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Homélie du 15 janvier 2019




LIRE LES LECTURES DU JOUR

L’évangile de ce jour nous rapporte chez saint Marc la première œuvre de puissance de Jésus : la libération d’un possédé dans la synagogue de Capharnaüm.

L’évangéliste, alors que Jésus vient d’entrer dans la synagogue, nous précise que l’on était frappé par son enseignement parce qu’il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes. La comparaison est éloquente et nous permet de mieux cerner ce que signifie pour Marc l’expression « en homme qui a autorité ».

A d’autres endroits dans les évangiles, Jésus affirme que les scribes – qu’il associe avec les pharisiens – disent mais ne font pas et qu’il faut faire ce qu’ils disent et non pas ce qu’ils font. Nous comprenons alors que pour saint Marc, « enseigner en homme qui a autorité » c’est manifester dans ce que l’on dit ce que l’on vit au plus profond de soi et le laisser jaillir dans les actes que l’on pose. Nous reconnaissons ici les caractères de toute parole mais particulièrement de la Parole divine qui dit ce qu’elle fait et fait ce qu’elle dit. L’enseignement de Jésus n’est donc pas un simple discours mais une parole, la Parole. Jésus, en effet, ne fait qu’un avec sa parole parce qu’il est lui-même la Parole. Il ne se cache pas derrière des mots. C’est son être tout entier qu’il livre dans sa parole. Voilà pourquoi son enseignement sonne vrai. Dans le parallèle de ce passage dans l’évangile de saint Luc, nous lisons d’ailleurs que Jésus enseignait avec autorité et que l’on « était frappé par son enseignement parce que sa parole était pleine d’autorité ».

Qui dit Parole, dit quelqu’un qui parle à quelqu’un d’autre. Toute parole instaure une relation. L’enseignement de Jésus permet donc d’entrer en relation avec lui. Il invite à la rencontre. Et en tant qu’il est parole d’autorité, il fait grandir celui qui le reçoit (Autorité vient de augere en latin qui signifie « faire grandir »).

Mais cela implique une dernière opération de cette parole : lever les obstacles qui s’emploient à paralyser notre croissance, nous libérer de tout ce qui nous tire vers le bas et nous empêche de nous élever dans un accueil toujours plus grand de la grâce divine au cœur de nos vies.

Il n’est pas anodin qu’au moment où Jésus commence son ministère public, le démon entre d’emblée en scène. Lorsque la lumière de la vérité se rend présente, les ténèbres tentent un ultime sursaut de résistance. Nous pouvons d’ailleurs lire au travers des propos de l’esprit mauvais les premiers obstacles à la rencontre de foi avec le Seigneur, obstacles auxquels nous avons sans doute déjà été confrontés dans notre combat spirituel de tous les jours.

Le démon voit Jésus et crie :

Que nous veux-tu Jésus de Nazareth ?

Jésus ne saurait entrer en ligne de compte dans ma vie. Reléguer Jésus à part. D’un côté, ma vie religieuse que j’appelle ma vie de foi, de l’autre, une autre vie où je ne laisse pas entrer le Seigneur, autrement dit une division dans ma vie, trace par excellence du Diviseur.

Et le démon de continuer :

Je sais fort bien qui tu es : le Saint, le Saint de Dieu.

Cette affirmation peut nous paraître incroyable. Le démon a reconnu la divinité de Jésus mais croit-il pour autant en lui ? Non, il sait. Je sais qui est Dieu, je sais ce qu’est la foi, je sais en quoi consiste le fait d’être chrétien. Je sais… mais je ne crois pas. La foi n’est pas un savoir sur Dieu. Elle est d’abord et avant tout une rencontre avec lui, le « viens et vois » que Jésus nous adresse, qui nous transforme et qui nous sauve.

Peut-être qu’au fond de notre cœur il y a un peu de ces résistances. Oh, peut-être pas d’une façon aussi radicale que ce je viens de décrire mais un peu. Alors laissons résonner au fond de nous ces paroles de Jésus dans la foi qu’elles accomplissent ce qu’elles disent :

Silence ! Sors de cet homme.

Que le Seigneur fasse taire dans nos cœurs toute prétention, aussi petite soit-elle à nous passer de lui, que ce soit en l’empêchant d’habiter certaines parties de notre existence ou en nous cachant derrière notre savoir sur lui pour ne pas risquer une rencontre qui pourrait chambouler toute une vie déjà bien en place derrière ses fausses sécurités.

Oui Seigneur, que ta Parole nous libère et manifeste ainsi en nous toute son autorité !

Abbé Philippe LINK

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