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Accompagnement spirituel : une pratique en évolution

La manière dont l’Église a envisagé l’accompagnement spirituel a évolué au fil des siècles.

On trouve la première attestation de cette pratique dans la vie des pères du désert au IIIe siècle. « Père, dis-moi une parole afin que je sois sauvé. » Telle était la demande du disciple à son maître.

D’une « affaire » de spécialistes à la vie spirituelle pour tous 

En Occident, pendant des siècles, l’accompagnement spirituel n’a été pratiqué que dans les monastères, car la vie monastique était considérée comme l’unique chemin pour vivre pleinement uni à Dieu. En 1608, François de Sales écrit l’Introduction à la vie dévote (on dirait aujourd’hui à la vie spirituelle). Cet ouvrage connaît un immense succès : il affirme avec force que tout baptisé, quelle que soit sa forme de vie, peut vivre une authentique vie chrétienne.

« Dieu commanda en la création aux plantes de porter leurs fruits, chacune selon son genre : ainsi commande-t-il aux chrétiens, qui sont les plantes vivantes de son Église, qu’ils produisent des fruits de dévotion, chacun selon sa qualité et vocation. La dévotion doit être différemment exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée… C’est une erreur et une hérésie de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du ménage des gens mariés… Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie parfaite. » (Introduction à la vie dévote)

De la direction à l’accompagnement spirituel

L’histoire montre que les modalités de l’accompagnement spirituel ont été très liées à la conception que l’Église avait d’elle-même. Lorsque « la multitude n’a d’autre droit que de se laisser conduire et, troupeau docile, de suivre ses pasteurs » (Pie X, Vehementer nos, 1906), le directeur (évidemment un prêtre), est l’intermédiaire entre Dieu et la personne accompagnée. Il est celui qui sait pour l’autre (que cet autre soit laïc ou non). Son rôle n’est qu’un rôle de direction et de transmission. En soulignant que chaque baptisé, en vertu de sa consécration au Christ et de l’onction de l’Esprit Saint, reçoit les moyens qui permettent à l’Esprit de produire en lui des fruits toujours plus abondants (cf. LG 34), le Concile Vatican II induit un autre schéma, un schéma non plus linéaire mais triangulaire.

Le théologien Christian Salenson le décrit ainsi : « On n’accompagne pas une personne, on accompagne une relation, une relation d’alliance engagée depuis toujours, dès le sein maternel, entre la personne et Dieu. Cette relation d’alliance prime toute autre considération. L’accompagnement est au service de cette relation comme devant un grand mystère. » Le rôle de l’accompagnateur peut aujourd’hui se résumer ainsi : aider la personne à trouver son chemin elle-même en discernant la présence et l’action de Dieu dans sa vie la plus concrète. Il n’y a pas de plus belle mission !

 

Françoise Dréno

 

 

 

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