir les prêtres, en impliquant aussi les communautés de paroisse. En 2019, ce projet sera présenté à l’archevêque de Strasbourg. Il comprendra des fiches relatives à la santé, la cuisine, l’histoire particulière de notre diocèse etc.

Isabelle Dumont

Une dynamique d’échange

« Votre venue en Alsace n’est pas seulement due à une conception utilitaire (par exemple remplacer ceux qui ne sont plus là) mais c’est un partage mutuel du don de la foi. C’est très important, il ne faut pas perdre de vue cette dimension d’une grande valeur. Il s’agit d’une dynamique d’échange entre l’Église particulière qui envoie et l’Église particulière qui accueille. Et pourtant cet échange n’est pas facile car il suppose de grands déplacements pendant de longues périodes (…) Pourtant nous vivons dans la rencontre, le dialogue dans la présence du Christ, lui-même Dia-Logue (DIA LOGOS). On accueille l’autre, on reçoit l’autre, on partage le don de la foi, on partage la présence du Christ. C’est un acte de conversion qui se vit autant dans le contact interpersonnel que dans la rencontre entre les Églises particulières, autant dans les rencontres locales que dans les rencontres internationales. Du coup, on vit une transformation qui nous rapproche de l’expérience fondamentale de l’Évangile, de la rencontre avec le Christ. Venir ici, aller là-bas n’est plus apporter le Christ, là où il n’est pas présent, mais recevoir et accueillir le mystère de Sa Présence avec l’autre, dans le don, le partage et l’enrichissement de la foi. »

Klaus-Martin Simon à l’attention des prêtres-étudiants,

extrait de la récollection des 3 et 17 février 2018

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