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Homélie du 22 janvier 2019




LIRE LES LECTURES DU JOUR

Jésus se promène un beau samedi d’été dans les champs ; il ne va pas loin : juste de quoi se détendre les jambes, comme il est permis le jour du sabbat. Les disciples flânent avec lui, tout en gardant l’intériorité qui sied à ce jour réservé à la prière et à la charité fraternelle.

Il est probable que le geste des apôtres est simplement mécanique : qui n’a pas laissé glisser ses doigts sur les épis, pour en extraire les grains mûrs et ressentir la joie de la vie nouvelle reposant au creux de la main ?

La réaction des pharisiens trahit que leur cœur n’est pas dans l’attitude qui convient en ce jour béni : ils ne sont pas en quête d’une parole de conciliation, mais à l’affût d’un motif d’accusation ; leur cœur n’est pas dans le « sabbat shalom » – la paix du sabbat », mais dans le trouble de la jalousie ; ils ne se tiennent pas dans la lumière du regard de Dieu, mais cédant aux suggestions de l’Ennemi, ils sont enfermés dans les ténèbres de la haine d’un soi-disant rival menaçant leur pouvoir. L’épisode des épis arrachés trahit leur aveuglement : prenant prétexte du geste des disciples, ils vont pousser l’hypocrisie jusqu’à leur reprocher d’être en infraction avec la Loi. « Cueillir des épis » fait en effet partie de la liste des 39 comportements défendus le jour du sabbat ; mais il ne fait aucun doute que le législateur visait l’action de moissonner, ce qui n’est bien évidemment pas l’intention des disciples.

 La longue patience de Jésus nous enseigne comment nous devrions réagir envers ceux qui nous cherchent noise. Notre-Seigneur a bien compris que c’est lui qui est visé à travers le comportement de ses disciples :

Regarde ce qu’ils font le jour du sabbat ! Cela n’est pas permis ; un rabbi n’est pas supposé ignorer les prescriptions de la loi, ni les coutumes de nos Pères. Pourquoi n’interviens-tu pas ?

Loin de les rabrouer, de les ridiculiser pour leur argumentation spécieuse, Jésus prend tout au contraire la peine d’engager la conversation afin de leur ouvrir les yeux.

En supposant que mes disciples aient vraiment fait la moisson de ce champs que nous venons de traverser ; ils l’auraient fait pour refaire leurs forces déficientes. Or, si David a pu transgresser une loi cultuelle bien plus importante sans encourir de sanction, et pour le seul motif qu'”il avait faim”, c’est que la sauvegarde de la vie prime sur le respect d’une prescription rituelle. Ils ne sont donc pas coupables.

 Après cette argumentation introductive de type rabbinique, Jésus tente d’élever ses interlocuteurs d’une conception formelle de l’obéissance, à son sens spirituel, qui ne peut être qu’une réponse filiale d’amour au Dieu de l’Alliance. Le sabbat – et davantage encore le dimanche – nous est précisément donné pour raviver notre mémoire et nous faire souvenir que nous sommes fils du Père, et dès lors frères et sœurs sous son regard.

« Le sabbat a été fait pour l’homme », pour l’humanisation de l’homme, afin qu’il ne tombe pas sous le joug de l’esclavage d’une efficacité qui ne connaît d’autre finalité que son propre accroissement indéfini.

« …et non pas l’homme pour le sabbat » : si notre observance dominicale n’est que formelle, elle ne rend pas gloire à Dieu, mais fait de nous les esclaves d’une religiosité aliénante, qui est la caricature de la foi évangélique.

« Le Fils de l’homme est maître du sabbat » : Jésus seul, en tant que Fils unique, peut nous enseigner la vraie finalité du sabbat. Puissions-nous nous laisser instruire par l’Esprit Saint à l’école de l’Evangile, afin d’entrer toujours plus dans la liberté des enfants de Dieu, puisqu’il a plu au Père de faire de nous ses fils.

Abbé Philippe LINK

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