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Homélie du 12 janvier 2019



LIRE LES LECTURES DU JOUR

 

L’incise de l’auteur du quatrième évangile, précisant que Jésus ne baptisait pas dans le Jourdain, est très importante, car c’est pour dispenser un tout autre baptême que le Seigneur est venu. Au moment de désigner Jésus comme le Messie, Jean lui-même avait précisé : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. C’est en vue de sa manifestation à Israël que je suis venu baptiser dans l’eau (…). Mais lui baptise dans l’Esprit Saint » (Jn 1, 29-34). L’humilité du Précurseur, qui s’efface devant celui qu’il a reçu pour mission de révéler à Israël, se trouve confirmée dans la péricope de ce jour. Jean avait désigné on ne peut plus clairement Jésus comme celui qui accomplit la purification du péché, préfiguré dans le baptême de conversion ; mais ses disciples ne l’entendaient pas ainsi et considéraient ce rabbi de Nazareth comme un rival de leur Maître. Leur intervention trahit à la fois de l’étonnement, de la déception, et de la jalousie : « “Celui qui était avec toi”, qui reconnaissait ton ministère puisqu’il t’a demandé le baptême ; celui que toi aussi tu tenais en haute estime puisque tu lui as rendu témoignage, “le voilà qui baptise” lui aussi ! Quelle ingratitude : au lieu de se joindre au groupe de tes disciples, le voilà qui te fait concurrence, “et tous vont à lui !” ».

 

Le piège du Diviseur – le dia-bolos – est subtil : sous prétexte d’une injustice dont leur Maître serait la victime, le discours des disciples de Jean se fait accusateur. L’ennemi tente ainsi de récupérer à ses fins destructrices, la relation féconde entre Jésus et son Précurseur. Mais Jean ne se laisse pas enfermer dans le mensonge. Il n’est guère possible d’opposer ces deux serviteurs du Très-Haut, puisqu’ils regardent ensemble vers un Troisième, guettant sa volonté : « Un homme ne peut rien s’attribuer sauf ce qu’il a reçu du ciel ». Il n’y a ni bonheur ni joie véritable en dehors de la communion à la volonté divine, Jean le sait bien. Il faut déjà un haut degré de sainteté pour correspondre à ce que le Seigneur attend de nous, et demeurer ainsi en vérité avec nous-même. Hélas, que d’énergie ne dispersons-nous pas en pure perte, à tendre vers ce qui ne nous correspond pas, et qui demeure dès lors hors de notre portée puisque cela ne nous a pas été confié ! Or « tout ce qui nous oppose à Dieu », c’est-à-dire tout ce qui ne nous unit pas à lui dans une commune volonté – même sous l’apparence du bien – « est péché » (1ère lecture), car l’affirmation de notre volonté propre, individuelle, autonome, est toujours une revendication mensongère, qui est nécessairement contraire au dynamisme de la grâce : « Prenez garde de ne pas vous mettre au service du mensonge » (Ibid.).

 

Jean connaît pleinement le ministère de Jésus et accepte joyeusement que le sien lui soit subordonné : « “Je ne suis pas le Messie”, je suis celui qui a été envoyé devant lui. Mon ministère, en tant qu’ami de l’Epoux, est de conduire jusqu’à lui ceux qui le cherchent. “C’est ma joie et j’en suis comblé. Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi que je diminue” ».

 

Seigneur, toi qui “donne aux humbles l’éclat de la victoire” (Ps 149), protège nous du Mauvais (1ère lecture). Empêche-le de semer en nos cœurs le poison de l’ambition, de l’envie, de la jalousie, de la vaine gloire. Donne-nous l’intelligence pour nous faire connaître qui nous sommes et quelle part tu nous confies dans la construction du Royaume, afin que nous connaissions nous aussi la joie que tu réserves à tes fidèles serviteurs.

Abbé Philippe LINK

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