samedi 20 juillet 2019
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AccueilÀ la uneL’Alsace-Lorraine, une histoire qui ne manque pas de Celtes !

L’Alsace-Lorraine, une histoire qui ne manque pas de Celtes !

Les Gaulois sont un peuple de cavaliers ; l’une de leur principale déesse est Epona, protectrice des chevaux. Ils excellaient aussi dans la fabrication de chars de combat.

« Par Toutatis ! Par Bélénos ! » Ces exclamations ont marqué durablement les lecteurs des aventures d’Astérix créées par Uderzo et Goscinny. Pour les lecteurs de la bande dessinée Alix imaginée par Jacques Martin, ce sont plutôt les bruits des glaives s’entrechoquant ou les ombres propices aux complots qui marquent les esprits. En Alsace et en Lorraine, les Gaulois semblent plutôt discrets. Et pourtant…

 

Le terme Celte désigne les peuples européens établis de l’Atlantique au Delta du Danube, de la péninsule ibérique aux îles Britanniques, dans une tranche chronologique s’étendant de

800 à 50 av. J.-C., soit le premier et le second âge du Fer. C’est une civilisation qui a connu de nombreuses évolutions. Depuis Jules César, on nomme Gaulois, les habitants de la France actuelle, de la Belgique, du Luxembourg, d’une partie de l’Allemagne, des Pays-Bas et de la Suisse.

 

Saverne suivie de Metz comme capitale des Médiomatriques, une peuplade gauloise

L’Alsace et la Lorraine ont fait partie de la Gaule, conquise par les Romains. Ces deux régions ont été occupées par plusieurs cités ou peuplades gauloises, principalement les Médiomatriques, les Leuques, les Triboques et les Rauraques.

 

Concentrons-nous sur les Médiomatriques. Leur cité s’étendait à l’origine de l’Argonne, à l’Ouest, à la vallée du Rhin et une partie du Pays de Bade, à l’Est, d’une partie de la Sarre, au Nord, à la forêt de Haye et le pays des Étangs, au Sud. À Saverne, il subsiste actuellement des vestiges de l’oppidum[i] du « Fossé des Pandours ». L’oppidum semble avoir été la capitale de la cité des Médiomatriques. Son emplacement est stratégique car il contrôle le passage du Col de Saverne qui permet de traverser les Vosges d’Est en Ouest. De plus, sa superficie de 170 hectares est considérable.

 

Quant à l’oppidum de Metz, Divodurum Mediomatricorum, il mesurait 30 hectares et était protégé par un rempart, précédé d’un fossé. Il est daté des environs de 110 av. J.-C. En l’an 27 de notre ère, Metz, qui s’est développée au pied de la colline des Hauts de Sainte-Croix, devient l’une des 60 capitales gauloises. Elle se trouve sur les voies Toul-Dieulouard-Trèves et Reims-Verdun-Saverne-Strasbourg. Au cours du Ier siècle av. J.-C., l’oppidum de Metz a succédé à celui de Saverne comme capitale de la cité médiomatrique.

 

Les Triboques supplantent les Médiomatriques

Les Médiomatriques perdent une partie du Bas-Rhin et du Pays de Bade au profit des Triboques, une peuplade germanique. C’est probablement à la suite de la défaite du roi germanique Arioviste face à César, en 58 av. J.-C., que ce dernier permet aux Triboques de s’installer dans cette même partie du Bas-Rhin et du Pays de Bade de l’ancienne cité médiomatrique, à charge pour les Triboques de faire face à d’éventuelles incursions barbares.

 

Le murus celticus reconstitué au Donnersberg (Palatinat) est un rempart à poteaux verticaux. Le parement avant du rempart, dominant un fossé, est équipé d’un chemin de ronde. À l’arrière, un talus massif fait office de rampe d’accès.

Désormais, les Vosges marquent la frontière entre la Gaule Belgique (dont fait à présent partie la cité des Médiomatriques, tout comme les cités voisines des Trévires, au Nord, et des Leuques, au Sud) et les districts militaires, les futures provinces de Germanie.

 

Nombreuses fortifications en Alsace Lorraine

Les oppida ou agglomérations fortifiées avaient plusieurs fonctions : politique, religieuse et économique comme l’artisanat et le commerce. En dehors de Saverne et Metz, on compte aussi les oppida médiomatriques suivantes : Saint-Mihiel et Verdun, sur la Meuse, Cocheren-Hérapel, dans la vallée de la Sarre. Chez leurs voisins les Leuques, on peut citer Essey-lès-Nancy ou Boviolles et, chez les Trévires, le Titelberg (Grand-Duché du Luxembourg) et le Donnersberg (Rhénanie-Palatinat).

 

Sur les sommets vosgiens, on trouve de nombreux habitats fortifiés aux dimensions plus modestes : Maimont/Niedersteinbach, Purpurkopf/Rosheim, Kastelberg/Koestlach, Ring/Haspelschiedt, Chastel/Taintrux, Bure/Saint-Dié, etc. Parmi les habitats fortifiés, l’oppidum du Britzgyberg-Illfurth est considéré comme un site princier, tout comme l’enceinte du Hexenberg-Leutenheim. Les dizaines de tumuli, ces tertres de terre et de pierre abritant des sépultures, sont une autre trace encore bien visible des Celtes.

 

Une société structurée et ouverte sur le monde

L’habitat consistait aussi en des villages fermés ou ouverts, des hameaux et des fermes plus ou moins isolées. À cette époque, les paysans représentaient 90 % de la population gauloise et l’économie était surtout agro-pastorale. C’est là que les Romains ont découvert la charrue, la moissonneuse et la technique de fertilisation des sols. Ils ont apprécié aussi la charcuterie gauloise et certains vêtements qu’ils ont importés en Italie.

 

Les relations commerciales entre Rome et la Gaule existaient préalablement à la conquête. Le réseau de voies était bien développé. Il facilitait le transport des marchandises à la fois indigènes et étrangères. Lors de la guerre des Gaules, ce réseau routier de qualité a permis aux troupes romaines de se déplacer facilement, à raison de 40 à 70 km par jour.

 

Les voies fluviales étaient également très importantes en Gaule indépendante pour le transport des marchandises. Les artisans gaulois excellaient dans la construction de bateaux. Les impératifs du commerce et de la guerre les ont conduits à se perfectionner dans l’art de  l’armurerie, du charpentage, du charronnage, de la menuiserie ou encore de la métallurgie dans lesquels ils sont passés maîtres. Les charrons gaulois étaient particulièrement habiles pour construire des chars, des chariots et des charrettes.

 

Pour conclure, les Celtes vivaient dans une société structurée. Leur culture était développée et ouverte sur le monde. Nos ancêtres étaient donc bien éloignés de l’image du semi-sauvage vivant dans des huttes de branchages qui fut longtemps véhiculée par l’école.

Nicolas Mengus

 

[i] Un oppidum est une agglomération fortifiée d’origine celtique.

Source : Almanach Sainte-Odile 2019

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dernier commentaire

  • L’Alsace, la « Médiomatrici et les Celtes.
    On a beaucoup cherché dans quelle région de la Terre se trouvait le pays fortuné appelé les Champs Elysées.
    Nous avons à ce sujet un document qui nous donne une certitude : ce sont les cartes de géographie qui nous montrent la Gaule du temps de César.
    A l’endroit indiqué par les auteurs que nous venons de citer, c’est-à-dire à l’est de la Gaule-Belgique, nous trouvons une région appelée encore, du temps de César, MEDIOMATRICI. C’est évidemment là qu’était le centre du monde spirituel quand la religion des grandes Déesses celtiques régnait sur la Terre tout entière.
    Cette région forme aujourd’hui trois départements : la Moselle, la Meuse, le Bas-Rhin.
    La ville centrale de cette région était appelée Divodurum, nom qui signifie tente des Déesses, ou forteresse des Déesses. Cette ville est devenue Metz.
    Nous ne savons, de ce centre de la vie spirituelle d’une époque qui fut grande et belle, que ce que la mythologie nous a conservé.
    Cependant, dans les Antiquités Celtiques de Dottin, nous trouvons un nom : Nantosuela. Il dit ceci (p. 321) :
    « Sur un des autels de Sarrebourg (Médiomatrice), étudié par Salomon Reinach (Revue Celtique, T. XVIII, pp. 253 à 266, avec figure), est figuré un personnage debout, vêtu d’une tunique, tenant de la main gauche un maillet à longue hampe et de la main droite un vase. A sa droite est une femme de même grandeur, complètement drapée, tenant de la main gauche levée une longue hampe surmontée d’une espèce d’édicule et abaissant la main droite, qui tient une patère, vers un autel. Une inscription placée au-dessus du bas-relief nous apprend que l’homme s’appelle Sucellos et sa parèdre Nantosuela ».
    Dans le vocabulaire de géographie comparée, publié à la suite des Commentaires de César, nous lisons :
    Mediomatrici, peuple de la Belgique, au sud des Trévires, aujourd’hui partie de la Lorraine et de l’Alsace. Départements de la Moselle, de la Meuse et du Bas-Rhin.
    Mosa, fleuve qui traversait la Belgique (Meuse). Si Mosa signifie Muse, Moselle n’est-elle pas le nom d’une petite Muse ?
    Et nous voilà bien près de Da-moiselle, qui fut un titre de noblesse.
    Comme la femme est plus petite que l’homme, on se moque de sa petitesse et on l’appelle Maus (souris), au lieu de l’appeler Muse.
    Sequana, fleuve servant de limite entre la Belgique et la Celtique ; aujourd’hui la Seine.
    Arduenna Silva, forêt de la Belgique s’étendant du pays des Nerviens aux bords du Rhin. Aujourd’hui forêt des Ardennes.
    Matrona, affluent de la Seine servant de limite entre la Celtique et la Belgique. Aujourd’hui la Marne.
    Lutetia, Île de Notre-Dame. Ajoutons que Liège s’appelait Lüttich et que c’est de ce nom qu’on a fait Lutèce.
    Pæmani, peuple de la Belgique, client de Trévires ; aujourd’hui province de Namur ; pays de Famenne (Fée, qui en latin a fait Fæmina).
    Suite : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/celtes-et-latins.html
    Cordialement.

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